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L'artiste franco-américaine Niki De Saint Phalle est décédée
L'artiste franco-américaine Niki De Saint Phalle est décédée
Niki de Saint Phalle était connue pour ses sculptures monumentales colorées et ludiques, ainsi que pour ses performances artistiques audacieuses, notamment ses célèbres "Tirs" où elle utilisait des armes à feu pour créer des œuvres d'art. Elle est décédée le 21 mai 2002 à La Jolla aux Etats-Unis, à l'âge de 71 ans.
Jack de Nijs pour Anefo / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons
Mis à jour le 11 avr. 2025
Catherine de Saint-Phalle, dite Niki de Saint Phalle, est née à Neuilly-sur-Seine le 29 octobre 1930. Elle a débuté comme mannequin et mère de famille avant de se lancer en autodidacte dans l'art. Sans formation académique, elle s'est enrichie de nombreux échanges artistiques avec ses contemporains. Inspirée par divers courants tels que l'art brut et l'art outsider, elle commence à peindre en 1952.
En 1961, elle rejoint le groupe des Nouveaux Réalistes. Après un premier mariage avec Harry Mathews, avec qui elle a deux enfants, elle épouse l'artiste suisse Jean Tinguely en 1971. Ensemble, ils réalisent de nombreuses sculptures-architectures, parfois sur commande, comme la fontaine Stravinsky en France, ou pour leur plaisir, comme Le Cyclop, une œuvre de Jean construite sans permis.
Ses œuvres monumentales et son héritage artistique
Célèbre dès les années 1960 pour ses performances Tirs, Niki de Saint Phalle a créé de nombreuses sculptures monumentales dans divers parcs. Certaines, comme le jardin des Tarots en Toscane et le Queen Califia's Magical Circle en Californie, ont été réalisées de sa propre initiative et financées personnellement. D'autres ont été commandées par des institutions publiques. En 1971, la municipalité de Jérusalem lui commande Le Golem, une sculpture pour enfants inaugurée en 1972 dans le parc Rabinovitch. La Jerusalem Foundation lui commande en 1994 L'Arche de Noé pour le Zoo biblique, achevée en 1998. En 1987, François Mitterrand lui commande, avec Jean Tinguely, la fontaine de Château-Chinon.
Vidéo.- La folle devenue légende : La fabuleuse histoire de Niki de Saint-Phalle
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Madame Niki DE SAINT PHALLE, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageNiki de Saint Phalle a rapidement attiré l'attention des médias, mettant en lumière son œuvre et sa relation avec Jean Tinguely. Les historiens de l'art comme Camille Morineau, Pontus Hultén et Amelia Jones ont salué ses œuvres audacieuses et imposantes. Elle a légué une œuvre immense, faisant d'importantes donations, notamment au Sprengel Museum Hannover et au musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice. Elle a également œuvré pour la postérité de son compagnon en soutenant l'ouverture du musée Tinguely à Bâle.
Ses engagements et causes
Niki de Saint Phalle a soutenu plusieurs causes, notamment les droits des Noirs américains, la libération des femmes du patriarcat, et les personnes atteintes du sida. Elle s'est impliquée dans l'association AIDES et a réalisé un film sur le sujet avec son fils.
Vidéo.- Niki de Saint Phalle - Interview
Une révolution artistique et médiatique
Les performances Tirs de Niki de Saint Phalle ont débuté en 1961 à Paris, marquant le début d'un phénomène national après une émission de l'ORTF. Ces performances, où elle tirait sur des tableaux préparés, étaient une façon pour elle d'extérioriser ses démons intérieurs et de redonner vie à la Vanitas traditionnelle.
Associée aux Nouveaux Réalistes, elle est rapidement devenue une figure de proue de l'avant-garde à la télévision, utilisant habilement ce média pour promouvoir son travail. Malgré les discours misogynes qui tendaient à la réduire au statut de people, son art a finalement été reconnu comme un acte fondateur de l'expression artistique féminine engagée et militante.
