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Raymond-Émile Waydelich est mort : la fin d'un voyage artistique singulier
Raymond-Émile Waydelich est mort : la fin d'un voyage artistique singulier
Raymond-Émile Waydelich est décédé le 9 août 2024 à l'hôpital de Strasbourg. Il avait 85 ans. C'était un artiste contemporain français connu pour ses œuvres mêlant peinture, sculpture et objets trouvés, souvent imprégnées d'humour et de poésie. Il créait des récits fictifs autour de personnages comme Lydie Fischer, une archéologue imaginaire qui découvrait ses œuvres dans le futur. Son travail explore la mémoire, le temps et l'identité, brouillant les frontières entre réalité et fiction.
Mis à jour le 21 juil. 2025
Raymond-Émile Waydelich est né le 14 septembre 1938 à Strasbourg (Bas-Rhin). Il est décédé dans sa ville natale le 9 août 2024. Artiste plasticien renommé, il est reconnu pour son travail mêlant peinture, sculpture et objets trouvés. Il a marqué la scène artistique contemporaine par son approche originale et poétique.
Les débuts de l'artiste
Formé à l’école des Arts Décoratifs, Raymond-Émile Waydelich développe dès les années 60 le concept d'« archéologie du futur », inspiré par les exploits de Heinrich Schliemann. Cette approche innovante lui permet de présenter son installation L’Homme de Frédenhof à la Biennale de Venise en 1978, une première pour un artiste alsacien depuis Jean Arp en 1954. Son travail propose une fiction de post-catastrophe nucléaire, alliant narration et exploration mythologique, c'est alors que Le Caveau du Futur voit le jour.
Entre art futuriste et capsules temporelles
Son œuvre explore la « mémoire du futur », en se concentrant sur la transformation et la préservation des objets à travers le temps, comme en témoigne son Caveau du Futur près de la cathédrale de Strasbourg, scellé pour être ouvert en 3790.
Le Caveau du Futur est une capsule temporelle enfouie le 2 septembre 1995 sous le parvis de la cathédrale de Strasbourg. Il est scellée pour être ouvert en l'an 3790. Cette capsule contient des milliers de messages de la population destinés aux archéologues futurs ainqi que des objets du quotidien (préservatifs, coca-cola, saucisse à tartiné, ...), des artéfactes culturels, des documents officiels comme la convention européenne des droits de l'Homme et des oeuvres d'art. Raymond-Émile Waydelich, l'initiateur du projet, s'inspire de ses explorations de la mémoire et du temps, thème central de son roman de science-fiction Mutarotnegra (ou Argentoratum à l’envers). Le roman, rare et allégorique, traite de l'archéologie du futur et de la civilisation post-Grande Irradiation et Grande Immersion, avec des personnages comme le capitaine Imot Reregnu et des lieux imaginaires tels que la zone de Grubierf.
En sa mémoire
15 hommages
Pour rendre hommage à Monsieur Raymond-Emile WAYDELICH, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageVidéo.- "Le Point de la Convergence" à Strasbourg
Lydia Jacob : l'univers onirique et poétique de Raymond Waydelich
Une autre facette de l'œuvre de Raymond Waydelich est inspirée par Lydia Jacob, une couturière du XIXe siècle, dont il a acquis un carnet de croquis en 1973 chez un bouquiniste. Ses œuvres, qui incluent peinture, sculpture, collages et gravures, évoquent la vie imaginaire de Lydia Jacob à travers des hommages, des marques, des lieux et des voyages fictifs. Elles sont souvent peuplées de créatures fantastiques mi-animales, mi-humaines, avec une touche poétique, humoristique et onirique.
Vidéo.- Raymond E. Waydelich est passé sous l’œil aiguisé d’Olivier Stéphane dans l’émission route 67
Un autre pan de son œuvre : la sculpture
Sous la conduite de son agent Christophe Fleurov, Raymond Waydelich, avec le maquettiste Egbert Brœrken, a réalisé la sculpture Le Point de Convergence, inaugurée le 27 octobre 2012 sur la place d'Austerlitz à Strasbourg. Il a également participé à l'inauguration, le 19 décembre 2015, d'une maquette en bronze de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg sur la place du Château, marquant le millénaire des fondations de la cathédrale. Christophe Fleurov a souligné dans son discours que cette œuvre faisait écho au Caveau du Futur inauguré 20 ans plus tôt sur la même place.
Vidéo.- Raymond-Émile Waydelich, graveur masqué
Distinctions
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres : il est promu au grade de commandeur le 9 juillet 2013.
Chevalier de la Légion d'honneur 14 juillet 2019
Vidéo.- Prix Europe 2022 : Raymond Waydelich
Un hommage de son vivant
Au printemps 2017, Offenbourg a rendu un hommage à Raymond-Émile Waydelich avec une rétrospective de plus de 150 œuvres, un hommage que Strasbourg, sa ville natale, n’avait pas su lui offrir. L’exposition, tenue à la Städtlische Galerie et au Kunst-verein, présentait un large éventail de ses créations : sculptures, assemblages, gravures, dessins, peintures, collages, photographies, céramiques et acier découpé. Waydelich, ravi, avait joyeusement commenté son travail, démontrant sa maîtrise des techniques et sa fascination pour les mythologies et les voyages dans le temps. Offenbourg a ainsi réussi à offrir une évocation complète de son œuvre, ancrée dans une poésie épique de la mémoire.
Des obsèques originales
Raymond-Émile Waydelich, artiste très admiré pour sa créativité débordante, a reçu un hommage émouvant lors de ses obsèques de Frédérique Goerig-Hergott, ancienne conservatrice au musée Unterlinden de Colmar. Elle a salué son concept d'« archéologie du futur » et exprimé l'espoir que l'Alsace lui dédiera un musée. Le cercueil de Waydelich était décoré de plaques d'ardoise sur lesquelles les personnes présentes ont laissé des messages créatifs, tandis que des fleurs, des mots, une figurine de sanglier et, bien sûr, une saucisse à tartiner, ornaient l'entourage.
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