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Le politicien français Philippe Séguin est mort
Le politicien français Philippe Séguin est mort
Philippe Séguin était connu pour son engagement gaulliste et souverainiste, ainsi que pour son opposition au traité de Maastricht en 1992. Il a également marqué la politique française en tant que ministre, député, maire et président de la Cour des comptes. Il est mort le 7 janvier 2010 à Paris, à l'âge de 66 ans.
I, Olivier Sourd, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Mis à jour le 25 juil. 2024
Philippe Séguin est né le 21 avril 1943 à Tunis, en Tunisie. Son père, Robert Séguin, champion d'athlétisme, meurt pour la France en 1944. Pupille de la Nation, il étudie au lycée Carnot de Tunis puis rejoint sa mère à Draguignan à l'indépendance de la Tunisie. Il poursuit ses études à l'École normale d'instituteurs, obtient une licence en histoire à Aix-en-Provence, où il milite à l'UNEF, et travaille brièvement comme pigiste. Il intègre ensuite l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, puis l'ENA, dont il sort diplômé en 1970. Il commence sa carrière à la Cour des comptes, devenant auditeur de première classe en 1971.
Son entrée dans la politique
Séguin commence sa carrière politique au sein de l'Union pour la nouvelle République (UNR) et de l'Union des démocrates pour la République (UDR). Il travaille dans divers cabinets ministériels et en 1973, il devient chargé de mission au secrétariat général de la présidence sous Georges Pompidou, puis adjoint au directeur de l'éducation physique et des sports sous Valéry Giscard d'Estaing. Enseignant à l'IEP d'Aix-en-Provence et à l'Institut d'études politiques de Paris, il réintègre brièvement la Cour des comptes en 1975 avant de revenir en politique en 1978 comme chargé de mission au cabinet du Premier ministre Raymond Barre.
Philippe Séguin dans L'Heure de Vérité | 03/06/1987 | Archive INA
Élu député de la 1re circonscription des Vosges en 1978, poste qu'il occupe jusqu'en 1986, il est également vice-président du conseil régional de Lorraine et maire d'Épinal. Entre 1984 et 1986, il est secrétaire national du RPR pour les affaires sportives, les problèmes des rapatriés, puis chargé de la décentralisation. En 1981, Séguin soutient l'abolition de la peine de mort à l'Assemblée nationale, devenant l'un des rares députés d'opposition à appuyer cette réforme.
Ministre des affaires sociales et de l'emploi
En mars 1986, Philippe Séguin est nommé ministre des Affaires sociales et de l'Emploi dans le gouvernement de Jacques Chirac. Il défend des lois favorisant la dérégulation du marché du travail, notamment la suppression de l'autorisation administrative de licenciement en juin 1986 et la loi d'aménagement du temps de travail en juin 1987, ce qui lui vaut des critiques des syndicats et de l'opposition.
Parallèlement, il soutient des mesures renforçant la participation des salariés aux résultats des entreprises et des initiatives en faveur de l'emploi, notamment pour les jeunes et les travailleurs handicapés. Après la réélection de François Mitterrand en 1988, Séguin retrouve son mandat de député, qu'il conserve jusqu'en 2002.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Philippe SEGUIN, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommagePhilippe Séguin, l'une de ses dernières interviews
Son engagement politique au début des années 1990
François Mitterrand, Philippe Séguin et Gilbert Baumet en 1992
Début 1990, Philippe Séguin s'allie avec Charles Pasqua pour "régénérer le RPR" en s'inspirant du général de Gaulle, avec des soutiens comme François Fillon et Michel Barnier. Ils prônent une ligne souverainiste sur les questions européennes. Cependant, leur courant obtient seulement 31,68 % des voix lors des assises du RPR en février 1990, contre 68,32 % pour la motion d'Alain Juppé, permettant à Jacques Chirac de rester président du parti.
En 1992, Séguin s'engage contre le traité de Maastricht, s'opposant à la majorité de son parti. Il prononce un discours remarqué à l'Assemblée nationale et demande un référendum, que François Mitterrand accepte. Séguin débat avec Mitterrand à la Sorbonne, mais malgré la victoire du "oui" avec seulement 51 %, la notoriété de Séguin est renforcée. Il continue ensuite à critiquer la politique du "franc fort".
Parcours de Seguin
Retour à la Cour des comptes et engagements divers
En juin 2002, Philippe Séguin réintègre la Cour des comptes et, en octobre, devient chef de la délégation française au conseil d'administration du Bureau international du travail (BIT). En mars 2003, il est promu conseiller maître à la Cour des comptes et en juin 2004, il préside le conseil d'administration du BIT. Le 21 juillet 2004, Jacques Chirac le nomme Premier président de la Cour des comptes, sur proposition de Nicolas Sarkozy. Séguin refuse une offre de ministère en 2007, préférant son poste actuel.
Sa médiatisation renforce la visibilité et l'impact de la Cour des comptes, malgré l'absence de caractère contraignant de ses rapports. Il critique les comptes de l'Élysée et la politique budgétaire de Sarkozy, affirmant l'indépendance de l'institution. Passionné de football, Séguin préside la commission nationale tripartite de la Fédération française de football et, en janvier 2008, la commission Grands stades Euro 2016. Il devient président de la Fondation du football en février 2008.
Sa vie privée
En 1968, Philippe Séguin devient l'époux de Marie-Violaine Loniewska, avec qui il a trois enfants : Patrick, Catherine, et Pierre. Plus tard, il se remarie avec Béatrice Bernascon, l'ex-épouse de Jacques Toubon, et ils ont une fille, Anne-Laure.
Quelle est la cause de sa mort ?
Séguin s'éteint d'une crise cardiaque le 7 janvier 2010 à Paris, à l'âge de 66 ans. Sa mort provoque une grande émotion dans la classe politique, qui lui rend hommage pour son service à l'État.
Où se trouve sa tombe ?
Il est inhumé le 13 janvier 2010 à Bagnols-en-Forêt, situé dans le Var.
Hommages à Philippe Séguin
Un hommage national a lieu le 11 janvier 2010 aux Invalides, avec un portrait géant de Séguin affiché. Les obsèques, célébrées par le cardinal André Vingt-Trois, réunissent de nombreuses personnalités, dont le président Nicolas Sarkozy, Carla Bruni-Sarkozy, François Fillon, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, et d'anciens ministres comme Simone Veil et Charles Pasqua. Sarkozy prononce l'éloge funèbre.
Le cercueil, recouvert du drapeau français, quitte l’église Saint-Louis-des-Invalides sur la Marche funèbre de Chopin et en sort sur le Chant des Africains. Le 12 janvier, l'Assemblée nationale observe une minute de silence.
Obsèques de Philippe Séguin
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