- Accueil
- Décès célèbres
- Dessinateurs et dessinatrices
-
L'artiste Louise Bourgeois nous a quittés le 31 mai 2010
L'artiste Louise Bourgeois nous a quittés le 31 mai 2010
Louise Bourgeois était renommée pour son exploration audacieuse des thèmes de la féminité, de la famille et de la psyché humaine à travers une variété de médiums artistiques, notamment la sculpture, la gravure et la peinture. Son travail emblématique, souvent chargé d'émotion et d'une symbolique puissante, lui a valu une reconnaissance internationale et une influence durable sur les générations d'artistes à venir. Elle est morte le 31 mai 2010 à Beth Israel Medical Center à New York, à l'âge de 98 ans.
Mis à jour le 11 avr. 2025
Louise Bourgeois est née à Paris le 25 décembre 1911. Selon ses dires, son prénom Louise, a été choisi par sa mère en hommage à Louise Michel, une figure emblématique de la Commune de Paris. Elle est principalement célèbre pour ses sculptures et ses installations monumentales. Son art explore des thèmes tels que l'univers domestique, la famille et le corps, en mettant en avant notamment les organes sexuels, dans une approche qui reflète les manifestations du subconscient et la réactivation des souvenirs de son enfance.
Bien qu'elle soit née en France, elle a passé la majeure partie de sa carrière artistique à New York, où elle s'est installée en 1938 après son mariage avec l'historien d'art américain Robert Goldwater. Malgrè le fait que son travail artistique ait été reconnu tardivement, elle est considérée comme ayant une influence majeure sur les générations ultérieures d'artistes, en particulier les femmes. Aujourd'hui, elle est largement reconnue comme l'une des sculptrices les plus importantes d'Amérique.
Vidéo.- 10 choses à savoir sur Louise Bourgeois - Culture Prime
Les années de formation artistique de Louise Bourgeois
Louise Bourgeois fréquente le lycée Fénelon à Paris, où elle reçoit de nombreux prix d'excellence malgré son comportement turbulent. Passionnée par les mathématiques, la géométrie, la lecture, la peinture, la musique et le sport, elle obtient son baccalauréat en 1932. Initialement attirée par les mathématiques pour trouver de l'ordre et de la logique dans sa vie, elle se tourne finalement vers les arts, étudiant d'abord aux Beaux-Arts de Paris, puis dans diverses académies libres de Montparnasse et de Montmartre. À partir de 1936, elle poursuit sa formation à l'École du Louvre. Plus tard, à New York, elle suit des cours du soir à l'Art Student League et fréquente l'atelier de Vaclav Vytlacil.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Madame Louise BOURGEOIS, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageLes étapes de la vie de Louise Bourgeois
Après la Première Guerre mondiale, Louise Bourgeois accompagne sa mère, en cure thermale en raison de l'emphysème qu'elle a contracté lors de l'épidémie de grippe espagnole en 1918. De 1929 à 1932, la famille réside à Nice, dans la villa Pompeiana sur la colline de Cimiez, voisine du peintre Pierre Bonnard. Pendant cette période, Louise prépare son baccalauréat par correspondance alors qu'elle assiste sa mère mourante, décédée des suites de sa maladie en 1932.
De 1936 à 1938, Louise vit à Paris, à proximité de la galerie d'André Breton, où elle ouvre sa propre galerie vendant des œuvres d'Eugène Delacroix, Henri Matisse, Odilon Redon et Pierre Bonnard. En 1937, elle rencontre l'historien d'art américain Robert Goldwater, qu'elle épouse et avec qui elle s'installe à New York l'année suivante.
Là, elle entre en contact avec la communauté surréaliste en exil pendant la Seconde Guerre mondiale et présente sa première exposition personnelle en 1945. Engagée dans les luttes féministes des années 1960, elle a trois fils : Michel, adopté en France en 1939 à l'âge de 3 ans, Jean-Louis, né en 1940, et Alain, né en 1941. Durant cette période, son mal du pays influence son travail.
