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Charles de Gaulle : de la résistance à la présidence, un leader jusqu'à son dernier jour
Charles de Gaulle : de la résistance à la présidence, un leader jusqu'à son dernier jour
Charles de Gaulle, figure emblématique de la France libre, a marqué l'histoire par son courage et son leadership. Il est décédé le 9 novembre 1970 à 79 ans. De la résistance contre l'Occupation à son rôle crucial dans la Cinquième République, sa vie a été un testament de détermination. Jusqu'à son dernier souffle, il est resté un symbole de force et d'engagement pour la nation.
Mis à jour le 04 sept. 2024
Charles de Gaulle, né le 22 novembre 1890 à Lille et décédé le 9 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Églises, est une figure majeure de l'histoire contemporaine française. Militaire, résistant, homme d'État et écrivain, il a joué un rôle clé pendant la Seconde Guerre mondiale et a profondément marqué la politique française.
Premières années
Charles de Gaulle est né le 22 novembre 1890 à Lille. Troisième enfant d'Henri de Gaulle et Jeanne Maillot, il grandit dans une famille cultivée, attachée aux valeurs du service public et au catholicisme. Son grand-père est historien, et son père est un intellectuel engagé dans l'éducation.
Malgré des difficultés scolaires, Charles démontre un sens de l'organisation et une passion pour les études. Après une scolarité dans diverses institutions, il entre à l'École militaire de Saint-Cyr en 1909, en sort diplômé en 1912, et commence sa carrière au 33e régiment d'infanterie à Arras.
Ce début de parcours le mènera à jouer un rôle crucial dans l'histoire de France, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale et la fondation de la Cinquième République.
Première Guerre mondiale
Durant la Première Guerre mondiale, Charles de Gaulle et ses trois frères sont mobilisés et reviennent tous vivants et décorés. Charles, gravement blessé dès son premier combat à Dinant en août 1914, est nommé capitaine en février 1915. Il est à nouveau blessé en mars 1915 et se distingue par son courage et son intelligence, malgré une désobéissance qui lui coûte un retrait temporaire de ses fonctions.
En mars 1916, lors de la bataille de Verdun, il est gravement blessé et capturé par les Allemands. Interné dans plusieurs camps de prisonniers, il tente à plusieurs reprises de s'évader sans succès. Libéré après l'armistice du 11 novembre 1918, il retrouve sa famille. Bien qu'il se considère comme un "revenant", il reçoit la Croix de la Légion d'honneur et la Croix de guerre 1914-1918 avec étoile d'argent pour son courage et son dévouement.
En sa mémoire
5 hommages
Pour rendre hommage à Le Général Charles DE GAULLE, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageL'entre-deux-guerres
Après la Première Guerre mondiale, Charles de Gaulle, soutenu par Pétain, se réengage dans l'armée en Pologne, où il occupe des postes d'instructeur et participe à la guerre soviéto-polonaise. De retour en France, il épouse Yvonne Vendroux en 1921 et devient chargé de cours à l'École de Saint-Cyr. Promu chef de bataillon en 1927, il commande le 19e bataillon de chasseurs à pied avant de travailler à Beyrouth dans le renseignement militaire. De retour, il se consacre à l'écriture sur la nécessité d'une armée professionnelle et de blindés autonomes, suscitant l'intérêt international mais peu de soutien en France. Influencé par des idées monarchistes, il évolue vers des positions plus républicaines. En 1937, il prend le commandement du 507e régiment de chars, défendant ses idées novatrices malgré l'opposition de ses supérieurs.
Seconde Guerre mondiale
En mai 1940, Charles de Gaulle, alors colonel, commande la 4e DCR et défend Montcornet contre les Allemands, malgré des difficultés. Il lance des contre-attaques avec des résultats mitigés mais obtient une citation élogieuse de Weygand. Promu général de brigade le 25 mai, il poursuit ses efforts pendant la débâcle française. Le 1er juin, il est nommé général de brigade et Paul Reynaud devient ministre de la Guerre le 16 juin.
Le 6 juin 1940, Charles de Gaulle est nommé sous-secrétaire d'État à la Défense nationale par Paul Reynaud, entamant ainsi une carrière politique. Il rejoint Orléans et Tours pour coordonner les efforts avec le Royaume-Uni. Le 16 juin, il dicte une note pour une union franco-britannique. Le 17 juin, apprenant la démission de Reynaud et la nomination de Pétain, de Gaulle, sans rôle dans le nouveau gouvernement, quitte la France avec l'aide de Churchill, embarquant pour Londres.
L'appel du 18 juin 1940
Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle prépare son discours sur Radio Londres. Bien que le gouvernement britannique, dirigé par Winston Churchill, soit en faveur de l'appel à poursuivre les combats, lord Halifax préfère éviter de contrarier le gouvernement Pétain, alors en négociation pour un armistice. Après des ajustements pour apaiser les tensions diplomatiques, le discours modifié de Gaulle appelle les soldats français à rejoindre la résistance contre l'ennemi. Diffusé par la BBC, cet appel est publié dans plusieurs journaux le 19 juin, mais peu de Français l'entendent. Ce discours est désormais considéré comme le début de la Résistance française, bien que de Gaulle prenne pleinement conscience de son importance plus tard.
