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Tomblaine et la communauté du parachutisme unies dans un hommage bouleversant aux 11 victimes du crash près de Nancy
Tomblaine et la communauté du parachutisme unies dans un hommage bouleversant aux 11 victimes du crash près de Nancy
Quelques jours après le crash aérien survenu le 28 juin près de Nancy, deux cérémonies empreintes d’émotion ont réuni habitants, élus et professionnels du parachutisme. À Tomblaine comme à l’aéropôle du Grand Nancy, le recueillement collectif a tenté de répondre à l’impensable : la disparition brutale de onze vies.
Mis à jour aujourd'hui
Ce jeudi 2 juillet, une habitante de la commune est arrivée avec une heure en avance sur la place Goethe, devant la mairie. Comme elle, plusieurs centaines d’habitants ont répondu à l’appel de la municipalité pour rendre hommage aux victimes. « C’était important pour moi d’être ici. Je n’ai jamais connu une telle tristesse à Tomblaine », glisse-t-elle.
Dans la foule, les conversations reviennent inlassablement sur ce « dimanche noir ». Chacun raconte où il était, comment il a appris la nouvelle. Une manière, peut-être, de donner du sens à l’inacceptable. Même les commerces marquent une pause : le tabac-presse de Marigny a fermé pendant une heure pour permettre à ses employés de se joindre au recueillement.
Une minute de silence chargée en émotion
À 11 heures précises, la ville s’est figée. Les écoles, invitées par le maire, ont observé un temps d’hommage. La cérémonie, sobre et maîtrisée, a duré une trentaine de minutes.
Sur le perron de la mairie, la musique ouvre ce moment suspendu. La Pavane de Gabriel Fauré résonne, suivie d’une interprétation de MLK du groupe U2 par le chœur universitaire de Nancy, vêtu de noir. « Sleep, sleep tonight, and may your dreams be realized… » Les mots flottent dans l’air chaud, chargés d’émotion.
Dans la foule, un malaise survient, rapidement pris en charge par la sécurité civile. Le silence, lui, reste intact.
Les familles des victimes n’ont pas souhaité venir, mais elles nous remercient. Nous nous sentons impuissants, mais qu’elles sachent que nous partageons leur peine.
Hervé Féron, Maire de Tomblaine
À ses côtés, la présidente du conseil départemental Chaynesse Khirouni et le maire de Nancy Mathieu Klein. Le préfet Yves Séguy conclut par une citation de Saint-Exupéry : « Il n’est qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines. »
Une gerbe est déposée. Un cèdre bleu sera planté à l’automne, accompagné d’une plaque commémorative, là où les onze vies se sont brutalement interrompues.
« C’était sobre et émouvant »
Dans la file du cahier de condoléances, Jérémy attend son tour. Il est venu de Nancy, a posé une journée pour être présent. Deux ans plus tôt, il avait effectué un saut en parachute avec l’une des victimes. « Je me sentais concerné », explique-t-il simplement.
Comme beaucoup, il retient la dignité de la cérémonie. « C’était sobre et émouvant. »
À l’aéropôle, l’hommage des parachutistes
Des proches des victimes ont déposé des fleurs au pied d’une immense bâche représentant le visage des cinq moniteurs et du pilote décédés. Photo L'Est Républicain / Fred Marvaux
À quelques kilomètres de là, à l’aéropôle du Grand Nancy Tomblaine, une autre cérémonie s’est tenue le même jour. Plus intime, mais tout aussi bouleversante. Elle réunissait une centaine de membres de la communauté du parachutisme : pilotes, moniteurs, exploitants.
Dans le hangar de Tandemotion, les proches des victimes tiennent leurs portraits dans les mains. Immobiles, pendant de longues minutes. Puis, lentement, ils avancent en procession vers l’extérieur, baignés par une lumière éclatante.
Sur le tarmac, deux Cessna Caravan font face au groupe. Les portraits sont déposés au pied d’une immense bâche où apparaissent les visages des six professionnels disparus : Pierre Graber, Laszlo Sandrin, Anthony Planchon, Filip Kovacevic, Davy Tellier et Albéric Moulès.
« Des amis hors du commun »
La présidente de la Fédération des exploitants professionnels du parachutisme rend hommage à « des professionnels d’une exigence remarquable », mais aussi à « des pères, des frères, des amis hors du commun ».
Tiffany Blomme prend ensuite la parole. La voix tremble, mais tient. Elle évoque chacun.
« Dimanche 28 juin, le temps s’est arrêté », dit-elle. Depuis, « un silence lourd » s’est installé. Une minute de silence suit. Des sanglots s’élèvent, des mains se serrent.
Le maire de Tomblaine évoque un « traumatisme collectif » et promet que « personne n’oubliera ». Une stèle sera érigée près du lieu du crash, et un cèdre de l’Atlas planté en novembre, symbole d’immortalité
Entre recueillement et mémoire
Entre la place Goethe et le tarmac de l’aéropôle, deux hommages, deux ambiances, mais une même sidération. Celle d’un territoire et d’une communauté frappés en plein cœur.
À Tomblaine, comme dans le ciel qu’ils aimaient tant, les victimes laissent une empreinte durable. Et déjà, les gestes de mémoire s’organisent pour que leurs noms ne disparaissent pas avec le silence.
Nous rendons hommage aux onze victimes de ce drame : Pierre Graber, Laszlo Sandrin, Anthony Planchon, Filip Kovacevic, Davy Tellier, Albéric Moulès, Cynthia Vally, Youssef El Idrissi, Damien Giacovelli, la jeune étudiante infirmière et le lycéen âgé de 18 ans.
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