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La danseuse, chanteuse et actrice française Mistinguett est décédée
La danseuse, chanteuse et actrice française Mistinguett est décédée
L'artiste Mistinguett, interprète de la chanson ''Mon homme'', est décédée le 5 janvier 1956 à Bougival en Île de France. Elle avait 80 ans.
Mis à jour le 03 janv. 2025
Jeanne Florentine Bourgeois, dite Mistinguett, est née le 3 avril 1875 à Enghien-les-Bains, en France.
Elle est la fille d'Antoine Bourgeois, travailleur journalier et de Jeannette Debray, couturière.
Sa famille travaille comme garde-barrière et déménage à Soisy-sous-Montmorency, où elle passe son enfance.
Dès son plus jeune âge, Jeanne Florentine suit des cours de danse, de théâtre, de chant et de maintien, encadrée par l'actrice de vaudeville Alice Ozy.
En 1885, alors qu'elle se rend à Paris en train pour prendre des leçons de violon avec Boussagol de l'Opéra de Paris, elle fait la rencontre de Saint-Marcel, responsable de revue au Casino de Paris.
Impressionné par ses talents, il l'engage pour le lever de rideau.
C'est ainsi que le 5 décembre 1893, avec le trac mais déterminée, elle fait ses débuts sur scène en entonnant son air, La Môme du Casino.
Sa métamorphose sur scène
Après avoir débuté sur scène, Jeanne Florentine Bourgeois se cherche encore artistiquement, expérimentant sa vocation, sa voix et même son nom de scène.
C'est Saint-Marcel qui lui attribue le surnom de Miss Hélyett, inspiré de l'héroïne de l'opérette à succès "Miss Helyett" de Maxime Boucheron et Edmond Audran, jouée aux Bouffes-Parisiens à cette époque.
Ce surnom est ensuite déformé phonétiquement par ses employeurs pour devenir successivement Miss Tinguette et Mistinguette.
Vidéo. - Mistinguett " C’est vrai " - La vie secrète des chansons - André Manoukian
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Madame Jeanne Florentine BOURGEOIS, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageElle décide alors de simplifier son nom de scène en supprimant le "e" final pour donner plus de force à son nom.
Selon différentes versions rapportées à travers les années, il y a eu diverses inspirations pour ce pseudonyme.
Entre mystères et évolutions scéniques
Un article de 1939 suggère que Miss Tinguette aurait été suggéré par Saint-Marcel lorsqu'elle interprétait l'air de La Vertinguette, une de ses chansons à succès.
Une autre version, rapportée lors d'un entretien en 1912, relate qu'un auteur lui aurait suggéré ce nom, évoquant une chanson appelée La Mistinguo.
Elle aurait alors chanté « Ô la Mistinguo, Ô la Mistinguette ! », ce qui l'aurait conduite à adopter ce nom, finalement raccourci en Mistinguett, "court comme mes cheveux", comme elle aimait le souligner.
Elle commence sa carrière au Trianon-Concert en 1894 avec la chanson Max, Ah c'que t'es rigolo, cependant, cette prestation ne rencontre pas un grand succès.
Entre 1897 et 1907, elle se produit à l'Eldorado, explorant différents registres artistiques, passant de chanteuse comique à "gommeuse épileptique" et à gigolette.
Vidéo. - Mistinguett " Mon homme " version 1938
Progressivement, elle apprend à maîtriser la scène en combinant comédie, mimiques uniques, voix gouailleuse et pas de danse pour compenser certaines limites de sa voix.
Ces efforts lui permettent de devenir une vedette consacrée, gagnant ainsi l'adoration du public.
Son parcours éclatant
Après sa rencontre avec Jacques-Charles, reconnu comme le pionnier de la revue moderne, Mistinguett fait ses premiers pas sur la scène du Moulin-Rouge en juillet 1907, dans « La Revue de la Femme ».