Vidéo.- Niki de Saint Phalle | Klash ! L'art en acte | ARTE
Les Nanas : rébellion sculpturale et féministe
Niki de Saint Phalle poursuit son exploration artistique en créant les Nanas, des sculptures de femmes de taille monumentale. Parmi les plus célèbres figurent Gwendoline, inspirée par la grossesse d'une amie, et Elisabeth, évoquant la maternité de manière générale. Ces sculptures, exposées dans divers musées et lieux publics, dépassent les normes traditionnelles de l'art et représentent une rébellion contre les contraintes du marché de l'art et de la société bourgeoise.
Les Nanas sont non seulement des œuvres imposantes et dynamiques, mais elles ont également été intégrées dans un ballet de Roland Petit, intitulé "Éloge de la folie", où elles symbolisent la puissance et la liberté de la femme. En mettant en scène ces figures féminines, Niki de Saint Phalle dénonce la guerre, la drogue et promeut l'émancipation des femmes et des minorités.
L'histoire d'une sculpture controversée
Le toboggan ''Le Golem'' en forme de monstre à trois langues, situé dans le parc Rabinovitch à Jérusalem-Ouest, est maintenant familièrement appelé le « Parc du Monstre ». Commandée par la municipalité de Jérusalem en 1971 et inaugurée en 1972, cette sculpture a suscité des réactions mitigées au début, les parents la trouvant effrayante. Cependant, le maire de l'époque, Teddy Kollek, a résisté aux opposants, et finalement, les enfants ont adopté cette structure. Actuellement, il existe un comité de soutien pour sa réhabilitation et la préservation du parc.
Le Jardin des Tarots
Inspirée par des lieux emblématiques comme le Parc Güell de Gaudí à Barcelone et le Palais idéal du facteur Cheval, ainsi que par les étranges sculptures des Jardins de Bomarzo, Niki de Saint Phalle crée à Capalbio en Toscane, à partir de 1979, son propre jardin des Tarots. Ce jardin est un ensemble de sculptures monumentales inspirées par les figures du tarot divinatoire.
Ouvert en 1998, il offre aux visiteurs un espace où l'art et la nature se rencontrent de manière unique. Pendant la réalisation de ce projet, Niki de Saint Phalle a habité dans l'une des sculptures, L'Impératrice, démontrant ainsi son immersion totale dans son œuvre. Une maquette de cette sculpture a été créée par l'artiste en 1983.
Vidéo.- Niki de Saint Phalle : le Jardin des Tarots
La Grotte de Niki de Saint Phalle
Après la restauration de la grotte située au nord-ouest des jardins royaux de Herrenhausen à Hanovre, réalisée à l'occasion de l'Expo 2000, Niki de Saint Phalle a transformé l'intérieur de ce bâtiment en une œuvre d'art remarquable. Les travaux ont débuté en 1999 et ont été achevés de manière posthume en 2003, selon les plans de l'artiste. Baptisée "La Grotte" par Niki de Saint Phalle, cette œuvre a été inaugurée en mars 2003, en même temps que l'exposition de la donation de l'artiste au Sprengel Museum de Hanovre, où elle avait été nommée citoyenne d'honneur.
La grotte se compose de trois salles ornées de mosaïques : l'aile gauche est recouverte de miroirs blancs, l'aile droite de morceaux de verre bleu nuit et noir, et la pièce centrale, par laquelle on entre, est décorée de bandes de galets aux nuances variées, de miroirs parfois blancs, parfois dorés, et de verreries rouges, jaunes et oranges. Toutes les mosaïques sont agrémentées de figurines plastiques illustrant "La Vie de l'Homme". Des ornements en forme de spirales à l'entrée symbolisent la Spiritualité. La salle des miroirs blancs, dédiée au thème "Jour et Vie", présente plus de 40 figurines en relief représentant différentes périodes de l'artiste. L'aile bleue évoque "La Nuit et le Cosmos", avec des figurines féminines dansant dans un ciel bleu nuit et se mêlant aux étoiles. Les fenêtres et portes de la grotte sont des grilles incrustées de miroirs et de verreries.
