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Fred Dewilde, dessinateur survivant du Bataclan, s’éteint à 58 ans après neuf ans de lutte

Illustrateur et auteur de romans graphiques, Fred Dewilde est décédé le 5 mai 2024 à 58 ans, terrassé par les blessures invisibles du 13 Novembre 2015.

Fred DEWILDE, capture d'écran youtube

Fred DEWILDE, capture d'écran youtube

Mis à jour le 04 avr. 2025

Fred Dewilde n’a jamais quitté le sol du Bataclan. Neuf ans après cette nuit d’horreur, le dessinateur et auteur, devenu l’un des visages de la mémoire des attentats du 13 novembre 2015, s’est donné la mort à l’âge de 58 ans. Un dernier geste qui clôt un combat inlassable contre les traumatismes, et qui rappelle l’ampleur des séquelles laissées par cette tragédie.

Pris dans la tourmente du 13 Novembre

Le 13 novembre 2015, Fred Dewilde se rend au Bataclan pour assister à un concert. Piégé dans la fosse lorsque les terroristes ouvrent le feu, il reste figé au sol pendant deux heures, au milieu des cadavres et du sang. Physiquement indemne, il ressortira vivant, mais profondément marqué. « Une partie de lui est morte ce soir-là », confiera-t-il plus tard. Ce choc initial ne le quittera jamais.

Vidéo.- Quand Fred Dewilde, rescapé du Bataclan, racontait sa détresse psychologique

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En sa mémoire

39 hommages

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Un dessinateur devenu « passeur de mémoire »

Illustrateur médical avant les attentats, Fred Dewilde n’a jamais pu reprendre son activité. Trop atteint, trop bouleversé. Il choisit alors de sublimer ses souffrances à travers le dessin. Dans quatre romans graphiques, dont La Mort émoi (2022), il raconte sa descente aux enfers, ses tentatives de reconstruction, et la difficulté d’exister après l’horreur. Son style sobre, poignant, sans pathos, fera de lui une figure essentielle de la mémoire collective du 13 Novembre.

Pourquoi Fred Dewilde a-t-il mis fin à ses jours ?

Fred luttait depuis près d’une décennie contre un stress post-traumatique extrêmement violent. Il avait été profondément bouleversé par ce qu’il avait vécu au Bataclan, incapable de tourner la page. Malgré ses efforts, son engagement artistique et associatif, la douleur ne l’a jamais quitté.

Une voix forte dans le combat pour la mémoire

Membre moteur de l’association Life for Paris, Fred Dewilde s’engage pleinement dans la transmission. Il intervient régulièrement dans les écoles, auprès des jeunes, pour parler de son expérience, du terrorisme, de ses conséquences humaines. « Fred la victime était devenu Fred l’artiste », dira sa famille, saluant son courage, sa générosité, son engagement. Il ne voulait pas être un rescapé, mais un survivant. Un témoin.

Vidéo.- Fred Dewilde, rescapé du Bataclan s'est donné la mort. En 2021, il se confiait au Parisien

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Une mort qui résonne comme un second attentat

La nouvelle de sa mort, annoncée le 7 mai par Life for Paris, a bouleversé la communauté des survivants. Ses proches évoquent un homme « terrassé par la violence de ses traumas », malgré neuf années de résistance acharnée. « Ils l’ont tué une seconde fois, sans plus de seconde chance de survie », écrit sa famille dans un texte bouleversant. Fred Dewilde est la 133e victime des attentats du 13 Novembre, la troisième à avoir mis fin à ses jours.