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Le chanteur folk Graeme Allwright est parti
Le chanteur folk Graeme Allwright est parti
Le chanteur français d’origine néo-zélandaise Graeme Allwright, connu notamment pour avoir adapté de nombreuses chansons d’artistes folk américains en français, est décédé le 16 février 2020 à Couilly-Pont-aux-Dames, à l’âge de 93 ans.
Graeme Allwright. Photo Thesupermat, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Mis à jour le 10 févr. 2025
Né en Nouvelle-Zélande le 7 novembre 1926, dans une famille où le théâtre et la musique étaient importants. Il a passé son enfance dans un environnement familial chaleureux.
Adolescent, il développe une passion pour le théâtre. Grâce à une bourse, il quitte sa famille pour rejoindre la compagnie du théâtre Old Vic à Londres, où il rencontre Catherine Dasté, une comédienne française. Amoureux, il s'installe en France avec elle en 1948 et l'épouse en 1951. Ensemble, ils ont trois fils.
Allwright exerce divers métiers dans le domaine du théâtre, de la scène à la régie, ainsi que dans d'autres domaines tels que l'apiculture, l'animation pour enfants à l'hôpital, et l'enseignement de l'anglais et du théâtre. Il a également joué dans des pièces de Shakespeare et de Beaumarchais aux côtés de figures renommées du théâtre français.
Vidéo.- Les retrouvailles
La voix engagée de Graeme Allwright
Il n’entamera une carrière de chanteur qu’à près de 40 ans, avec un premier disque en français en 1965 baptisé "Le Trimardeur, adapté du "protest singer" Pete Seeger.
Son répertoire contestataire, antimilitariste et profondément humaniste résonne avec les aspirations de la jeunesse française de l’époque. "Petites Boîtes" (adaptation de Malvina Reynolds), "Jusqu’à la ceinture" (Pete Seeger), "Qui a tué Davy Moore?" (Bob Dylan), "Johnny (texte original) et surtout "Le jour de clarté" (Peter, Paul & Mary), son plus grand succès, deviennent des hymnes de mai 68.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Graeme ALLWRIGHT, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageVidéo.- Graeme Allwright - Qui a tué Davy Moore ? (1967)
Un artiste en marge du succès
Après avoir connu le succès, Graeme Allwright se sent effrayé par celui-ci et décide de s'éloigner de l'industrie du spectacle. Il refuse la relation traditionnelle entre l'artiste et son public, préférant mener une carrière en marge des médias. Engagé dans diverses causes, comme la lutte du Larzac et contre les essais nucléaires français, il est censuré et exprime son désaccord directement à Valéry Giscard d'Estaing dans sa chanson "Pacific blues".
Vidéo.- Pacific Blues (Live Olympia 73)
Dépassé par sa propre notoriété et craignant de perdre sa liberté sous la pression de l'industrie du divertissement, il préfère multiplier les voyages à l'étranger, en particulier en Éthiopie et en Inde, où il participe à des initiatives telles que la cité utopique d'Auroville.
En 1970, après ses premiers succès, il sort deux albums en anglais qui sont peu connus. L'un d'eux propose des musiques sur des textes de Shakespeare dans un style folk psychédélique, marquant un changement par rapport à sa période précédente.
En 1975, il s'installe à La Réunion pendant un an et demi, où il rencontre des artistes malgaches avec qui il collabore fréquemment par la suite.
Il se marie avec Claire Bataille, son agent artistique, et ils ont une fille ensemble. En 1978, il participe au festival du Printemps de Bourges.
Vidéo.- Graeme Allwright - Il faut que je m'en aille (1967)
Un voyage musical à travers les époques
Dans les années 1980, Graeme Allwright produit plusieurs albums mêlant des chansons folk avec des textes de poètes et penseurs tels que Maurice Cocagnac et Luis Porquet. Il participe activement au festival du Printemps de Bourges, notamment en 1980 où il monte sur scène avec Maxime Le Forestier pour soutenir l'association Partage pour les enfants du tiers monde. En 1985, il propose des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens.
Ses chansons, telles que "Les Retrouvailles", "Petit Garçon" et "Jusqu'à la ceinture", deviennent des classiques de la chanson française, bien que son nom reste parfois méconnu du grand public. Dans les années 2000, il intègre le jazz à son répertoire, puis continue à se produire sur scène, souvent accompagné de musiciens malgaches, Erik Manana et Dina Rakatomanga.
Vidéo.- Petit garçon
En 2005, il effectue une tournée en Nouvelle-Zélande, son pays d'origine, où il était jusque-là inconnu. Son voyage est retracé dans le film "Pacific Blues" réalisé en 2009, offrant un aperçu de sa vie et de son œuvre.
En janvier 2010, Graeme Allwright reçoit le prestigieux « grand prix in honorem » de l'Académie Charles-Cros pour l'ensemble de sa carrière, ainsi qu'un « coup de cœur » pour son album Des inédits… Pour le plaisir. Il devient également membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.
La fin de sa carrière
En 2014, sa version française de la chanson "Petit garçon" (originellement "Old Toy Trains" de Roger Miller) est choisie comme l'hymne du Téléthon.
Bien qu'il ait exprimé sa volonté de continuer à chanter tant que sa santé le permettrait, Graeme Allwright, âgé de 89 ans, annonce lors de ses concerts en 2015 qu'il met fin à sa carrière sur scène.
En 2017, il collabore avec l'artiste Yanne Matis pour cosigner la chanson "Leonard", un hommage à son « double », Leonard Cohen, décédé l'année précédente.
Vidéo.- Graeme Allwright - Jusqu'à la ceinture
Quelle est la cause du décès de Graeme Allwright ?
Il s'est éteint durant son sommeil le 16 février 2020 , à l’âge de 93 ans, au sein de la maison de retraite des artistes située à Couilly-Pont-aux-Dames, où il était entré un an auparavant.
Où repose-t-il ?
Il est inhumé dans le cimetière de Pernand-Vergelesses, en France.
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