Vidéo.- Niki de Saint Phalle - 10 infos insolites - Culture Prime
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely
Le couple formé par Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely a établi une dynamique créative unique dans le monde de l'art. Contrairement à de nombreux couples d'artistes où la femme joue souvent un rôle d'assistante, c'était l'inverse pour eux. À partir de 1972, lors de la réalisation du monument Le Golem à Jérusalem, Tinguely devient l'assistant de Niki, mettant en avant sa vision technique. Cette inversion de rôles s'est confirmée dans des projets ultérieurs tels que le jardin des Tarots en Toscane et la Fontaine Stravinsky à Paris. Ils ont également collaboré sur des projets monumentaux comme Hon/Elle en 1966 et Le Paradis fantastique en 1967, où les machines de Tinguely interagissaient avec les sculptures de Niki de Saint Phalle dans une œuvre collective impressionnante.
Vidéo.- Niki de Saint Phalle, l'atelier de l'artiste
Hommage à Jean Tinguely
Après le décès de Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle s'efforce de lui rendre hommage de diverses manières. Elle contribue à l'ouverture du Musée Tinguely de Bâle en 1996 en offrant des œuvres de Tinguely. De plus, elle crée trois "Tableaux éclatés" dédiés à Tinguely, utilisant des matériaux similaires à ceux qu'il affectionnait, surnommés "Méta Tinguely". Cette série, notamment les pièces Jean I, Jean II et Jean III, témoigne de son profond respect et de son attachement à son compagnon disparu.
De 1991 à 1996, elle s'investit activement dans la construction du Musée Tinguely de Bâle, malgré certaines oppositions. Elle fait don de nombreuses sculptures et œuvres graphiques de Tinguely pour enrichir la collection du musée. L'inauguration de ce musée, orchestrée par Pontus Hultén, marque un moment significatif dans la préservation de l'héritage artistique de Tinguely.
Son hommage à Tinguely se poursuit dans sa série de "Tableaux éclatés", réalisée en collaboration avec Larry Rivers, qui intègre des éléments électriques et électromécaniques évoquant l'esprit de l'artiste disparu. Álvaro Rodríguez Fominaya souligne que cette démarche témoigne du désir de Saint Phalle de perpétuer une relation artistique dynamique et unique, malgré les défis de la vie quotidienne, et de préserver l'héritage artistique exceptionnel laissé par leur relation sur cinq décennies.
Vidéo.- 3 oeuvres pour comprendre Niki de Saint Phalle
La conquête américaine de Niki de Saint Phalle
Les sculptures de Niki de Saint Phalle ont rapidement gagné en popularité auprès du public américain, surtout lorsqu'elles ont été exposées en plein air, comme Sun God. Cependant, son entrée dans le milieu majoritairement masculin des galeries et du marché de l'art pour ses tirs et assemblages a été plus difficile. Initialement, quelques collectionneurs américains ont montré de l'intérêt pour son travail, mais c'est grâce au soutien actif d'Alexandre Lolas, un galeriste d'origine grecque, qu'elle a pu percer dans le marché de l'art occidental et oriental. La galerie Everett Ellin de Los Angeles a également apporté son soutien, organisant même des séances de tir pour elle.
Lolas a joué un rôle crucial en attirant l'attention des grands collectionneurs américains sur ses œuvres, et pendant une décennie jusqu'à sa mort en 1987, il a travaillé à promouvoir le travail de Saint Phalle. Les Menil, conseillés par Lolas, sont devenus des amis proches du couple Saint Phalle-Tinguely. Dans les années 1990, des collectionneurs comme Howard et Jean Lipman ont acquis des œuvres de Saint Phalle, qu'ils ont ensuite offertes à des musées américains tels que le Whitney Museum of American Art et le Washington Hirshorn Museum. Cependant, malgré l'appréciation du public et des collectionneurs privés, les musées ont été plus réticents dans leurs acquisitions d'œuvres de Saint Phalle, qui sont entrées principalement par le biais de dons.
Quelle est la cause de sa disparition ?
Niki de Saint Phalle est décédée des suites d'une maladie pulmonaire chronique le 21 mai 2002 à La Jolla aux Etats-Unis, à l'âge de 71 ans.
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