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L'artiste français Adolphe Cieslarczyk n'est plus
L'artiste français Adolphe Cieslarczyk n'est plus
Le peintre, sculpteur et graveur Adolphe Cieslarczyk, est décédé le 25 février 2024 à Tournon-d'Agenais en France. Il avait 108 ans.
Marthe Hudrisier-Cieslarczyk, Public domain, via Wikimedia Commons
Mis à jour le 13 févr. 2025
Adolphe Cieslarczyk est né le 13 février 1916 à Düsseldorf, en Allemagne.
Après que la Pologne a retrouvé son indépendance, sa famille déménage près de Poznań. En 1923, des revers de fortune les conduisent à émigrer en France, où ils s'installent à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) et deviennent citoyens français en 1932.
Son chemin artistique
Travaillant de nuit dans une usine métallurgique en tant qu'ajusteur-fraiseur, Adolphe Cieslarczyk intègre l’École des Beaux-Arts de Nancy de 1934 à 1937, sous la direction de Victor Prouvé. La guerre éclate en 1939, l'obligeant à abandonner ses études artistiques. En 1941, pendant l'occupation, l'usine où il travaille se replie à Fumel, dans le Lot-et-Garonne, où il crée une famille avec Marthe Hudrisier. Cette dernière l'accompagne dans sa recherche artistique, facilitant ses contacts avec les galeries, les collectionneurs et les musées.
À partir de 1992, la maladie de sa femme le tient à distance du monde artistique. Au moment de son décès le 25 février 2024, il était le sixième homme le plus âgé de France, classé à la 100e place du classement des Français les plus âgés.
Adolphe Cieslarczyk et la peinture
À la fin des années 1940, sous l'influence des peintres Albert Gleizes et Jacques Villon, Adolphe Cieslarczyk fait évoluer sa peinture de la figuration vers l'abstraction. Il devient un participant régulier du Salon des Réalités Nouvelles à partir de 1951, tissant des liens d'amitié avec des artistes de tendance géométrique et construite, tels que Herbin et Folmer, ainsi que des membres de la Nouvelle École de Paris comme Maria Manton et Louis Nallard.
Dans les années 1950, sa rencontre avec le peintre Roger Bissière, voisin dans le Lot, donne lieu à une amitié artistique qui se poursuit avec son fils, Louttre.B. À partir des années 1970, Cieslarczyk intègre des sables ferrugineux de son environnement dans sa pratique artistique, exploitant leur texture et leurs nuances de couleur.
Entre sculpture, plexiglas et esthétique constructiviste
Au milieu des années 1960, il est déjà reconnu dans le domaine de la sculpture depuis une décennie, comme en témoigne sa présence dans La sculpture de ce siècle de Michel Seuphor en 1959. Dès 1954, il explore le plexiglas de manière avant-gardiste, utilisant ses surfaces colorées dans des installations architecturales qui exploitent la transparence du matériau. Cette démarche le lie à l'esthétique constructiviste, ce qui lui vaut une exposition personnelle chez Colette Allendy en 1956.
En 1961, il rejoint le Groupe Mesure, aussi connu sous le nom de « Groupe expérimental de recherches plastiques formelles-art géométrique », aux côtés d'autres artistes tels que Leo Breuer, Marcelle Cahn et Aurélie Nemours. Ensemble, ils participent à diverses expositions en France et en Allemagne jusqu'au milieu des années 1960, où l'abstraction géométrique est mieux accueillie.
Depuis les années 1950, Cieslarczyk sculpte également le bois, en particulier l'iroko et l'acajou, et il continue à travailler ces matériaux jusqu'aux années 2000, ajoutant parfois des pigments bleus aux veines des bois exotiques.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Adolphe CIESLARCZYK, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageOù et quand est décédé Adolphe Cieslarczyk
? Il est décédé le 25 février 2024 à Tournon-d’Agenais, basé dans le Lot-et-Garonne.
À quel âge est-il mort ?
Il s'est éteint à l'âge de 108 ans.
L'évolution sculpturale d'Adolphe Cieslarczyk
Dans les années 1970, Adolphe Cieslarczyk explore le travail du fer et utilise la technique de la soudure à l'arc pour ses sculptures. Il découpe, assemble et travaille des métaux de récupération provenant d'une entreprise de dragage du Lot, ainsi que des rebuts d'acier de l'usine métallurgique où il travaille. Les cicatrices rugueuses laissées par la soudure ajoutent une texture intéressante aux surfaces métalliques adoucies par l'érosion.
Utilisant également la tôle, Cieslarczyk crée des sculptures à partir de découpes et de pliages uniques, parfois agrémentées de petites soudures. Dans ses œuvres telles que Rythmo stabile et la sculpture du Lycée de Fumel, la soudure est utilisée pour assembler des formes géométriques.
À partir du milieu des années 1980, l'artiste expérimente avec la poutrelle d’acier IPN, introduisant une nouvelle dimension à son travail sculptural. La soudure devient plus discrète, privilégiant souvent un système de clavetage qui permet de démonter la sculpture. Des inclusions de plexiglas, parfois colorées, viennent enrichir ces sculptures, souvent rehaussées de patines.
Exploration artistique
Dans les années 1960, Adolphe Cieslarczyk renoue avec la gravure, qu'il n'avait pas pratiquée depuis ses années aux Beaux-Arts. Il adopte la linogravure, une technique qu'il enrichit en introduisant la couleur dès le départ. Au début des années 1970, il innove en intégrant la soudure à l'arc dans le processus de gravure, remplaçant progressivement le linoléum par de l'acier.
Ses œuvres sont exposées à la galerie La Nouvelle Gravure à Paris. Par la suite, jusqu'à la fin des années 1980, il expérimente en combinant des effets de soudure à l'arc avec la technique de l'eau-forte, créant ainsi une approche originale de la gravure. Durant cette période, il produit régulièrement des éditions de ses gravures pour Jacqueline de Champvallins.