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Le grand prix national des lettres et peintre, Henri Michaux
Le grand prix national des lettres et peintre, Henri Michaux
Le grand poète et peintre, Henri Michaux, est mort à l'âge de 85 ans dans la capitale française, ce 19 octobre 1984.
Mis à jour le 19 oct. 2023
Henri Michaux, de son vrai nom nom Henri Eugène Marie Michaux, est né le 24 mai 1899 à Namur. Henri Michaux, passera la plupart de son enfance à Bruxelles. Il éturie au collège Saint-Michel à Bruxelle au coté de Norge, Herman Closson et Camille Goemans.
Henri Michaux : De la médecine à l'écriture
Durant sa jeunesse, il est très influencé par les écrivains russes Tolstoï et Dostoïevski sans pour autant écrire ses propres livres. C'est lorsqu'il découvre Lautréamont après avoir abandonné les études de médecine et fait des petits boulots qu'il se met sérieusement à l'écriture. Il collabore alors avec la revue Le Disque Vert qui fera paraître ses premiers écrits (Les Rêves et la Jambe, « Notre frère Charlie », « Réflexions qui ne sont pas étrangères à Freud »...) en 1922.
En 1924, il décide de laisser la Belgique derrière lui pour emménager à Paris. Il lui faudra très peu de temps pour s'intégrer, car il fera la découverte d'un nouvel ami, le poète Jules Supervielle. Il suivra son nouvel ami jusqu'en Uruguay afin de découvrir sa terre natale. Il profitera de ce voyage en Amérique latine pour faire un petit arrêt en Argentine, un voyage qui sera riche en rencontres car il se liera d'amitié avec la femme de lettres Susana Soca et Victoria Ocampo.
Extrait des oeuvres écrites de Henri Michaux
Les Rêves et la Jambe, 1923
Qui je fus, 1927
Ecuador, 1929
Un barbare en Asie, 1933
La nuit remue, 1935
Voyage en Grande Garabagne, 1936
Au pays de la Magie, 1941
Épreuves, Exorcismes, 1940-1944
Ici, Poddema, 1946
Ailleurs, 1948
De retour à Paris, il continue d'élargir son cercle d'amis car il fera la rencontre d'artistes comme Brassaï, Claude Cahun et Jean Paulhan. Il travaillera pendant la même période pour le comité de rédaction d'Hermès. Pendant quelques années, il s'intéresse au pouvoir des drogues et écrit 'Misérable miracle' et 'Connaissance par les gouffres', suite à des prises de mescaline et d'hallucinogènes.
En 1948, sa femme Marie-Louise Termet disparaît de façon tragique. Le poète brisé nous livre une touchante poèsie « Nous deux encore », qui temoigne de sa souffrance face à cette perte.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Henri MICHAUX, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageL'influence de la mescaline sur son imaginaire
Henri Michaux s'est mis à peindre seul sans formation dans les années 1925, et il exposera ses œuvres bien des années plus tard en 1937. Grâce à ses expérimentations de la mescaline, en compagnie de Jean Paulhan, Edith Boissonnas et parfois un médecin, il parvient pendant ces expérimentations à conjuguer l'écriture et le dessin. Il documentera également chacune de ses prises de mescaline afin de montrer l'influence des psychotropes sur l'esprit créatif.
Extrait des oeuvres écrites de Henri Michaux
Mouvements (recueil), Librairie Gallimard, Paris, 1952
Misérable Miracle (La mescaline), 1956
L'Infini turbulent, 1957
Paix dans les brisements, 1959 Plume, 1960
Poteaux d'angle, 1971
En rêvant à partir de peintures énigmatiques, Fata Morgana, 1972
Bras cassé, Fata Morgana, 1973
Paul Klee, Fata Morgana, 2012 (posthume)
Il réalisera également un film éducatif avec Eric Duviver, produit par le département cinéma de Sandoz, une entreprise pharmaceutique, pour démontrer les effets hallucinogènes de la mescaline et du haschich. Ses prises de sustances, l'on amené à s'interresser plus à la psycatrie, ce qui influencera beaucoup son écriture qui sera parfois qualifié de « scientifique »
Un poète à contre courant de ses compères contemporains
Henri Michaux était un poète plutôt en retrait de la scène littéraire. Il ne souhaitait pas médiatiser son art et rejetait donc en bloc toutes sollicitations des médias. Les portraits photographiques de lui sont rares, mais en 1966, lors d'un numéro spécial de L'Herne à son sujet, il a exceptionnellement accepté la parution de quatre tirages le représentant.
Henri Michaux va même jusqu'à critiquer son collègue André Breton, qui appartenant pourtant lui aussi au mouvement du surréalisme, partage une vision différente du surréalisme.
« Procédé : Prenez une large superficie de papier, demeurez assis plutôt que debout, plutôt couché qu'assis, voire encore ensommeillé, indifférent à tout, à tout sujet, à tout but, sauf à mettre en mots immédiatement le contenu apparent de votre imagination », paru dans Le disque Vert « surréalisme ».
Lecture d'un poème d'Henri Michaux
C'est le 19 octobre 1984 que celui qui a vu mourir sa femme et ses proches est parti les rejoindre, alors âgé de 85 ans. Henri Michaux était considéré comme un artiste fuyant les médias mais ouvert à la découverte de nouveaux peuples. Quelques années plus tard, le compositeur José Evangelista reprend les textes des poèmes pour créer « Plume : pour soprano et violoncelle », lui qui considérait la musique comme « plénitude facile, commode, qui masque pour un temps le vide de [la vie des hommes] ».
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