Présentation de quelques oeuvres de Louise Bourgeois
En 1968 : Janus fleuri
En 1974 : The destruction of the father
En 1996 : The Welcoming Hands
En 1996 : Spider
Sandstein, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
En 2002 : Maman (sculpture)
Jeangagnon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
En 2011 : Le Mémorial de Steilneset
Bjarne Riesto, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
En 1997 : Eye Benches II
Huhenning, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Exploration artistique et symbolisme
À partir des années 1940 à New York, Louise Bourgeois entame sa carrière artistique, centrée sur les thèmes de la procréation, de la naissance, de la maternité et de l'autoportrait. Son œuvre de cette période explore particulièrement les « femmes-maisons », fusionnant le corps avec l'architecture, incarnant ainsi la prééminence de la sphère domestique. Elle intègre également des éléments phalliques et des représentations d'araignées, cette dernière symbolisant pour elle la figure maternelle. Ses peintures évoquent la relation complexe qu'une femme peut entretenir avec son espace intérieur, ses têtes remplacées par des maisons isolant leur corps du monde extérieur.
Vidéo.- "Exceptionnelles" Ep.3 : L'araignée de Louise Bourgeois
Dès 1947, elle se lance dans la sculpture de personnages longitudinaux en bois, ressemblant à des totems sinueux et lisses, inspirés du surréalisme. Ces figures, représentant la verticalité, la fragilité et l'interactivité, reflètent sa propre souffrance du mal du pays depuis son déménagement à New York. Ses totems, disposés en groupe, lui permettent d'exorciser cette douleur, son œuvre étant empreinte d'une dimension thérapeutique. Bourgeois s'intéresse à la psychanalyse, ayant lu les travaux de Charcot, et son travail artistique s'inscrit dans une exploration de la relation entre les personnages, leur groupe et leur environnement.
L'influence de la psychanalyse sur l'œuvre de Louise Bourgeois
Après le décès de son père en 1951, Louise Bourgeois entame une psychanalyse qui durera près de 30 ans, d'abord avec Leonard Camer puis avec Henry Lowenfeld. Cette démarche vise notamment à surmonter la douleur causée par la révélation que son père entretenait une liaison avec sa gouvernante et professeure d'anglais. Elle consulte son psychanalyste quatre fois par semaine, un fait qui ne sera révélé qu'en 2007, avant sa rétrospective au Tate Modern. Après la mort de son analyste, au terme de ces trois décennies de cure psychanalytique, elle acquiert une profonde connaissance des théories psychanalytiques. Elle rédigera même un essai en 1990, intitulé "Freud's Toy".
La vérité est que Freud n'a rien fait pour les artistes, ni pour le problème de l'artiste, le tourment de l'artiste, être artiste implique une certaine souffrance. C'est pourquoi les artistes se répètent, parce qu'ils n'ont pas accès à un remèdenote.
Entre art et psychanalyse
En 1982, Louise Bourgeois publie dans le magazine d'art américain Artforum un récit illustré de photographies de son enfance, intitulé "Child's Abuse", présentant une esthétique proche des revues surréalistes des années 1930. Ce texte évoque un épisode qui devient fondamental dans la critique entourant Louise Bourgeois : durant son adolescence, Sadie Gordon Richmond, son enseignante privée d'anglais, devient la maîtresse de son père.
Richmond vit pendant dix ans dans la maison familiale, tandis que la mère ferme les yeux sur cette relation. Ce n'est qu'à partir des années 1980 que les interprétations à la fois biographiques et psychanalytiques orientent profondément la lecture de l'œuvre de Louise Bourgeois, qui elle-même aborde son travail sur le modèle de l'association libre.
Son exploration de la gravure
Bourgeois s'intéresse à la gravure à deux moments clés de sa carrière artistique : dans les années 1930 et 1940 à son arrivée à New York, puis à partir de ses soixante-dix ans, lorsque son travail commence à être reconnu. Après une pause consacrée à la sculpture, elle reprend la gravure encouragée par des maisons d'édition spécialisées. Elle installe à nouveau sa vieille presse et en ajoute une deuxième, collaborant avec d'autres graveurs chez elle. Cette période active dans le domaine de la gravure dure jusqu'à la fin de sa vie, au cours de laquelle elle crée environ 1 500 estampes au total.
