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Liamine Zéroual, ancien président de l’Algérie s’en est allé à 84 ans

Liamine Zéroual, ancien chef de l’État algérien de 1994 à 1999 et figure emblématique des moudjahidine de la guerre d’indépendance, est décédé le 28 mars 2026 à l’âge de 84 ans. Ses obsèques ont eu lieu ce 30 mars à Batna, accompagnés de trois jours de deuil national décrétés par le gouvernement. Héros de la nation et symbole de la réconciliation pendant la décennie noire, sa disparition suscite une vague d’hommages unanimes en Algérie et dans le monde arabe.

Algeria Press Service, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Algeria Press Service, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Mis à jour le 30 mars 2026

Général de l’Armée nationale populaire (ANP) et moudjahid de la première heure, Liamine Zéroual aura marqué l’histoire contemporaine de l’Algérie par son rôle clé dans la lutte pour l’indépendance, puis comme président de la République de 1994 à 1999. Née en 1941 à Batna, sa carrière militaire et politique l’a propulsé au sommet de l’État en pleine « décennie noire » terroriste, où il incarna une volonté de fermeté et de réconciliation nationale.

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Des obsèques nationales

Liamine Zéroual est décédé le 28 mars 2026 à Alger, à l’âge de 84 ans, des suites d’une longue maladie, selon un communiqué officiel de la présidence algérienne. Ses obsèques ont été célébrées le lendemain à Batna où il a souhaité être enterré au côtés de son père, en présence du président Abdelmadjid Tebboune, des plus hautes autorités militaires et politiques, ainsi que de milliers de citoyens et de dignitaires étrangers.

Le gouvernement a décrété immédiatement trois jours de deuil national, du 29 au 31 mars 2026, avec mise en berne des drapeaux sur les bâtiments publics et annulation des manifestations officielles. La cérémonie funéraire, empreinte de solennité, a réuni des figures historiques de la guerre d’indépendance et des représentants de la communauté moudjahidine, soulignant le statut de Zéroual comme héros national. 

En sa mémoire

2 hommages

Pour rendre hommage à Monsieur Liamine ZÉROUAL, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.

Rendre hommage

Du moudjahid à général de l’ANP

Né le 27 septembre 1941 à Batna, Liamine Zéroual rejoint dès 1957 les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) à seulement 16 ans pendant la guerre d’indépendance contre la France. À 17 ans, ce fils d’instituteur devient un moudjahid actif dans la Wilaya IV (région de l’Est algérien), participant aux opérations de guérilla et aux embuscades contre l’armée française. Après l’indépendance, il poursuit sa formation militaire au Caire, à Moscou et à Paris. Sa carrière au sein de l’Armée nationale populaire le conduit à diriger l’académie militaire de Cherchell, puis à commander plusieurs régions militaires stratégiques.

Il gravit les échelons de l’ANP : commandant d’unité blindée, chef de la 4ᵉ région militaire d’Oran, puis ministre de la Défense nationale de 1990 à 1993 sous Chadli Bendjedid. Sa loyauté envers l’institution militaire et son expérience terrain font de lui un acteur clé lors de la crise d’octobre 1988 et de l’annulation du processus électoral face au Front islamique du salut (FIS) en 1991.

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Président de la République en pleine décennie noire

Nommé ministre de la Défense en 1993, Liamine Zéroual est élu président de la République le 15 janvier 1994 par le Haut Comité d’État (HCE), succédant au régime militaire en place après la démission de Mohamed Boudiaf. Réélu au suffrage universel en 1995 avec 61% des voix, il dirige l’Algérie pendant les années les plus sanglantes de la guerre civile contre le Groupe islamique armé (GIA) et ses dissidences.

Son mandat (1994-1999) est marqué par la « loi sur le repentir » et la concorde civile de 1999, qui ouvrent la voie à l’amnistie pour les repentis islamistes et posent les bases de la réconciliation nationale. Critiqué pour son autoritarisme et son contrôle de l’ANP sur le pouvoir, Zéroual reste néanmoins crédité d’avoir stabilisé le pays face au terrorisme, évitant l’effondrement de l’État. Il cède le pouvoir en avril 1999 à Abdelaziz Bouteflika, se retirant définitivement de la scène politique en 2002.

Juin 1975, Zeroual Liamine, chef du 12e BIM à Ras El Ma, lors de la visite du roi Hussein pour les manœuvres de la brigade en présence de Kasdi Merbah, du colonel Abderahim et du Premier ministre Abdelghani. Public domain, via Wikimedia Commons

Juin 1975, Zeroual Liamine, chef du 12e BIM à Ras El Ma, lors de la visite du roi Hussein pour les manœuvres de la brigade en présence de Kasdi Merbah, du colonel Abderahim et du Premier ministre Abdelghani. Public domain, via Wikimedia Commons

Popularité auprès du peuple algérien

Après son retrait du pouvoir en 1999, Liamine Zéroual vivait discrètement à Alger, recevant occasionnellement des hommages pour son rôle clé dans la réconciliation nationale. Très apprécié du peuple algérien, il était perçu comme un homme d’État intègre, proche des valeurs des moudjahidines et attaché à la stabilité du pays face aux tourments de la décennie noire. Son décès suscite aujourd’hui une unité nationale rare : le président Abdelmadjid Tebboune a qualifié sa disparition de « perte immense pour la patrie », tandis que les moudjahidins, les partis politiques et les citoyens lambda rivalisent d’éloges sur les réseaux sociaux et dans les mosquées.