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Jean-Jacques Servan-Schreiber : la disparition d'un pionnier du journalisme

Jean-Jacques Servan-Schreiber, ou JJSS, né le 13 février 1924 à Paris et décédé le 7 novembre 2006 à Fécamp, a profondément influencé le paysage intellectuel et politique français. Journaliste, essayiste et homme politique, il a marqué son époque par son engagement et ses réflexions incisives, laissant un héritage durable dans le débat public. 

Jean-jacques Servan Schreiber 1968

Jean-jacques Servan Schreiber 1968

Mis à jour le 08 oct. 2024

Jean-Jacques Servan-Schreiber, né en 1924, est le fils d'Émile Servan-Schreiber, codirecteur des Échos, et de Denise Brésard, maire de Veulettes-sur-Mer. Enfant doué et travailleur, il bénéficie de l'attention de sa mère et, dès son adolescence, accompagne son père à des réunions où il croise des personnalités influentes, comme le ministre Raoul Dautry.

Jean-Jacques Servan-Schreiber : un parcours d'engagement et de passion

Jean-Jacques Servan-Schreiber, reçu à l'école polytechnique en 1943, rejoint de Gaulle avec son père et se forme comme pilote de chasse en Alabama, obtenant son brevet en avril 1945 sans participer à des combats. Dans son livre Le Huron de la famille, son cousin ironise sur son choix de formation, qu'il justifie par une peur de mourir dans un char. Après avoir terminé polytechnique, il ne devient jamais ingénieur et tente une aventure infructueuse au Brésil en 1948. Passionné de sciences et de politique, il se tourne vers l'écriture, devient éditorialiste au Monde à 25 ans, et se spécialise dans l'analyse de la guerre froide grâce à sa connaissance des États-Unis.

Pilier de la décolonisation et fondateur d'un journal innovant

Convaincu de l'inévitabilité de la décolonisation, Jean-Jacques Servan-Schreiber signe des articles sur le conflit indochinois, ce qui le mène à rencontrer Pierre Mendès France, qu'il considère comme l'espoir d'un renouveau politique. En 1953, il cofonde L'Express avec Françoise Giroud, transformant un supplément des Échos en un journal indépendant visant à promouvoir les idées de Mendès France. Malgré des débuts difficiles, le journal devient influent, attirant des écrivains tels qu'Albert Camus et Jean-Paul Sartre.

La notoriété de L'Express dépasse les frontières françaises, attirant même l'attention de John Fitzgerald Kennedy. Cependant, le retour de de Gaulle en 1958 affaiblit le journal, et JJSS traverse des turbulences personnelles. En 1964, il transforme L'Express en news magazine, adoptant un modèle nord-américain, ce qui relance son succès et reflète les évolutions sociétales françaises.

En sa mémoire

Pour rendre hommage à Monsieur Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.

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Ses œuvres marquantes

1. Lieutenant en Algérie (1957) - Un témoignage poignant sur son expérience militaire durant la guerre d'Algérie, qui soulève des questions morales sur le conflit.

2. Le Défi américain (1967) - Une analyse des enjeux politiques et économiques entre la France et les États-Unis, plaidant pour une nouvelle orientation de la politique française.

3. Le Réveil de la France (1968) - Un appel à la modernisation et à la réforme en France, illustrant son engagement pour un avenir progressiste.

Jean-Jacques Servan Schreiber

Jean-Jacques Servan Schreiber

Un parcours politique audacieux

Jean-Jacques Servan-Schreiber débute sa carrière politique en 1962 avec une candidature aux législatives, mais est battu. Coauteur du Manifeste radical en 1970, il défend des causes progressistes au sein du Parti radical-socialiste, remportant une élection surprise à Nancy en 1970. Malgré sa réélection en 1973, son mandat est invalidé en 1978.

Brillant orateur, il s'oppose à l'État-UDR et devient brièvement ministre des réformes en 1974. Président du conseil régional de Lorraine, il vend L'Express en 1977, ce qui affaiblit son influence. En 1979, il met fin à sa carrière politique après une défaite aux élections européennes, laissant sa situation financière précaire.

Jean-Jacques Servan-Schreiber : un penseur engagé jusqu'à la fin

En 1980, Jean-Jacques Servan-Schreiber publie Le Défi mondial, qui explore la géopolitique contemporaine et le développement technologique. Il persuade Mitterrand de créer le Centre mondial informatique et ressource humaine, mais celui-ci est fermé en 1986 pour inefficacité.

Après un séjour à Carnegie-Mellon aux États-Unis, il écrit deux tomes de mémoires. Atteint d'une dégénérescence neurologique, il cesse ses activités en 1996, mais assiste à la diffusion d'un documentaire en 2001.

Plaque allée Jean-Jacques Servan Schreiber
Plaque allée Jean-Jacques Servan Schreiber

De quoi est-il mort  ?

Jean-Jacques Servan-Schreiber est décédé des suites d'une dégénérescence neurologique qui affectait sa mémoire. Cette condition a progressivement limité ses capacités, le conduisant à abandonner ses activités publiques et professionnelles. Inhumé à Veulettes-sur-Mer, il laisse un héritage à ses fils, dont David, spécialisé en neuropsychologie.

La descendance engagée de Jean-Jacques Servan-Schreiber

Jean-Jacques Servan-Schreiber est le père de quatre fils, chacun ayant trouvé sa voie dans des domaines variés. David Servan-Schreiber est médecin et auteur de best-sellers, dont Guérir et Anticancer. Édouard, directeur d'un institut d'études, apparaît dans Conversations impudiques avec Madeleine Chapsal. Franklin, spécialiste des nouvelles technologies, a été directeur de la communication du CIO, tandis qu'Émile se concentre sur les marchés de l'information et a fondé un site basé sur l'intelligence collective. Il est également cousin de Jean-Claude Servan-Schreiber, homme politique.

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