En 1990, elle décide de faire don des archives de son œuvre gravé au Museum of Modern Art (MoMA), qui lance en 2013 un catalogue raisonné en ligne de ses gravures. Ce catalogue met en lumière le processus créatif de l'artiste et contextualise ses estampes dans le cadre de sa production artistique globale, en intégrant des œuvres associées sur d'autres supports mais traitant de thèmes similaires. En 2014-2015, le MoMA organise la première exposition dédiée aux gravures de Bourgeois, intitulée "The Prints of Louise Bourgeois".
Dans le cadre d'une commande publique en 1997, elle réalise pour la Chalcographie du Louvre une gravure au burin, pointe sèche, eau-forte et aquatinte intitulée "Lacs de Montagne".
Vidéo.- The Story of: Louise Bourgeois VOST
Entre les années 1960 et 1982, Louise Bourgeois apporte son soutien à de jeunes artistes femmes et participe à des expositions militantes du mouvement d'art féministe organisées par le Mouvement de libération des femmes (MLF). Cependant, elle ne se considère pas comme féministe. Sa dernière installation majeure, le Mémorial de Steilneset, rend hommage aux femmes persécutées et exécutées lors des procès des sorcières de Vardø en Norvège.
Je suis une femme, donc je n'ai pas besoin d'être féministe.
Vidéo.- L'araignée de Louise Bourgeois
Ses récompenses
En 1999 : Lion d'or de la Biennale de Venise pour l'ensemble de son œuvre.
En 2009 : elle reçoit par le National Women's Hall of Fame, ainsi que neuf citoyennes américaines, pour avoir marqué l'histoire des États-Unis.
La même année, à New York, Louise Bourgeois reçoit une distinction spéciale du Collège de 'Pataphysique de l'ordre de la Grande Gidouille, présentée par Fernando Arrabal, qui la nomme « Commandeur exquis ».
Quelle est la cause de sa disparition ?
Elle est décédée le 31 mai 2010 dans le centre médical Beth Israel situé à New York, deux jours après avoir eu une attaque cardiaque. Elle avait 98 ans.
Où se trouve l'araignée de Louise Bourgeois ?
L'une des araignées emblématiques de Louise Bourgeois, intitulée "Maman", est une sculpture monumentale en bronze, acier et marbre. Elle est exposée dans divers lieux à travers le monde, notamment au musée d'Art moderne de New York (MoMA), à la Tate Modern à Londres, au musée Guggenheim à Bilbao, et dans d'autres musées et institutions artistiques prestigieuses.
Plusieurs hommages pour l'artiste
En 1972 : Louise Bourgeois est incluse dans la partie centrale de "Some Living American Women Artists", un collage féministe réalisé par Mary Beth Edelson.
En 2011 : la rue Louise-Bourgeois est officiellement créée dans le 13e arrondissement de Paris.
Une résidence universitaire du CROUS de Versailles située à Antony porte également son nom : la résidence Louise Bourgeois.
Le 7 octobre 2016 : le conseil municipal de Nantes décide d'attribuer son nom à l'une des allées desservant la future École supérieure des beaux-arts sur l'île de Nantes.
Le 15 mars 2019 : l'université Bordeaux-Montaigne renomme un amphithéâtre en son honneur.
Une rue à Saint-Malo, dans le quartier de Château-Malo, porte également son nom.
Par ailleurs, pour son dixième album, le rappeur Kanye West utilise une peinture issue de la série "Les têtes bleues et les femmes rouges" de Bourgeois pour la couverture de son album, intitulé en hommage à sa défunte mère : "Donda".
A lire aussi
Mort de la sculptrice Louise Bourgeois par Le Républicain Lorrain
Dans la tête tourmentée de Louise Bourgeois au Kunstmuseum de Bâle par L'Alsace
Louise et le fil du Soi par L'Est Républicain
Louise Bourgeois, une femme puissante par L'Alsace