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Henri Matisse s'éteint : le monde de l’art en deuil d’un maître du fauvisme
Henri Matisse s'éteint : le monde de l’art en deuil d’un maître du fauvisme
Henri Matisse, né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis et décédé le 3 novembre 1954 à Nice, laisse derrière lui un héritage artistique monumental. Maître du fauvisme et figure incontournable de l’art moderne, il a révolutionné la peinture par son usage audacieux de la couleur et ses formes épurées. Son influence se fait sentir bien au-delà de son époque, marquant aussi bien les artistes figuratifs qu’abstraits qui s’inspireront de sa quête de synthèse et de simplification.
Mis à jour le 16 oct. 2024
Henri Matisse naît le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis, dans une famille de commerçants et de tisserands. En 1871, après la guerre franco-allemande, sa famille s’installe à Bohain-en-Vermandois, où il grandit et découvre son attrait pour la couleur, influencé notamment par sa mère, peintre amatrice.
Les débuts prometteurs de Matisse dans le monde de l'art
En 1896, Henri Matisse expose au Salon des Cent et à la Société nationale des beaux-arts, où il devient membre associé grâce à Pierre Puvis de Chavannes. Cette reconnaissance lui permet d'exposer librement. La même année, à Belle-Île-en-Mer, il rencontre John Peter Russell, qui le met en contact avec Rodin et Pissarro. En 1897, il découvre l’impressionnisme au musée du Luxembourg, bien qu’il soit encore attaché à un style classique de natures mortes. Pour subvenir à ses besoins, il travaille comme peintre décorateur avec son ami Albert Marquet.
Vie de famille et premières influences artistiques
Matisse devient père en 1894 avec la naissance de sa fille Marguerite, issue de sa relation avec Caroline Joblaud. Après son mariage avec Amélie Parayre en 1898, le couple a deux fils, Jean (1899) et Pierre (1900). Ils élèvent ensemble les trois enfants et s'installent en Corse, où Matisse peint de nombreuses toiles inspirées de Turner. Il découvre aussi le néo-impressionnisme à travers le traité de Paul Signac. À partir de 1900, il se forme à la sculpture et rencontre des artistes comme André Derain et Maurice de Vlaminck. En 1904, il expose pour la première fois seul, avec le soutien du marchand Ambroise Vollard, et achète Les Trois Baigneuses de Cézanne, une œuvre qu’il chérira toute sa vie.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Henri MATISSE, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageMatisse et la naissance du fauvisme
En 1905, Matisse séjourne à Collioure avec André Derain et participe au Salon d'automne. Les œuvres exposées avec celles de Marquet, Vlaminck et Van Dongen provoquent un scandale par leurs couleurs vives et audacieuses. Le critique Louis Vauxcelles qualifie cette salle de « Donatello chez les fauves », donnant ainsi naissance au terme « fauvisme », rapidement adopté par les artistes. Ce succès marque un tournant pour Matisse, lui assurant une reconnaissance artistique et une stabilité financière, faisant de lui le chef de file du mouvement fauve.
Matisse, entre rencontres et reconnaissance
Dès 1906, Matisse fréquente Picasso et les collectionneurs Stein, fonde une académie à Paris et voyage en Afrique du Nord, influençant son style. Commandé par Chtchoukine, La Danse marque un tournant majeur. Pendant la Première Guerre mondiale, il poursuit son œuvre avant de s’installer à Nice. Devenu une figure de l’art moderne, il expose à l’international et renforce sa renommée à travers collaborations et rétrospectives.
Que lui est-il arrivé ?
Henri Matisse est décédé le 3 novembre 1954 à Nice, après avoir dessiné une dernière fois le portrait de Lydia Délectorskaya la veille de sa mort. Il conclut ce dernier dessin par un « Ça ira ! », une phrase qui pourrait être interprétée comme ses dernières paroles. Matisse a été enterré au cimetière de Cimiez, à Nice, où il avait vécu et travaillé pendant de nombreuses années.
Matisse pendant la guerre : art et épreuves personnelles
En 1939, Matisse se sépare de sa femme et, malgré des problèmes de santé graves, continue à créer à Nice, où il expérimente les gouaches découpées. Pendant la guerre, il devient un symbole de résistance artistique. En 1944, sa fille Marguerite est arrêtée, torturée, puis libérée après plusieurs mois de captivité. Profondément marqué, Matisse réalise de nombreux portraits d’elle. Malgré ces épreuves, il maintient son activité artistique, nouant des liens épistolaires avec André Rouveyre et explorant de nouvelles formes d’expression, notamment à travers la série Jazz.
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