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Ancien ministre sous Chirac et actuel maire d'Issy-les-Moulineaux, André Santini est mort à l'âge de 85 ans
Ancien ministre sous Chirac et actuel maire d'Issy-les-Moulineaux, André Santini est mort à l'âge de 85 ans
Figure politique incontournable d'Issy-les-Moulineaux, André Santini dirigeait la ville depuis 1980 et venait d'être réélu lors des dernières élections municipales malgré son état de santé. Il est décédé ce lundi.
Mis à jour aujourd'hui
André Santini, maire d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) depuis 1980 et ancien membre du gouvernement, s'est éteint à l'âge de 85 ans. L'information, révélée par Le Parisien, a été confirmée ce lundi par l'un de ses adjoints. En mars dernier, ce pilier du centre-droit avait décroché pour la huitième fois les rênes de sa ville, au terme d'une campagne électorale menée depuis son lit d'hôpital.
Véritable inamovible de la scène politique locale pendant plus de quarante ans, l'ancien ministre incarnait une certaine droite décomplexée, sans complexe sur le cumul des mandats. Il était aussi connu pour son sens de la répartie acéré.
L'humour a été ma façon d'exister. Cela m'a probablement coûté des portefeuilles ministériels.
André Santini
André Santini, le maire bâtisseur au verbe acéré
Surnommé affectueusement « Dédé », André Santini était aussi célèbre pour son wit cinglant que pour ses cigares et sa carrure imposante. En 1989, les journalistes lui remettent un premier Prix de l'humour politique pour cette pique restée mémorable sur le garde des Sceaux Pierre Arpaillange :
En sa mémoire
6 hommages
Pour rendre hommage à Monsieur André SANTINI, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageSaint Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland.
Sa carrière nationale l'a conduit à occuper plusieurs postes ministériels : secrétaire d'État aux Rapatriés, ministre de la Communication dans le gouvernement de Jacques Chirac, puis secrétaire d'État à la Fonction publique sous François Fillon entre 2007 et 2009. Mais c'est avant tout à Issy-les-Moulineaux qu'il a forgé sa légende, en tenant les rênes de cette ville de 70 000 habitants pendant plus de quarante ans. Il fut également député des Hauts-de-Seine, vice-président de la Métropole du Grand Paris et président du Syndicat des eaux d'Île-de-France (Sedif).
Au fil de ses mandats, il a transformé cette commune du sud-ouest parisien en pôle économique attractif, parvenant à y implanter les sièges français de grandes multinationales telles que Coca-Cola ou Microsoft.
André SANTINI - Prix de la Persévérance, Prix Press Club, Humour et Politique 2022
Giscardien, centriste, sarkozyste : un itinéraire au gré des hommes
Né le 20 octobre 1940 à Paris, d'origine corse, André Santini était le fils d'un cafetier et d'une postière. Célibataire et sans enfant, il se forge un solide bagage académique : doctorat en droit et diplôme de Sciences Po Paris. Il fait ses premières armes en politique dès 1971 comme adjoint au maire de Courbevoie. D'abord proche des giscardiens, il est élu maire d'Issy en 1980, puis adhère au Parti social-démocrate (PSD), petite composante de l'UDF, qu'il préside de 1986 à 1995. Il occupe ensuite le poste de secrétaire général de Force démocrate avant de rejoindre, plus tard, l'UDI.
Député des Hauts-de-Seine à partir de 1988, il démissionne en 2001 après son élection au conseil général pour respecter les règles sur le cumul des mandats — avant de faire le chemin inverse dès 2002, et d'être réélu en 2007 puis 2012. Lorsqu'il apporte son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007, son parti lui demande de mettre son adhésion en suspens. « Je rallie un homme, mais pas un parti », rétorque-t-il sans se démonter.
Fin 2011, il récidive avec une nouvelle pique, cette fois contre Hervé Morin, président de son propre parti le Nouveau Centre, sur le point de se déclarer candidat à l'Élysée : « Il va sauter du pont de Normandie, mais je ne sais pas si le caoutchouc est fixé. » En tant que secrétaire d'État à la Fonction publique, il s'attire les foudres des syndicats en proposant de remplacer les grèves par le port de « brassards à la japonaise ». « Et pourquoi pas une plume dans le derrière ? », lui répond vertement François Chérèque (CFDT).
1996 : "Thé ou café", la première émission avec André Santini | Archive INA
Le "cyber-maire", juriste et homme de loi
À Issy, il aimait se présenter comme un « cyber-maire », pionnier de l'essor d'internet et des nouvelles technologies. En 2017, il renonce à se représenter à la députation ; c'est finalement Gabriel Attal (LREM) qui lui succède, au détriment de son propre candidat, avant que les deux hommes ne trouvent un terrain d'entente. Juriste spécialisé en droit de la presse et diplômé de l'École nationale des Langues orientales, Santini tirait également fierté de la loi Oudin-Santini, qui a permis aux syndicats et agences de l'eau de consacrer jusqu'à 1% de leur budget à des actions de solidarité internationale.
André Santini dans "La revue de presse" sur Paris Première
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