Son talent éclate rapidement, et l'année suivante, elle collabore avec Max Dearly pour créer « La Valse chaloupée », toujours au Moulin-Rouge, remportant un nouveau triomphe. Issue d'une famille modeste, Mistinguett se distingue par son sens aiguisé de la répartie.
Elle exprime sa volonté de bâtir sa propre vie en affirmant : « La banlieue, n’en sort pas qui veut. J’avais un don : la vie.
Tout le reste, reste à faire, à penser. Je n’ai pas pu me permettre d’être un bel animal, il a fallu penser à tout. »
Vidéo. - Mistinguett - Visites privées
Par la suite, dans la revue La Revue, elle participe à « La Valse renversante » avec Maurice Chevalier aux Folies Bergère en 1912, amorçant ainsi une histoire d'amour qui durera dix ans.
Ce duo est surnommé par la presse « les danseurs obsédants ».
La vie et la carrière de Mistinguett
Mistinguett resserre les liens familiaux en achetant une maison dans le village de Montlignon, où sa tante travaillait comme matelassière.
C'est là qu'elle donne naissance, en juillet 1901, à un enfant naturel nommé Léopold-Marcel-Jean Bourgeois (décédé en 1971).
Le père, Léopold de Lima, reconnaît son fils le 27 mars 1903.
En 1908, elle fait ses débuts au cinéma dans le film « L'Empreinte ou la Main rouge » de Paul-Henry Burguet.
Elle alterne ensuite entre pièces de théâtre, revues et films, une période d'expérimentation qui s'avère bénéfique pour son évolution artistique.
Ces expériences contribuent à façonner l'image emblématique de « Mistinguett », une identité qui perdurera tout au long de sa carrière.
Vidéo. - Mistinguett " j'en ai marre ! " 1948
Au cinéma, jusqu'en 1917, elle joue dans de nombreux films muets, collaborant avec des réalisateurs tels que Michel Carré, Albert Capellani, Georges Monca, Georges Denola, Henri Diamant-Berger, Augusto Genina ou André Hugon.
Une vie entre stratégie, spectacle et passion
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Maurice Chevalier, son amant, est blessé au front et capturé en Allemagne.
Mistinguett, désireuse de le faire libérer, se porte volontaire pour jouer le rôle d'espionne.
Elle offre ses services au général Gamelin et obtient l'autorisation de circuler librement en Europe.
Elle recueille de précieux renseignements du prince allemand de Hohenlohe à Berne ainsi que du roi Victor-Emmanuel III en Italie.
Grâce à ses relations avec le roi d'Espagne Alphonse XIII, elle parvient à obtenir la libération de son amant en 1916.
En 1918, elle prend la suite de Gaby Deslys au Casino de Paris, sous la direction de Léon Volterra, et y devient la principale attraction jusqu'en 1925.
Durant les années 1920, elle enchaîne les succès dans les opérettes telles que Paris qui danse, Paris qui jazz, En douce, Paris qui Brille!, et Ça, c'est Paris.
Pendant cette période, elle est la vedette incontestée des grandes revues parisiennes, se produisant aux côtés de personnalités telles que Harry Pilcer, Earl Leslie, Jean Gabin, Lino Carenzio, et Georges Guétary.
Vidéo. - Mistinguett - Ça, c'est Paris
À partir de 1916, elle entame une relation avec un jeune affichiste de 16 ans nommé Charles Gesmar.
Jusqu'à son décès, il crée de nombreuses affiches et costumes qui contribuent à sa renommée dans les années 1920.
Gesmar est si proche d'elle qu'il vit sur son palier et la surnomme affectueusement « Maman ».
De quoi est morte Mistinguett ?
Elle est décédée le 5 janvier 1956 à Bougival en France, des suites d'une congestion cérébrale. Elle avait 80 ans.
Où est-elle enterrée ?
Elle repose dans le cimetière d'Enghien-les-Bains en France, étant sa ville natale.
Vidéo. - Mistinguett - Qui ?