- Accueil
- Décès célèbres
- Politiques
-
Bernadette Chirac, ancienne première dame, s’éteint à 93 ans
Bernadette Chirac, ancienne première dame, s’éteint à 93 ans
Issue d’une famille militaire, l’épouse de Jacques Chirac a d’abord tracé son parcours dans l’ombre de l’homme politique. Devenue conseillère générale de Corrèze puis Première dame durant douze ans, Bernadette Chirac s’est progressivement imposée, jusqu’à incarner une figure centrale de la Chiraquie.
Mis à jour le 06 juin 2026
Bernadette Chirac est morte vendredi à l’âge de 93 ans, a annoncé ce samedi sa fille Claude Chirac. Son parcours est celui d’une jeune femme issue de l’aristocratie, façonnée dans les sphères du pouvoir républicain. Née en 1933 à Paris, Bernadette Thérèse Marie Chodron de Courcel grandit dans un milieu bourgeois, catholique et rigoureux, marqué par une éducation stricte et une scolarité chez les dominicaines. En 1956, à 23 ans, elle épouse Jacques Chirac, alors sous-lieutenant de cavalerie : l’image d’une jeune femme bien née au bras d’un officier, conforme aux codes de son époque.
L'histoire secrète de Bernadette Chirac : Plus qu’une Première Dame | Documentaire Société
Une union à rebours des conventions
En réalité, son mariage avec ce roturier sans fortune, rencontré sur les bancs de Sciences Po Paris, constitue une entorse aux attentes familiales. C’est le premier acte de l’émancipation d’une Bernadette guidée par ses sentiments, qui choisit de se consacrer aux ambitions politiques de son époux. Ses liens avec les cercles gaullistes (elle était notamment la nièce de l’aide de camp du général de Gaulle à Londres) s’avéreront déterminants pour l’ascension du futur président.
En sa mémoire
31 hommages
Pour rendre hommage à Madame Bernadette CHIRAC, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageSi elle avait contracté une union plus conforme aux codes de son milieu, elle n’aurait sans doute jamais exercé le rôle politique qui fut le sien.
Jean‑Luc Barré, historien dans L’Express en 2016.
2000 : Bernadette Chirac, une drôle de Première dame ! | Archive INA
L’émergence progressive d’une figure politique
Ce rôle s’impose toutefois tardivement. En 1971, si Bernadette Chirac est élue conseillère municipale à Sarran, en Corrèze, c’est d’abord pour consolider l’implantation locale de son mari, député depuis 1967. Mère de deux filles (Laurence, née en 1958, et Claude, née en 1962) et épouse souvent tenue à l’écart, trouve-t-elle dans les contraintes du mandat local une forme d’accomplissement ? Elle demeure, à ce jour, l’une des rares Premières dames à avoir exercé un mandat électif. Élue conseillère générale de Corrèze en 1979, elle conservera cette fonction pendant trente-six ans.
Lorsque le couple Chirac accède à l’Élysée en 1995, Bernadette Chirac endosse encore le rôle de maîtresse de maison. Déjà grand-mère d’un petit-fils, Martin Rey-Chirac, elle s’affirme davantage à partir de 2002 comme une véritable figure politique. Décrite comme une conseillère discrète du chef de l’État, elle devient un atout dans la campagne pour un second mandat et incarne une ligne conservatrice.
Robert Kocharyan, Jack Chirac, Bella Kocharyan et Bernadette Chirac dans Yerevan. Creative Commons Attribution - Partage 3.0. Limegirl
Une popularité construite au fil des années
Surnommée « la tortue » par Jacques Chirac, allait-elle finir par surpasser le lièvre en termes de notoriété ? Grâce à l’opération des Pièces Jaunes, en faveur des enfants et des personnes âgées hospitalisés, Bernadette Chirac gagne en popularité. À la tête de la Fondation Hôpitaux de Paris–Hôpitaux de France, elle parvient à atténuer cette image de « vieille France » longtemps caricaturée par Les Guignols de l’info sur Canal+.
