Publier un avis

Partager l'article

Droit à mourir : "Légal mais pas moral" selon le pape Léon XIV

Emilie Marin - Mis à jour le 01 oct. 2026

Alors que la France vient tout juste d'adopter une loi sur l'aide à mourir, le pape Léon XIV, n'a pas manqué, lors de sa visite de trois jours dans l'Hexagone, de se prononcer sur le sujet. « Ce qui est légal n'est pas forcément moral », a souligné le souverain pontife sans aucune ambiguïté. Rappelant également sa ferme opposition à l'IVG, inscrite dans la Constitution depuis 2024. 
La réforme française, entérinée en juillet dernier, a forcément déjà fait couler de l'encre et de la salive au sein de l'Église de France. « Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée » a insisté l'évêque de Rome qui prône cependant les soins palliatifs et la recherche pour « accompagner avec tendresse les malades (...) Aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité. » 

« L'euthanasie est un meurtre »

À Lourdes, s'adressant aux malades présents, il a reconnu que « en raison de pathologies particulières et de douleurs parfois terribles, l'horizon peut apparaître incertain, sans issue (...) mais la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée. » Un discours offensif et des propos qu'il avait déjà tenus la veille, à l'Élysée, devant le président Macron, à l'origine de cette réforme. 
L'Église catholique a, depuis toujours, défendu la mort naturelle soulignant que « l'euthanasie volontaire, quels qu’en soient les formes et les motifs, constitue un meurtre » car « la vie humaine est sacrée et dès son origine, elle requiert l'action créatrice de Dieu. »
À l'origine, les catholiques estimaient même que les souffrances qui précédaient la mort avaient une dimension rédemptrice. 
En son temps, le pape Jean-Paul II y voyait « l’un des symptômes les plus alarmants de la culture de la mort » et « une grave violation de la loi de Dieu. » 
Benoît XVI, lui, soulignait que refuser l'euthanasie « ne signifie pas vouloir prolonger la vie à tout prix ».
Quant au pape François, il avait lui rappelé, en 2020, que « l'Église s'oppose à l'acharnement thérapeutique, mais réaffirme comme enseignement définitif que l'euthanasie est un crime contre la vie humaine. » Il évoquait aussi la nécessité de ne pas abandonner les personnes en fin de vie, de développer les soins palliatifs et de prendre en compte la dignité des malades. 

Photo d'illustration Canva

Photo d'illustration Canva

La doctrine sur l’interdiction de donner la mort est donc toujours la même au sein de l'Église catholique  : « La vie humaine est un don de Dieu et l'être humain n'en est pas le maître. »
Elle aborde cependant désormais différemment la souffrance, l’autonomie du patient, les traitements et les soins palliatifs. Et refuser ou interrompre un traitement disproportionné n'est pas nécessairement considéré comme un suicide ou une euthanasie.

Dans les autres religions 

Toutes les traditions religieuses considèrent la vie comme étant un don de Dieu. Elles refusent donc généralement l’euthanasie et le suicide assisté. Il ne faudrait donc pas chercher à vaincre la mort. La mort faisant partie de la vie, il faut oser l'affronter. 
Le constat est pour ainsi dire le même dans l'ensemble des religions qui, avec le temps, reconnaissent cependant l’intérêt des soins palliatifs et les encouragent. 
L'aide active à mourir est refusée chez les orthodoxes selon qui il reste toujours un espoir. 
Idem chez les musulmans. Allah donne la vie, la mort et la vie après la mort. Personne ne devant mourir « sans la permission de Dieu ».  
Les juifs s'y opposent mais des débats importants s'instaurent. Une intervention pour hâter la mort nécessite un avis d’expert d'une autorité rabbinique locale.
Chez les protestants, elle dépend des églises. Les positions sont diverses et il n'existe pas de doctrine uniforme.
Enfin, chez les bouddhistes, l'aide à mourir n'est pas interdite mais elle doit faire l'objet d'une discussion préalable.