De gaulle est puni
Sans ordre officiel, De Gaulle agit à Londres. Le 19 juin, Weygand ordonne son retour et annule sa promotion. Le 23 juin, Lebrun le met à la retraite, et il est condamné le 4 juillet à quatre ans de prison et à la perte de sa nationalité. Après l'opération Catapult, il est condamné à mort par contumace le 2 août 1940, avec déchéance de nationalité confirmée le 8 décembre.
Depuis Londres, de Gaulle fonde et dirige les Forces françaises libres, rejetant le traité d'armistice et cherchant à maintenir la France dans la guerre contre Hitler. Reconnu par Churchill le 27 juin 1940, il établit rapidement une armée, un gouvernement et obtient le ralliement de plusieurs territoires coloniaux, malgré des relations tendues avec les Alliés et des défis diplomatiques importants.
La libération
Après avoir été écarté du débarquement en Afrique du Nord et confronté au soutien américain à Darlan puis à Giraud, de Gaulle réussit à s'imposer à Alger en mai 1943. Il fusionne le Comité national français avec le Commandement en chef dirigé par Giraud, formant le Comité français de libération nationale (CFLN), dont il finit par évincer Giraud. En juin 1944, de Gaulle arrive en France après le débarquement et évite la mise en place de l'AMGOT en rétablissant l'autorité française. Le 25 août, il célèbre la libération de Paris, marquant le retour de la République avec un discours célèbre et un défilé triomphal. Le GPRF est transféré à Paris et un gouvernement d'unité nationale est formé sous sa présidence le 9 septembre 1944.
En 1964, de Gaulle, alors président, refuse de participer aux commémorations du débarquement de Normandie, le considérant comme une opération anglo-américaine qui a délibérément exclu les Français. Son hostilité envers les États-Unis, exacerbée par des tensions durant la Seconde Guerre mondiale, inclut des conflits sur l'Empire colonial, la crise de Saint-Pierre-et-Miquelon, et l'Opération Torch, ainsi qu'une opposition au projet d'AMGOT, qu'il voit comme une atteinte à la souveraineté française.
Retour au pouvoir et Cinquième République
En 1945, les femmes françaises obtiennent le droit de vote et des réformes majeures sont introduites, comme les nationalisations et la sécurité sociale. De Gaulle annonce une Assemblée constituante, largement approuvée. En désaccord avec l'Assemblée, il démissionne en janvier 1946 après avoir accompli ses objectifs de libération et de modernisation. Il refuse ensuite la dignité de maréchal de France.
Son parti, le RPF, qui attire à la fois résistants et anciens pétainistes, connaît un succès initial mais décline après 1948 en raison de la gestion efficace des événements sociaux par le gouvernement et du rejet politique du mouvement. En 1951, le RPF est encore soutenu par 22,3 % des voix mais souffre de défections internes importantes, menant à une scission entre loyalistes et dissidents.
En 1958, au milieu de la crise de la guerre d'Algérie, il revient au pouvoir comme président du Conseil des ministres. Il fonde la Cinquième République, qu'il dirige comme président de 1959 à 1969. Il met en œuvre des réformes majeures, notamment en modernisant l'économie et en renforçant les institutions. Il défend l'indépendance nationale, réalise une force de dissuasion nucléaire et poursuit une politique étrangère autonome, notamment en retirant la France du commandement militaire de l'OTAN et en s'opposant à l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE.
Le général De Gaulle à la présidence de la république
En novembre 1958, les gaullistes remportent les élections législatives, et Charles de Gaulle est élu président de la République en décembre. En janvier 1959, il prend ses fonctions, gère la guerre d'Algérie, réforme l'économie avec la dévaluation et le nouveau franc, et met en place le programme spatial. Il défend une France indépendante sur la scène internationale et pose son veto à l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE. De Gaulle annonce l'autodétermination pour l'Algérie en 1959, mais poursuit la guerre jusqu'en 1962. L'indépendance de l'Algérie est obtenue avec les accords d'Évian. Il réforme la Constitution en 1962 pour l'élection présidentielle au suffrage universel direct et renforce sa majorité après la dissolution de l'Assemblée nationale.
Pour la première fois, la télévision joue un rôle crucial dans une campagne présidentielle. Charles de Gaulle, bien que réticent, participe aux débats télévisés entre les deux tours, malgré une baisse de popularité révélée par les sondages. Au premier tour, il arrive en tête avec 44,65 % des voix, devant François Mitterrand et Jean Lecanuet. De Gaulle refuse les suggestions de son ministre de l'Intérieur d'utiliser des photos compromettantes de Mitterrand. Réélu le 19 décembre 1965 avec 55,20 % des voix, il annonce en privé qu'il ne finira pas son mandat, se retirant à 80 ans.
Ses grandes décisions
L'arme nucléaire
Charles de Gaulle poursuit le développement de l'arme nucléaire, malgré les critiques et les tensions avec les États-Unis, en menant des essais en Algérie et en Polynésie. Refusant les offres de missiles américains, il insiste sur l'indépendance nucléaire de la France, un sujet qui affecte les relations franco-américaines jusqu'à l'ère Nixon.
