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Anita O'Day, légende du jazz, s'éteint en laissant un héritage musical intemporel

Anita O'Day, chanteuse de jazz américaine au style unique, a révolutionné l'image de la "chanteuse" traditionnelle grâce à son audace et son indépendance musicale. Refusant les conventions, elle s'affichait en véritable musicienne de jazz, préférant veste et jupe de groupe aux robes de soirée. Admirée pour son sens du rythme et de la dynamique, elle laisse derrière elle un héritage qui continue d'inspirer le monde du jazz.

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Mis à jour le 14 nov. 2024

Née à Kansas City et élevée à Chicago, Anita O'Day a quitté un foyer difficile à 14 ans pour rejoindre des marathons de danse. Après des débuts comme choriste dans des clubs de Chicago, elle devient chanteuse et serveuse dans divers établissements. Son mariage avec le batteur Don Carter en 1937 l'initie à la théorie musicale. En 1938, elle obtient sa première grande opportunité grâce au club Off-Beat de Carl Cons, où elle rencontre des musiciens influents. En 1939, elle rejoint le Max Miller Quartet au club Three Deuces, lançant ainsi sa carrière dans le jazz.

Anita O'Day, l'ascension d'une étoile du jazz aux côtés de Krupa et Kenton

En 1941, Anita O'Day se fait remarquer dans le groupe de Gene Krupa avec le succès de "Let Me Off Uptown", un duo marquant avec Roy Eldridge. Ce morceau lance sa carrière et lui vaut le titre de "Nouvelle star de l’année" par DownBeat. Après la dissolution du groupe de Krupa en 1943, elle collabore brièvement avec Woody Herman, puis intègre le groupe de Stan Kenton en 1944, enregistrant le hit "And Her Tears Flowed Like Wine". En 1945, elle retourne brièvement chez Krupa avant de poursuivre une carrière solo florissante à partir de 1946.

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En sa mémoire

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Entre jazz et turbulences

À la fin des années 1940, Anita O'Day poursuit un succès populaire sans renoncer à son authenticité jazz, enregistrant des titres comme "How High the Moon" et "Malaguena" pour de petits labels. Malgré une arrestation pour possession de marijuana en 1947, elle reprend son essor en se produisant avec Woody Herman, Stan Kenton, et Count Basie. Dans les années 1950, sa collaboration avec Norgran et Verve scelle sa renommée avec 17 albums emblématiques. Bien que marquée par des épreuves, dont des démêlés avec la justice et la dépendance, sa voix reste l'une des plus singulières du jazz.

Que lui est-il arrivé ?

En novembre 2006, alors qu’elle récupérait d’une pneumonie, Anita O'Day fut hospitalisée dans un centre de convalescence à West Hollywood par son manager Robbie Cavolina. Deux jours avant son décès, elle avait insisté pour quitter l’hôpital. Le 23 novembre 2006, à 87 ans, Anita O'Day s'éteint paisiblement dans son sommeil, officiellement des suites d'un arrêt cardiaque.

Des sommets du jazz aux combats personnels et au retour triomphal

Anita O'Day conquiert les scènes live aux côtés de légendes comme Louis Armstrong et Oscar Peterson. Sa prestation marquante au Festival de jazz de Newport en 1958, capturée dans Jazz on a Summer’s Day, renforce sa renommée. Après une tournée en Europe avec Benny Goodman en 1959, O'Day continue de briller malgré les rivalités. Elle traverse des épreuves difficiles, y compris une overdose en 1968, mais revient triomphalement en 1970 au Festival de jazz de Berlin. Elle enregistre ensuite plusieurs albums au Japon, réaffirmant sa place unique dans le jazz.

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L’influence de Martha Raye et l’évolution du style unique d'Anita O'Day

Anita O'Day a cité Martha Raye comme sa principale influence vocale, en plus d’admirer Mildred Bailey, Ella Fitzgerald et Billie Holiday. Elle expliquait que l’excision accidentelle de sa luette lors d'une amygdalectomie dans son enfance avait modifié sa voix, la rendant incapable de vibrato et de maintenir de longues phrases. Cette opération défectueuse l’a poussée à développer un style vocal percussif, fondé sur des notes courtes et une pulsion rythmique. Toutefois, lorsqu’elle avait une bonne voix, elle pouvait aussi produire de longs crescendos puissants et un vibrato distinct, comme en témoigne sa prestation de « Sweet Georgia Brown » au Festival de jazz de Newport en 1958.

Jazz-on-a-Summers-Day-1, Public domain, via Wikimedia Commons

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Dernières années d’une icône du jazz inébranlable

En 1980, Anita O'Day brille aux côtés de Clark Terry et Lionel Hampton lors de l'inauguration du Blue Note Lounge à Chicago. Elle évoque sans détour sa lutte contre la toxicomanie dans ses mémoires High Times, Hard Times (1981), suivie d'apparitions médiatiques marquantes. Après un accident en 1996, elle revient sur scène en 1999 et enregistre Indestructible! en 2006, son dernier album studio. O'Day continue de marquer les esprits, notamment avec sa reprise de « Is You Is or Is You Ain’t My Baby » pour le film Shortbus, symbole d'une carrière résiliente et inaltérable.

Retrouvez tous les décès célèbres dans notre rubrique dédiée.