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Décès de Marcel Aymé : l’écrivain des contes et des campagnes s’éteint à Paris
Décès de Marcel Aymé : l’écrivain des contes et des campagnes s’éteint à Paris
Marcel Aymé, attaché à la Franche-Comté et à Paris, a dépeint la société avec un style mêlant argot et patois. Critiqué mais populaire, il a marqué par ses romans, pièces engagées et traductions, tout en restant en marge des cercles intellectuels.
Mis à jour le 09 oct. 2024
Marcel Aymé est né le 29 mars 1902 à Joigny, dans l'Yonne. Benjamin de six enfants, il perd sa mère à deux ans. Son père le confie alors à sa sœur Suzanne et à ses grands-parents, qui gèrent une tuilerie, une ferme et un moulin à Villers-Robert dans le Jura.
L'inspiration rurale de Marcel Aymé
Le village de son enfance est le décor de nombreux romans de Marcel Aymé, comme La Jument verte et La Table aux crevés. Influencé par les passions politiques et religieuses du monde rural, il vit des conflits familiaux, notamment autour de son baptême, attendu jusqu'à la mort de son grand-père anticlérical. Après la perte de sa grand-mère, il est pris en charge par sa tante et découvre la vie rurale, devenant berger pendant les vacances. Cette période l’initie aux luttes entre républicains et cléricaux, lui laissant une aversion pour l'intolérance. Il réussit au baccalauréat en 1919, mais doit abandonner ses études en mathématiques supérieures en 1920 en raison de la grippe espagnole.
Trois œuvres marquantes de l'écrivain
- La Jument verte (1933) - Roman
- Le Passe-muraille (1943) - Recueil de nouvelles
- Le Confort intellectuel (1949) - Essai
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Marcel AYMÉ, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageLes débuts tumultueux de Marcel Aymé
Après son service militaire, Marcel Aymé arrive à Paris, multipliant les petits emplois tout en doutant de son talent. Il écrit son premier roman, Brûlebois (1926), suivi de La Table aux crevés (1929), qui lui vaut le prix Renaudot, et de La Jument verte (1933), qui lui apporte la notoriété. Bien qu’il soit classé à gauche, il signe un manifeste soutenant Mussolini et collabore avec des journaux pro-nazis durant l’Occupation, ce qui suscite la controverse. Son refus de la Légion d’honneur en 1949 souligne son indépendance et son ironie politique.
Sa controverse : entre succès populaire et critiques acharnées
Marcel Aymé, connu pour ses descriptions crues de la France des années 1940, est attaqué pour ses romans sur l'épuration et le marché noir (Uranus, Le Chemin des écoliers). Malgré les controverses, il soutient Robert Brasillach en tentant de rassembler des signatures pour une pétition contre la peine de mort. Bien qu’il soit très critiqué, ses œuvres lui valent un immense succès populaire. Sa pièce La Tête des autres, qui ridiculise les procureurs, devient un plaidoyer contre la peine de mort.
Que lui est-il arrivé et où repose-t-il ?
Marcel Aymé est décédé dans la nuit du 14 au 15 octobre 1967, probablement d'une congestion pulmonaire, à son domicile de la rue Norvins, à Paris. Ses cendres reposent au cimetière du Montparnasse, dans la même ville, où il a été inhumé.
Un style entre réalisme et fantastique
Marcel Aymé, dont le frère Georges a été général pendant la Seconde Guerre mondiale, analyse avec esprit les travers de la société dans ses écrits. Il explore des thèmes tels que l’hypocrisie et la violence, tout en mettant en lumière la camaraderie et la bonté. Son style unique mêle réalisme et fantastique ludique, où des événements extraordinaires perturbent la vie quotidienne, comme dans Le Passe-muraille, où le protagoniste peut traverser les murs. Aymé utilise un langage authentique, restituant fidèlement les différentes classes sociales, avec une place de choix pour le parler franc-comtois dans plusieurs de ses œuvres.
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