La sortie de l'OTAN
Charles de Gaulle rejette le commandement intégré de l'OTAN sous domination américaine et propose une réforme pour un directoire tripartite avec la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. En mars 1966, il annonce le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, récupérant ainsi la souveraineté militaire française et demandant l'évacuation des bases américaines.
La conversion des dollars en or
Sur les conseils de Jacques Rueff, de Gaulle demande aux États-Unis de convertir une partie des dollars détenus par la France en or, conformément à la parité dollar/or alors en vigueur. Après cette opération, les États-Unis abandonnent l'étalon-or en 1971, mais la décision de de Gaulle se révèle judicieuse à long terme alors que le prix de l'or augmente fortement suite aux chocs pétroliers. De Gaulle, préoccupé par l'hégémonie du dollar, soutient le retour à l'étalon-or pour rééquilibrer le système monétaire international.
Démission et héritage
Sa présidence est marquée par des crises, notamment en 1968. En 1969, après la défaite au référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation, il démissionne. Charles de Gaulle se retire de la vie publique et passe un mois en Irlande, puis se consacre à l'écriture de ses Mémoires d'espoir. Il refuse toute retraite officielle et se montre critique de la politique internationale tout en continuant à entretenir des relations diplomatiques notables, telles que ses éloges à Franco et sa reconnaissance des réalisations de Mao Zedong, ce qui lui vaut un éloge funèbre de la part du dirigeant chinois. Il termine sa vie à Colombey-les-Deux-Églises, où il meurt en 1970.
De Gaulle est considéré comme un des plus grands dirigeants français, reconnu pour son influence durable et son idée de la grandeur de la France. Ses Mémoires de guerre témoignent de sa vision de la France comme une nation de grandeur, et son héritage continue de marquer la politique française contemporaine.
Distinctions
Le général De Gaulle a reçu une vingtaine de décorations française et plus de 70 étrangères.
Circonstance de sa mort et obsèques
Le 9 novembre 1970, Charles de Gaulle meurt d'une rupture d'anévrisme à La Boisserie. Conformément à ses dernières volontés, ses obsèques sont simples et privées, sans cérémonie officielle, à Colombey-les-Deux-Églises. Sa mort entraîne une grande réaction nationale et internationale, et ses funérailles sont marquées par la présence de nombreux chefs d'État étrangers.
Extrait de son testament écrit en 1952
Je veux que mes obsèques aient lieu à Colombey-les-Deux-Églises. Si je meurs ailleurs, il faudra transporter mon corps chez moi, sans la moindre cérémonie publique.
Ma tombe sera celle où repose déjà ma fille Anne et où, un jour, reposera ma femme. Inscription : Charles de Gaulle (1890-…). Rien d’autre.
La cérémonie sera réglée par mon fils, ma fille, mon gendre, ma belle-fille, aidés par mon cabinet, de telle sorte qu'elle soit extrêmement simple. Je ne veux pas d'obsèques nationales. Ni président, ni ministres, ni bureaux d'assemblées, ni corps constitués. Seules, les Armées françaises pourront participer officiellement, en tant que telles ; mais leur participation devra être de dimension très modeste, sans musiques, ni fanfares, ni sonneries.
Aucun discours ne devra être prononcé, ni à l’église ni ailleurs. Pas d'oraison funèbre au Parlement. Aucun emplacement réservé pendant la cérémonie, sinon à ma famille, à mes Compagnons membres de l'ordre de la Libération, au conseil municipal de Colombey. Les hommes et femmes de France et d'autres pays du monde pourront, s'ils le désirent, faire à ma mémoire l’honneur d'accompagner mon corps jusque sa dernière demeure. Mais c'est dans le silence que je souhaite qu'il y soit conduit. Je déclare refuser d'avance toute distinction, promotion, dignité, citation, décoration, qu'elle soit française ou étrangère. Si l'une quelconque m'était décernée, ce serait en violation de mes dernières volontés.
Des hommages à travers le monde
Après la mort de Charles de Gaulle en 1970, une loi exonère sa succession de droits de mutation en reconnaissance de ses « services exceptionnels ». Son nom est donné à de nombreux lieux en France et à l’étranger, et il est largement célébré comme l'un des plus grands Français de tous les temps. Ses actions et son héritage continuent d'être appréciés internationalement, avec des statues et des hommages dans plusieurs pays et une reconnaissance particulière de sa politique étrangère et de son impact sur l'histoire mondiale.
Legs de Charles De Gaulle
La Constitution de 1958, héritage de Charles de Gaulle, demeure en vigueur après plus de cinquante ans. De Gaulle est associé à la prospérité des Trente Glorieuses (1945-1975), une période de croissance économique et de modernisation en France. Son influence se manifeste dans les grandes réalisations industrielles françaises, notamment dans l'aéronautique, le spatial, le nucléaire et l'informatique. Son caractère et ses interventions non conventionnelles lui ont valu une large sympathie, et son héritage continue d'être célébré à travers des programmes et des institutions qu'il a contribué à mettre en place.
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