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Deuils compliqués : comment y faire face ?
Deuils compliqués : comment y faire face ?
Cela peut ressembler à une dépression mais ce n’est pas tout à fait le cas. Le deuil dit « compliqué » désigne une forme de deuil qui reste bloqué, que l’on vit de manière intense et durable. Et qui peut, in fine, altérer fortement la vie de tous les jours.
Vidéo. - Cyril Tarquinio, professeur en psychologie
Mis à jour le 16 juin 2026
De nombreuses personnes révèlent rêver ou faire des cauchemars concernant les personnes qu’elles viennent de perdre. Ces flashs intrusifs peuvent aussi se produire dans la journée. C’est une manière d’intégrer la perte mais aussi de maintenir un lien émotionnel avec le défunt.
Intégrer la mort consciemment
Rien d’anormal à cela selon Cyril Tarquinio, professeur en psychologie. « Les flashs, comme les cauchemars, réexposent les individus à la réalité. Une façon pour notre cerveau de nous dire qu’il est nécessaire de remettre cette information-là dans la tête, dans son vécu. »
Notre cerveau nous le réimposera ainsi de manière répétée pour nous conduire à l’intégrer consciemment. Car la perte d’un proche « relève de l’impensable ». Littéralement « incapacité à penser », décrypte le spécialiste. La situation de deuil pouvant nous confronter à des images du défunt encore vivant, mais aussi mort ou nous renvoyer aux modalités opératoires qui ont conduit à son décès.
Le temps du deuil
Quand le deuil prend une importance telle que les pensées en deviennent envahissantes, voire handicapantes au quotidien, la question peut se poser de voir un spécialiste. « Il est sans doute bien de faire une thérapie mais le deuil n’est pas une maladie, ni une pathologie. C’est une blessure, une étape dans la vie. Et comme pour toutes les blessures, notre corps et notre esprit ont des capacités d’autoréparation », ajuste Cyril Tarquinio.
Là encore, il s’agit de s’écouter soi, car en la matière, rien n’est obligatoire. La thérapie ne fera pas oublier la personne mais elle aidera à mettre des mots sur la souffrance, à traverser les émotions et éviter une souffrance qui pourrait s’installer durablement. Comme les cicatrices physiques, les cicatrices psychiques prennent du temps.
Il n'y a pas de thérapie qui peut raccourcir le temps.
Cyril Tarquinio, professeur en psychologie
Plusieurs raisons au blocage
Le professeur Tarquinio estime que la question du blocage autour d’un deuil peut dépendre de plusieurs choses. Tout d’abord par souci d’aller trop vite. « Le deuil a sa temporalité et la thérapie peut aider à baliser et à rester sur la voie de la réparation qui est propre à chacun. » Les modalités du décès peuvent elles aussi être la source du trauma. Il faut cibler et identifier ce qu’il faut traiter et comment. Tant du côté du thérapeute que du patient.
Crédit Canva
« La question n’est pas l’outil mais la main qui tient l’outil et comment l'utiliser de façon efficiente », détaille le psychologue.
Enfin, le deuil peut ouvrir d’autres portes en lien avec notre histoire, notre passé et même d’autres deuils. « Se fixer sur la perte récente qui nous a conduit à aller chez le thérapeute, peut être paradoxalement un cul-de-sac. Car le problème ne se situe pas dans le deuil qui vient de se produire mais dans d’autres pertes qui se situent bien plus loin dans l’histoire, que la réalité du présent obscurcit ou rend aveugle », explique Cyril Tarquinio.
Ces signes après la mort
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Après le décès d’un être cher, certains ont le sentiment de recevoir des signes. A ce jour, personne n’est en mesure de savoir ce qui se passe après la mort. Autant de convictions personnelles qui se respectent. « On a tous besoin d’espoir et nous sommes nombreux à attraper des signes post mortem », reconnait Cyril Tarquinio, qui confie ne pas avoir de position tranchée sur la question.« Au regard de l’état de la science, je suis incapable d’avoir une vraie position là-dessus. »
Sensation de présence, chanson qui revient au bon moment, coïncidences marquantes, objets associés au défunt, odeurs familières sont autant d’opportunités qui nous font penser à des signes du défunt.
Car le deuil rend l’attention et les émotions très sensibles. Comme un lien qui continue. Cela peut aussi passer par des convictions religieuses. « Est-ce que c’est bien ou mal ?, s’interroge le spécialiste. Je ne sais pas ! Mais le principal est que cela fasse sens dans la construction qui est la nôtre et si ça nous aide à vivre, pourquoi pas. Et si ça aide à mieux vivre, pourquoi pas. »