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Edouard Balladur, ancien Premier ministre, est décédé à l'âge de 97 ans

Ancien Premier ministre entre 1993 et 1995 sous François Mitterrand, et candidat malheureux à la présidentielle de 1995, Edouard Balladur est décédé ce lundi 31 août 2026 à 97 ans.

Mis à jour le 01 sept. 2026

Né le  2 mai 1929 à Izmir, en Turquie, Édouard Balladur est issu d'une famille smyrniote d'origine arménienne. 
Il suit sa scolarité dans un établissement tenu par des Frères des écoles chrétiennes. Son lycée, il le fera à Marseille et restera par la suite très attaché à la Provence.
Après une licence de droit obtenue avec mention, il intègre l'Institut des Études politiques (IEP) de Paris. Il s'installe chez les frères maristes. François Mitterrand y était d'ailleurs passé avant lui.  Il sort diplômé de Sciences Po, section service public, en 1950. Puis il intègre l’École nationale d’administration (ENA) en 1955. Trois ans plus tard, il devient enseignant à IEP de Paris. 

© European Union, 2026, CC BY 4.0 via Wikimedia Commons

© European Union, 2026, CC BY 4.0 via Wikimedia Commons

Secrétaire général de l’Élysée

Conseiller d'État, il intègre en 1964 le cabinet de Georges Pompidou, alors chef du gouvernement, et participe aux accords de Grenelle à la suite des événements de Mai-68. Quand Georges Pompidou est élu président de la République, il le nomme secrétaire général adjoint de l'Élysée. Il en devient titulaire en 1973 et dirige l'administration de la présidence de la République durant la maladie du président, qui meurt l’année suivante.
 En 1974, avec l’élection de Valéry Giscard d'Estaing comme président, Édouard Balladur reprend sa place au Conseil d'Etat.

Ministre sous Mitterrand

Membre du RPR (Rassemblement pour la République), il est proche de Jacques Chirac qui le nomme ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation lors de la première cohabitation. Il est alors quasi inconnu. Il quitte ses fonctions après la réélection de François Mitterrand en 1988.
Il est élu député la même année, ainsi qu'en 1993.
François Mitterrand le nomme Premier ministre lors de la deuxième cohabitation. Il modifie alors le système de retraite, réduit le taux de remboursement des prestations médicales, augmente les impôts, les droits sur les alcools et les taxes sur les produits pétroliers justifiant une situation de la France « plus grave qu'aucune de celles qu'elle a connues depuis une quarantaine d'années. » Il lance également un programme de privatisations (Air France, Rhône-Poulenc, Renault, la BNP et le Crédit lyonnais) et s'oppose à François Mitterrand sur les essais nucléaires, essentiels à ses yeux pour maintenir la dissuasion française. 

Européen convaincu

Européen convaincu et membre des principaux partis gaullistes, il a publié Laissons de Gaulle en paix en 2006, où il révèle son admiration pour l'homme politique. 

En sa mémoire

12 hommages

Pour rendre hommage à Monsieur Edouard BALLADUR, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.

Rendre hommage

 En 1994, il gère la prise d'otages du vol 8969 d'Air France. Il fait pression sur le président algérien et son action permet la libération des otages.
Bénéficiant du popularité en hausse, il décide de se présenter aux présidentielles de 1995 face à... Jacques Chirac. Ami de trente ans du futur chef de l’État, il obtient finalement 18,58 % des suffrages exprimés bien que soutenu par Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget. Il quitte Matignon en mai 95 et passe le flambeau à Alain Juppé. Il ne se réconciliera jamais avec Jacques Chirac. 
Il est réélu député en 1997 et 2002 et rejoint l'UMP (Union pour la majorité présidentielle). 

Je vous demande de vous arrêter.

Edouard Balladur en 1995 alors que ses partisans sifflent Jacques Chirac et Lionel Jospin qualifiés pour le second tour des présidentielles. 

Soupçons de financement occultes

Une polémique naît en 2011 sur ses comptes de campagne dont une partie de l'argent aurait été reçue afin de conclure des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite. Ce qui afait émerger l'affaire Karachi. Édouard Balladur assure avoir récolté cet argent liquide lors des meetings de campagne. En 2017, il est mis en examen. Plus de 25 ans après les faits, il est finalement relaxé.  

Un an avant de se retirer de la politique, il publie en 2009 Le pouvoir ne se partage pas. Un livre issu de ses entrevues personnels avec François Mitterrand. Pour autant, de nombreux membres de l'UMP prennent encore conseil auprès de lui. En 2022, il apporte son soutien à Valérie Pécresse, représentante des Républicains à la présidentielle.

Obsèques dans l'intimité

Sur le plan personnel, il épouse en août 1957, à Saint-Amour (Saône-et-Loire), Marie-Josèphe Delacour, décédée l'année dernière. Le couple a quatre fils : Pierre, médecin et professeur des universités-praticien hospitalier ; Jérôme, banquier d'affaires chez Lazard Frères ; Henri, codirecteur d'Euro RSCG Genève ; et Romain, né en 1969. 
Sa famille, qui a annoncé son décès ce lundi 31 août 2026, a fait savoir que ses obsèques auraient lieu dans la plus stricte intimité. 

Réactions du monde politique

Emmanuel Macron, président de la République. - « Député de Paris, ministre puis Premier ministre, ce fidèle du président Pompidou qu’il accompagna durant son mandat avait la France au cœur. Il en fut le serviteur exigeant, mesuré, dévoué »

Gérard Larcher, président du Sénat. - « La France perd un grand homme d’État. Gaulliste de conviction, membre du RPR, ministre d’État, ministre de l’Économie et des finances puis Premier ministre de la 2eme cohabitation de 1993 à 1995, Édouard Balladur a incarné une certaine idée de l’autorité de l’État, de la rigueur budgétaire et de la responsabilité politique. Je perds moi, une référence, au soutien indéfectible et permanent, toujours disponible pour échanger sur les institutions et sur les réformes (...) »

Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. - Édouard Balladur avait une haute idée de nos institutions et de la responsabilité de ceux qui les servent. Député de Paris et Premier ministre, il aura pris toute sa part à la vie de notre République et aux grands débats qui l’ont traversée.

Nicolas Sarkozy, Les Républicains. -  « Je perds un homme qui fut pour moi un exemple, un mentor et un ami. J'ai travaillé à ses côtés pendant de longues années et je n'aurais pas eu la carrière politique qui fut la mienne sans sa confiance et sans son amitié. »

Valérie Pécresse, Les Républicains. - « Je salue la mémoire de l’ancien Premier ministre Edouard Balladur, grand serviteur de l’État qui défendait une certaine idée de la France. Homme de culture et de convictions, je n’oublierai jamais son soutien amical pendant la campagne présidentielle de 2022. »

Marine Le Pen, Rassemblement national. - « Avec le décès d’Édouard Balladur, disparaît une figure majeure de la vie politique de la Ve République. Au-delà des désaccords politiques que nous avions avec celui fut Premier ministre de 1993 à 1995, il convient aujourd’hui de saluer un homme d’État qui aura marqué la vie publique française (...) »