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La disparition du résistant Missak Manouchian
La disparition du résistant Missak Manouchian
L'ouvrier et poète arménien immigré en France Missak Manouchian, connu pour avoir été leader du groupe de 23 résistants étrangers fusillés par les Allemands en 1944, est décédé le 21 février 1944 à Mont Valérien, en France. Il avait 37 ans.
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Mis à jour le 12 févr. 2025
Missak Manouchian, ou Michel Manouchiann, est né le 1er septembre 1906 à Hısn-ı Mansur, dans l'Empire ottoman, au sein d'une famille de paysans arméniens catholiques à Adıyaman.
À neuf ans, en 1915, il perd son père, Kevork, lors du génocide arménien, et sa mère, Vardouhi Kassian, meurt peu après des suites de la famine. Lui et son frère Garabed sont secourus par une famille kurde.
À la fin de la Première Guerre mondiale, Manouchian est pris en charge par la communauté arménienne et placé dans un orphelinat soutenu par la Sauvegarde du Proche Orient, établi dans la région de Jounieh au Liban, sous mandat français. Cet orphelinat, plus tard renommé Tchernots Pouyn, est dirigé par Maria Jacobsen à partir de 1928.
Pendant son séjour à l'orphelinat, Manouchian est formé au métier de menuisier et découvre les lettres arméniennes. Malgré son caractère solitaire et rebelle face à la discipline stricte de l'établissement, il trouve refuge dans l'écriture.
En 1924 ou 1925, il rédige un poème intitulé "Vers la France", exprimant son évolution personnelle et ses aspirations.
Je laisse derrière moi mon enfance ensoleillée, imprégnée de la nature, Et mon existence sombre d'orphelin, marquée par la privation et la misère. Encore adolescent, captivé par le rêve des livres et des écrits, Je m'engage à mûrir à travers le travail, la conscience et la vie.
En sa mémoire
2 hommages
Pour rendre hommage à Monsieur Missak MANOUCHIAN, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageDe l'émigration à l'engagement intellectuel à Paris
En 1925, Missak et Garabed émigrent clandestinement à Marseille. Missak travaille comme menuisier à La Seyne avant de rejoindre Paris, où il est embauché comme tourneur aux usines Citroën pour subvenir à leurs besoins.
Après le décès de Garabed en 1927, Missak se tourne vers le milieu artistique, posant notamment pour des peintres renommés. Il s'implique dans la vie intellectuelle parisienne, fréquentant la bibliothèque Sainte-Geneviève et s'inscrivant à la Sorbonne en auditeur libre avec son ami Kégham Atmadjian.
Ensemble, ils fondent la revue Tchank en 1930-1931, où ils publient des articles sur la littérature française et arménienne ainsi que des traductions d'auteurs comme Baudelaire, Verlaine et Rimbaud.
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Engagement communiste et militantisme arménien
En 1934, Missak Manouchian rejoint le Parti communiste français et le Comité de secours pour l'Arménie (HOC), anciennement connu sous le nom de HOK, créé en 1921 par le gouvernement de la République soviétique d'Arménie pour soutenir la diaspora arménienne face au blocus allié. En France, une section du HOK est établie vers 1925.
En 1935, cette section devient à la fois la branche française du HOK, l'organisation communiste dirigée vers la communauté arménienne, et la section arménienne de la MOI (main-d'œuvre ouvrière immigrée), étroitement liée à l'Internationale communiste.
Le HOC, dirigé par le Dr. Haïc Kaldjiann, compte environ 7 000 membres à l'époque du Front populaire, ce qui en fait l'une des branches les plus importantes de la MOI. Missak Manouchian, membre du comité du Quartier latin, devient rapidement un contributeur actif au journal du HOC. Avec la montée du Front populaire en 1934-1935, le HOC voit sa base de membres croître et a besoin de nouveaux dirigeants.
Lors du congrès de juillet 1935, Manouchian est proposé par la direction pour le poste de « deuxième secrétaire » aux côtés du Dr. Kaldjiann, et est élu, devenant ainsi un permanent de l'organisation. Il devient également membre du conseil central, tout comme Mélinée Assadourian, déléguée du comité de Belleville, qui deviendra sa compagne en 1937.
Militantisme et engagement
Missak Manouchian assume le rôle de rédacteur en chef du journal du HOC, rebaptisé Zangou en 1935 en référence à une rivière d'Erevan. À l'origine destiné à soutenir l'Arménie soviétique, le journal diffuse également des informations sur l'URSS et relaye la propagande stalinienne, tout en promouvant un point de vue progressiste parmi la communauté arménienne en France.
Il inclut des rubriques telles que la correspondance des travailleurs et des articles culturels. À partir de juillet 1936, le journal s'engage dans la défense de la République espagnole.
Vidéo.- Missak Manouchian, héros étranger de la Résistance
Cependant, avec le déclin du Front populaire, le HOC rencontre des difficultés et est dissous en 1937. Une nouvelle organisation, l'Union populaire franco-arménienne, est alors créée. Zangou cesse de paraître en 1937.Malgré ces changements, Missak Manouchian reste actif dans le militantisme communiste et participe au 9e congrès du PCF à la fin de 1937, continuant son engagement jusqu'à l'été 1939.
Son engagement et résistance sous l'occupation
Le 2 septembre 1939, Missak Manouchian est arrêté avec Haïc Kaldjian, bien avant l'interdiction du Parti communiste et des organisations affiliées, qui survient le 26 septembre, consécutivement au pacte germano-soviétique. Bien qu'il soit libéré en octobre, Manouchian est ensuite enrôlé comme volontaire dans une unité militaire dans le Morbihan, suite à la défaite de l'armée française en juin 1940.
