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Le Souvenir Français

La grande résistante Laure Diebold

Issue d'une famille alsacienne très patriote, Laure Mutschler passe une grande partie de sa jeunesse à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le Haut-Rhin, où ses parents se sont établis en 1922. Après l'invasion Allemande, elle reste en Alsace annexée. Elle rejoint une filière de passeurs.

Mis à jour le 16 juil. 2024

Très souvent, elle héberge des prisonniers de guerre évadés au domicile paternel ainsi que chez son fiancé, Eugène Diebold, secrétaire de la mairie. Dès 1940, elle s'associe au cercle de résistants du Docteur Bareiss rattaché à l'Armée des Volontaires.

Repérée, elle doit quitter l'Alsace, ce qu’elle fait la veille de Noël 1941, cachée dans une locomotive pour Lyon. Laure Diebold est secrétaire au bureau des réfugiés d'Alsace-Lorraine, un service officiel. Le 31 janvier 1942, elle épouse Eugène Diebold, également réfugié à Lyon. En mai 1942, elle intègre le réseau Mithridate où, en qualité d'agent de liaison, elle recueille des informations qu'elle code et fait passer sous forme de courrier à Londres.

Le 18 juillet 1942, elle est arrêtée avec son mari, par la police française, mais tous deux sont relâchés, faute de preuves. En septembre 1942, surnommée « Mado », elle entre à la délégation de Jean Moulin en zone sud, où elle est affectée au secrétariat de Daniel Cordier. Fin mars 1943, elle se rend à Paris afin de préparer l'implantation de la délégation en zone Nord.

Après l'arrestation de Jean Moulin, elle poursuit son travail de secrétariat à la délégation. À la suite de la perquisition des Allemands au siège de la Délégation générale à Paris et au démantèlement de nombreux réseaux parisiens, Laure Diebold est arrêtée le 24 septembre 1943, en compagnie de son mari. Tous deux sont conduits vers la prison de Fresnes. Elle est torturée, mais prétend n'être qu'une simple boîte aux lettres.

Le 17 janvier 1944, elle est déportée à la prison de Sarrebruck. Après avoir été transférée dans différentes prisons, elle est incarcérée à Berlin. Déportée à Ravensbrück, Laure est ensuite envoyée près d'Altenbourg, au Kommando de Meuselwitz, satellite de Buchenwald, puis au Kommando de Leipzig-Taucha, autre satellite de Buchenwald. Gravement malade, elle échappe à la mort grâce à l'intervention d'un médecin tchèque du laboratoire du camp.

Libérée en avril 1945 par les Américains, Laure Diebold rentre à Paris où elle retrouve son mari, également de retour de déportation. Après la guerre, elle entre comme secrétaire dans une entreprise lyonnaise où elle devient bibliothécaire. Décédée à Lyon le 17 octobre 1965, Laure Diebold est enterrée selon son désir, à Sainte Marie-aux-Mines où elle avait passé son enfance et connu son mari.

Cette fiche biographique a été réalisée à l’occasion de la publication de la revue des 100 de 1941 éditée par Le Souvenir Français.

En sa mémoire

2 hommages

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