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Découvrez le cimetière écologique

La sauvegarde de la planète est au cœur de l’actualité au niveau international. Le monde du funéraire est lui aussi concerné.

Dans différents pays, certaines démarches sont engagées pour assurer le respect de l’environnement sur ces sites qui, en plus d’être lieux de recueillement et de souvenirs, sont aussi très liés à la nature.

Depuis 1990, l’Angleterre encourage les actions dans cette direction. Le pays compte plus de 270 cimetières verts. Ils sont constitués de forêts qui, petit à petit, viennent prendre la place des  emplacements traditionnels. Ces espaces naturels sont ouverts au public. Aux Etats Unis, le très connu Prairie Creeks de Floride privilégie cette approche. On en dénombre également beaucoup en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas et en Scandinavie. En Australie, à Sydney, un parc dédié aux enterrements naturels a été aménagé. Depuis 2010, le cimetière catholique de Kemps Creek permet à ceux qui le souhaitent d’être enterrés sans pierre, ni plaque dans le respect de la nature. Kemps Creek dispose d’un espace spécifique avec des concessions valables dix ans. Les défunts portent une tenue biodégradable. Aucun produit chimique n’est utilisé pour la préparation des corps. Les cercueils, en pin ou en osier, ne sont pas traités, une balise se trouve à l’intérieur. Un système de navigation avec un émetteur permet aux familles de situer leurs proches avec leur GPS ou à partir d’un plan placé à l’entrée du cimetière.

Sur le territoire national

La Ville de Niort a créé un cimetière dit "naturel" au sein du quartier de Souché, dans un cadre champêtre et arboré. Ouvert en février 2014, ce lieu de mémoire a été imaginé pour diminuer au maximum son empreinte écologique et relier le plus possible le visiteur à la nature.

Au cimetière de Souché, une charte d'utilisation conçue par la conservation municipale des cimetières a été établie. Le corps et les cendres sont rendus le plus naturellement à la terre. Déposé en pleine terre, dans un cercueil ou une urne en matériaux biodégradables, le défunt ne reçoit plus de soins de conservation, sauf rare exception. Une pierre en calcaire discrète permet son identification. Un espace pour la dispersion des cendres est mis à la disposition des familles au cœur d'une scénographie végétale. Ce lieu différent, conçu par les services municipaux, respecte le patrimoine végétal.

Un travail mécanique du sol très léger est privilégié pour en préserver les richesses. Les surfaces minérales sont réduites. Les bancs, clôtures, fontaines...sont en matériaux naturels. La gestion des lieux est raisonnée. La végétation spontanée est privilégiée. Les déchets verts sont valorisés sur place. Les produits phytosanitaires sont proscrits et les machines à essence  sont uniquement utilisées pour la tonte des allées piétonnes.  

A Paris, le Père-Lachaise est le plus grand et le plus végétalisé espace vert de toute la ville. Il s’étend sur 48 hectares. Il compte quelques 40 espèces d’arbres : érables, frênes, marronniers, platanes, hêtres, tilleuls, acacias, noyers...

 Un peu d’histoire 

Au XVIIe siècle, les Jésuites ont acquis un jardin de 17 hectares dans l’est parisien. Le père François d’Aix de La Chaise, dit « le Père Lachaise », confesseur de Louis XIV a largement contribué à son embellissement et à son agrandissement. Au début du XIXe siècle, de  nouveaux cimetières viennent pallier le manque de sépultures dans Paris intra-muros. En 1803, le Préfet de Paris demande à l’architecte Brongniart de transformer le domaine des Jésuites en cimetière. Ce dernier fait le choix de réserver à la nature une place privilégiée.

Publié le 28/10/2019