Après cela, il travaille sous surveillance à l'usine Gnome et Rhône d'Arnage (Sarthe), mais décide de retourner clandestinement à Paris début 1941. Il est à nouveau arrêté peu après l'invasion de l'URSS par les Allemands le 22 juin 1941, mais est rapidement relâché faute de charges contre lui.
Me battant contre la mort, vivre étant le seul problème…
À partir de 1941, Manouchian s'engage activement dans le militantisme clandestin, devenant responsable politique de la section arménienne. Ses activités au sein de la Main-d'Œuvre Immigrée clandestine restent peu documentées, mais il est connu qu'il était sous l'autorité de la direction de la MOI, dirigée par Louis Gronowski et Simon Cukier.
Une relation intéressante est établie entre les Manouchian et Micha et Knar Aznavourian, tous engagés dans la résistance communiste, notamment dans des opérations visant à démoraliser les soldats allemands et à les aider à déserter.
La résistance sous le feu de l'occupation allemande
En février 1943, Missak Manouchian rejoint les FTP-MOI, un groupe de résistance armée dirigé par Boris Holban, un Juif originaire de Bessarabie. Il est initialement affecté à un détachement composé principalement de Juifs roumains et hongrois, ainsi que de quelques Arméniens. Le 17 mars, il participe à sa première action armée à Levallois-Perret, mais son manque de discipline lui vaut un blâme et une mise à l'écart.
En juillet 1943, Manouchian est promu commissaire technique des FTP-MOI de Paris, puis en août, il devient commissaire militaire de la région parisienne, remplaçant Boris Holban. Joseph Epstein prend alors la responsabilité des Francs-tireurs et partisans pour la région parisienne, étant ainsi le supérieur hiérarchique de Manouchian.
Sous la direction politique de Jacques Kaminski, Manouchian supervise trois détachements de militants, totalisant environ cinquante personnes. Il coordonne des opérations visant principalement des hauts gradés allemands, contribuant ainsi à des actions à la fois militaires et politiques.
Parmi les actions menées par les groupes de Manouchian, on note l'exécution du général Julius Ritter le 28 septembre 1943, un adjoint de Fritz Sauckel, responsable de la mobilisation de la main-d'œuvre dans l'Europe occupée. Au cours de cette période, les groupes dirigés par Manouchian réalisent près de trente opérations à Paris, de août à novembre 1943.
Vidéo.- Missak Manouchian, figure de la Résistance, va entrer au Panthéon
La mort d'un héros de la résistance
La Brigade spéciale no 2 des Renseignements généraux a mené deux opérations en mars et juillet 1943. Poursuivant ses efforts, elle a réalisé une vaste filature, détaillée dans le livre "Les R.G. sous l'Occupation : quand la police française traquait les résistants" de Frédéric Couderc, qui a conduit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens en novembre.
Missak Manouchian et Joseph Epstein sont arrêtés le 16 novembre 1943 en gare d'Évry Petit-Bourg. Torturé, Manouchian est livré aux Allemands et jugé rapidement par un tribunal militaire allemand. Lors de son procès expéditif le 19 février, il lance un message de défi à ses accusateurs.
La presse collaborationniste dénonce leur "cynisme". Vingt-trois résistants, dont Manouchian, sont condamnés à mort et fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944, tandis qu'Olga Bancic est décapitée en Allemagne, le 10 mai 1944.
La dernière lettre d'amour et de résistance de Missak Manouchian
Juste avant son exécution en février 1944, Missak Manouchian à écrit une dernière lettre à sa femme Mélinée. La lettre est un témoignage poignant de son amour pour sa femme et de son engagement envers la lutte contre l'occupation nazie en France.
Voici un extrait traduit de cette lettre :
Qui est le résistant Manouchian ?
Missak Manouchian était un résistant français d'origine arménienne, chef du groupe FTP-MOI à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est célèbre pour avoir été l'une des figures principales de l'Affiche rouge, une affiche de propagande nazie.
Qui à arrêté Missak Manouchian ?
Il a été arrêté par la Brigade spéciale no 2 des Renseignements généraux.
Pourquoi le groupe Manouchian est-il connu ?
Le groupe Manouchian est connu pour avoir été l'une des unités de résistance les plus actives et les plus célèbres pendant l'Occupation allemande de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient engagés dans des actions de sabotage et de lutte armée contre l'occupation nazie et le régime collaborationniste de Vichy. Leur arrestation, leur procès expéditif et leur exécution ont suscité une grande attention médiatique et ont contribué à faire connaître leur lutte et leur sacrifice.
Quand et où Manouchian est mort ?
Missak Manouchian est mort fusillé le 21 février 1944 au Mont-Valérien, près de Paris, en France.
Où repose-t-il ?
Il repose au cotée de sa femme au Panthéon depuis le 21 février 2024.
Vidéo.- Missak Manouchian et ses camarades de la résistance entrent au Panthéon.
Des hommages pour le résistant Manouchian
Plusieurs hommages lui ont été rendus :
Des commémorations organisées par des associations, des institutions publiques et des citoyens pour rappeler son rôle dans la lutte contre l'oppression.
Des publications, documentaires, et œuvres artistiques qui retracent son histoire et celle du groupe Manouchian, mettant en lumière leur courage et leur détermination.
Des discours et des débats sur son héritage, sa contribution à la liberté et à la démocratie, ainsi que sur les valeurs qu'il incarnait.
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