Avec la publication de ses confidences en 2001, elle livre un autoportrait nuancé : celui d’une épouse blessée mais digne, d’une mère confrontée à la maladie de sa fille aînée Laurence, atteinte d’anorexie mentale et disparue en avril 2016. Ce succès éditorial contribue à adoucir son image, jusque-là jugée autoritaire, et lui vaut une forme de reconnaissance, y compris chez certains de ses critiques.
« Selon les jours, elle peut se montrer charmante ou glaciale », résumait l’ancienne ministre de la Culture Christine Albanel. À la fois généreuse et redoutable, prompte aux jugements tranchés, Bernadette Chirac s’était forgé la réputation d’alterner traits acerbes et compliments appuyés, au gré de ses humeurs et de ses interlocuteurs.
Mort de Bernadette Chirac à 93 ans : une vie dédiée aux Pièces Jaunes et aux enfants hospitalisés
L’alliée indéfectible de Jacques Chirac
On lui prêtait volontiers un caractère rancunier. Pourtant, elle avait pardonné à Nicolas Sarkozy son soutien à Édouard Balladur face à son mari lors de la présidentielle de 1995. Femme de convictions, elle lui apporta ensuite un appui sans réserve, comme elle avait toujours su demeurer une alliée fidèle de son « homme politique », malgré les épreuves de leur vie conjugale.
Proche du couple, Jean-Luc Barré affirmait : « Elle a toujours été le point d’ancrage de Jacques Chirac, qu’elle a conseillé et accompagné tout au long de sa vie. » Lorsque l’ancien président, affaibli par la maladie, se retire de la scène publique (avant qu’elle-même ne soit confrontée à des soucis de santé), Bernadette Chirac incarne, durant plusieurs années, à elle seule l’héritage de la Chiraquie. Une position qu’elle assume en femme libre, au terme de plus de soixante ans de mariage et d’un demi-siècle au cœur du pouvoir.
Décès de Bernadette Chirac : une vie consacrée aux autres
Un registre de condoléances ouvert au public
Emmanuel Macron a rendu hommage à une « grande dame de cœur » qui « a marqué notre histoire » ainsi que « le destin de millions de malades anonymes », saluant son engagement constant et personnel. Le chef de l’État et son épouse invitent par ailleurs le public à se recueillir dès 15 heures à la Maison Élysée, située en face du palais, où un registre de condoléances est mis à disposition.
« Elle m’a beaucoup aidée », a confié Brigitte Macron, exprimant son « immense respect » pour celle dont elle a pris la succession en 2019 à la tête de la Fondation des Hôpitaux de Paris–Hôpitaux de France. Elle rappelle le soutien précieux que Bernadette Chirac lui a apporté dès 2017, soulignant qu’elles sont restées en contact jusqu’à récemment. Elle met également en avant l’impact durable de son action, qui a permis, depuis plus de trente ans, d’améliorer le quotidien de nombreux enfants, adolescents hospitalisés et personnes âgées. « Nous poursuivrons son action auprès des plus vulnérables », assure-t-elle.
Pour permettre au public de lui rendre hommage, un registre de condoléances est accessible à partir de 15 heures à la Maison Élysée, comme l’a précisé la présidence de la République dans une publication sur X.
A lire aussi :
« Bulldozer contre Tortue » : quand les Chirac ironisaient sur leurs drôles de surnoms - Le Progrès
En direct : Disparition de Bernadette Chirac : un registre de condoléances mis à disposition à la Maison Élysée - L'Est Républicain
Mort de Bernadette Chirac : ses passages en Meurthe-et-Moselle - L'Est Républicain
Retour sur les visites de Bernadette Chirac en Franche-Comté - L'Est Républicain
Mort de Bernadette Chirac : quand l'ancienne première dame venait en Alsace - Dernières Nouvelles d'Alsace
Disparition de Bernadette Chirac : avec Paul Bocuse, Raymond Barre ou Hillary Clinton....ses visites dans la région - Le Progrès
En 2016, Bernadette Chirac faisait sa dernière visite à Dijon - Le Bien Public
Avec David Douillet ou Christian Karembeu : quand Bernadette Chirac visitait nos départements - Le Dauphiné Libéré