Publier un avis

Partager l'article

Cimetière du Sud de Nancy : comment s’organise la gestion d’un grand cimetière ?

Derrière les allées et les sépultures du cimetière du Sud de Nancy, une organisation rigoureuse est à l’œuvre au quotidien. Gestion des concessions, suivi des emplacements, entretien des espaces et accompagnement des familles : les équipes municipales veillent au bon fonctionnement de ce lieu de mémoire, soumis à des contraintes administratives, humaines et foncières.

Emilie MARIN - Mis à jour le 03 nov. 2026

« Un cimetière est une dépendance du domaine public. Et la Ville a l'obligation d'avoir un lieu d'inhumation pour chacun », rappelle Chantal Finck, adjointe au maire de Nancy, en Lorraine, en charge des cimetières. 
Comme tout cimetière communal, le cimetière du Sud accueille les personnes qui remplissent les conditions légales d'inhumation dans la commune, notamment celles qui y sont domiciliées, qui y sont décédées, qui disposent d'un droit à l'inhumation dans une sépulture familiale ainsi que les étrangers qui votent dans la commune. 
Mais la gestion d'un cimetière est loin de se limiter à cela. L'organisation de ce service public répond à un cadre réglementaire précis, dont le maire est le garant.
C'est en effet le premier édile qui délivre les actes de décès, donne les permis d'inhumer, cautionne les modes de transport et autorise, en cas de besoin, l'exhumation des défunts en fin de concession. C'est également lui qui doit assurer le respect du règlement, la sécurité, la salubrité, l'hygiène, l'accès, l'entretien et le maintien de l'ordre des lieux. 

Le cimetière du Sud de Nancy, compte 35 000 sépultures. / Photo Ketounette, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le cimetière du Sud de Nancy, compte 35 000 sépultures. / Photo Ketounette, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

66% des défunts crématisés

Les tarifs sont eux votés en conseil municipal, tout comme les crédits budgétaires. Des droits d'emplacement qui varient selon que l'on choisit l'inhumation ou la crémation (en columbarium ou tombe cinéraire). Et contrairement aux idées reçues, il est plus cher d'avoir une concession cinéraire, en raison des investissements et de leur amortissement. Sachant qu'à ce jour, 66 % des défunts sont crématisés. Pour autant, on le sait, les emplacements manquent dans les cimetières et les places funéraires sont une préoccupation croissante pour les collectivités. D'où une gestion au cordeau de la part des équipes. « A ce jour, sur Nancy, au cimetière du Sud, nous disposons encore de trois parcelles vierges. Sachant que chacune d'elles peut accueillir environ 400 emplacements », détaille Sandrine Cablé, directrice citoyenneté à la ville de Nancy.  

Nathan Carmentré est l'un des deux gardiens qui veillent sur le cimetière. / Photo © Libra Memoria

Nathan Carmentré est l'un des deux gardiens qui veillent sur le cimetière. / Photo © Libra Memoria

Emplacements  : un enjeu majeur

Malgré ces réserves foncières, la disponibilité des emplacements reste un enjeu majeur. La Ville doit donc optimiser les espaces existants et remettre en priorité à disposition les concessions reprises, dans le respect des procédures réglementaires. Des concessions échues et non renouvelées par les familles, dans un délai de deux ans à compter du dépôt de la plaque sur la sépulture.
Dans ce cas, c'est bien le maire qui donne l'autorisation d'exhumer et les restes humains vont alors dans l'ossuaire. Une fois libéré, l'emplacement revient au domaine communal et peut donc à nouveau être attribué. 
Une opération délicate, strictement encadrée et menée dans le respect dû aux défunts.
Une mission parmi de nombreuses autres pour Nathan Carmentré, gardien de cimetière. « Nous sommes en binôme et notre fonction est d'accompagner les pompes funèbres mais aussi les entreprises qui interviennent, pour s'assurer que tout se passe bien et dans la légalité. C'est également nous qui traçons les emplacements pour que les entreprises, comme les marbriers, interviennent au bon endroit », détaille Nathan Carmentré. Son rôle est aussi de renseigner le public et de lui remettre un plan, si besoin.
Le cimetière du Sud de Nancy héberge pas moins de 35 000 sépultures. S'y retrouver peut parfois relever d'un immense labyrinthe.

Malgré une hausse des crémations, la place reste un enjeu majeur dans les cimetières. / Photo © Libra Memoria

Malgré une hausse des crémations, la place reste un enjeu majeur dans les cimetières. / Photo © Libra Memoria

Accompagner dignement

Première mission de la journée, ouvrir les portes (il y en a 5 au total à  Nancy). Une mission plus complexe quand il s'agit de les refermer « car il faut s'assurer qu'il n'y a plus personne. Mais ça peut arriver. Par exemple une personne qui est accroupie... on peut ne pas la voir. Mais il y a un numéro d'astreinte », rassure Nathan qui reconnaît que ça n'arrive pas souvent. Les incivilités, elles, sont sans doute plus fréquentes  : non respect des véhicules de rouler au pas, déjections canines alors que les animaux ne sont pas autorisés, intrus qui ont escaladé les murs... Nathan Carmentré sera d'ailleurs prochainement assermenté pour verbaliser. « La tournée du matin est faite pour s'assurer que tout va bien. Et puis la journée est aussi et surtout rythmée par les inhumations ou les dispersions », explique Nathan qui met un point d'honneur à accompagner les pompes funèbres tout au long du parcours. D'autant  que parfois, aucun proche n'est présent. « Nous sommes aussi là pour nous assurer que tout se passe dans le respect du défunt et que les pompes funèbres ont bien inhumé le corps ou dispersé les cendres. »

33 hectares 

Cela fait quatre ans qu'il est en poste. Après un passage dans une entreprise de pompes funèbres, il saisit l'opportunité. Il suit une formation funéraire « très enrichissante, notamment  ce que l'on peut ou ne peut pas faire en France », se rapproche de ses pairs qui lui transmettent leurs savoirs. Et puis surtout, il s'intéresse. Incollable sur ce site de 33 hectares, il en connait les moindres coins et recoins.  Du rond-point des Bienfaiteurs, aux carrés militaires et musulmans, en passant par la section pour les personnes dépourvues de revenus suffisants (autrefois appelés « indigents ») ou le carré du don du corps sur lequel trône un monument de la faculté de médecine. 

Depuis deux ans, le cimetière du Sud de Nancy dispose d'une forêt du souvenir.  / Photo © Libra Memoria

Depuis deux ans, le cimetière du Sud de Nancy dispose d'une forêt du souvenir.  / Photo © Libra Memoria

Pour répondre à l'évolution des pratiques funéraires, le cimetière dispose également de plusieurs espaces cinéraires : un jardin du souvenir, un puits du souvenir et, depuis deux ans, une forêt du souvenir. Un lieu paisible, avec de nombreux arbres dont certains recyclés des jardins éphémères de la Ville. Ce lieu permet de mettre en terre des urnes biodégradables, en sable ou en argile. Des espaces qui sont, de surcroit, gratuits. 
Autant d'aménagements qui diversifient les possibilités offertes aux familles.

En ce moment  :

Pour faire vivre la mémoire de vos proches, profitez de 50% de réduction sur vos hommages avec le code TOUSSAINT50.

Et parce qu’une fleur est parfois une belle façon de dire que l’on n’oublie pas, bénéficiez de 15 % de réduction sur une sélection de bouquets Interflora avec le code LIBRAMEM15, jusqu’au 3 novembre 2026 inclus, hors frais de livraison.