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Jean-Claude Montredon, batteur martiniquais de génie, s’éteint à 75 ans après 58 ans de carrière
Jean-Claude Montredon, batteur martiniquais de génie, s’éteint à 75 ans après 58 ans de carrière
Le batteur de jazz Jean-Claude Montredon est mort le 7 avril 2025 à l’âge de 75 ans. Connu pour ses collaborations avec les plus grands musiciens antillais et internationaux.
Mis à jour le 09 avr. 2025
Né le 23 septembre 1949 à Fort-de-France, Jean-Claude Montredon grandit rue de la Batterie, prédestinée peut-être, tant les percussions deviennent vite son langage premier. Sa mère Clotilde, pilier affectif et moteur artistique, lui offre un poste à galène qu’il assemble seul. En captant Voice of America, il découvre le jazz, et c’est une révélation. Dès l’âge de 12 ans, il se lance dans la musique avec les congas, avant d’élargir sa palette aux bongos et aux timbales.
Premiers pas dans le monde musical
Son entrée dans le monde artistique passe aussi par l’aïkido, où il croise Francisco, un chanteur et passionné de musique, qui l’introduit à des figures marquantes de la culture martiniquaise comme Henri Guédon, Léon Sainte-Rose ou encore Eugène Mona. Ce cercle artistique sera déterminant. Montredon intègre bientôt l’orchestre Tropicana où il rencontre Marius Cultier, véritable mentor. C’est ce dernier qui l’incite à s’essayer à la batterie, malgré sa gaucherie, et l’emmène en tournée à Montréal en 1967 pour l’Exposition universelle.
Vidéo.- Trypod au babilo solo de Jean claude Montredon
En sa mémoire
4 hommages
Pour rendre hommage à Monsieur Jean-Claude MONTREDON, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageQue sait-on des circonstances de sa mort ?
Jean-Claude Montredon est décédé à Paris dans un hôpital, des suites d’une longue maladie. Sa famille a confirmé l’information le lundi 7 avril 2025. Il avait 75 ans. Bien qu’il se soit fait discret ces dernières années, ses proches assurent qu’il continuait à suivre l’actualité musicale avec attention. Sa disparition laisse un grand vide dans le cœur de ceux qui l’ont connu, accompagné, ou simplement écouté.
Un style, une discipline, une exigence
Installé un temps au Canada, Montredon perfectionne son jeu avec une méthode peu commune : il s'entraîne huit heures par jour dans le noir, développant une gestuelle précise et un style très personnel, jouant uniquement avec le pouce et l’index. Cette rigueur, ce souci du détail feront de lui un sideman recherché. Il joue avec les plus grands noms du jazz et des musiques afro-caribéennes : Chris McGregor, Archie Shepp, Gonzalo Rubalcaba, Monty Alexander, Randy Weston… mais aussi Alain Jean-Marie, Mario Canonge ou encore Eddy Louis.
Vidéo.- J-C Montredon Quintet "Diamond H20" live from April 19 to New Morning
« Diamant H2o », un album unique
Ce n’est qu’en 2017, après 50 ans de carrière, que Jean-Claude Montredon signe son seul album solo, Diamant H2o. Un hommage au Rocher du Diamant et à ses racines martiniquaises, cette œuvre fusionne biguine, mazurka, jazz et funk sur 18 titres. Il s’entoure de musiciens talentueux comme Alain Jean-Marie au piano, Stéphane Belmondo à la trompette, Michel Alibo à la basse, ou encore Jon Handelsman au saxophone. L’album est salué par la critique et diffusé sur des antennes prestigieuses comme FIP, Radio France et RFI.
Un héritage précieux
Jean-Claude Montredon était reconnu pour sa discrétion, sa précision, sa fidélité au jazz et son amour indéfectible des rythmes caribéens. Il a consacré sa vie à la transmission et à l’accompagnement, laissant son empreinte dans de multiples projets collectifs plutôt que dans la lumière. La Martinique perd un ambassadeur musical, un travailleur de l’ombre dont le jeu faisait résonner l’âme de son île à travers le monde.