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Les journalistes décédés en 2025 : hommage aux 67 victimes

Entre le 1er décembre 2024 et le 1er décembre 2025, la communauté journalistique internationale a perdu 67 professionnels des médias dans l'exercice de leurs fonctions. Ces hommes et ces femmes, dont les noms et les histoires méritent d'être préservés dans notre mémoire collective, ont consacré leur vie à la quête de vérité et au droit des citoyens à une information fiable.

Image d'illustration

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Mis à jour le 14 janv. 2026

Parmi ces 67 décès, 79 % (soit 53 journalistes) sont survenus dans des contextes de conflit armé ou de violence criminelle. Gaza, le Mexique et l'Ukraine se trouvent au cœur de cette tragédie, mais 22 pays sont touchés, rappelant que le métier de journaliste expose à des risques profonds et étendus à l'échelle mondiale.

Vidéo. - Les journalistes désormais "l'objet d'attaques ciblées", dénonce le directeur général de RSF

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Gaza : hommage aux journalistes palestiniens

Depuis le 7 octobre 2023, 220 journalistes ont perdu la vie dans l'enclave palestinienne. Au cours de l'année du bilan 2025, 29 journalistes palestiniens ont disparu en raison de leurs activités professionnelles, ce qui représente une proportion significative des décès de journalistes dans le monde cette année. Cette concentration révèle les défis exceptionnels auxquels la presse palestinienne doit faire face.

Le 25 août 2025 demeure une date qui mérite d'être mémorisée. Hossam al-Masri, photographe pour Reuters, a perdu la vie lors d'une frappe visant le complexe médical al-Nasser, un lieu connu pour servir d'espace de travail aux journalistes. Quelques minutes plus tard, une seconde opération a emporté trois autres professionnels : Mariam Abu Dagga, journaliste pour The Independent Arabia et Associated Press ; Moaz Abu Taha, journaliste indépendant ; et Mohammad Salama, photographe d'Al Jazeera.

Ces quatre vies représentent le dévouement d'hommes et de femmes qui ont choisi de rester pour documenter les réalités. Leur engagement envers le journalisme et leur quête de vérité est un héritage dont nous devons nous souvenir.

Au Mexique : des voix silencées

Le Mexique a connu en 2025 l'une de ses années les plus difficiles pour la profession journalistique, avec 9 décès. Malgré les engagements de protection énoncés par les autorités, ces professionnels ont continué à enquêter sur des sujets sensibles : la corruption locale, la sécurité publique et le crime organisé.

Ils s'appelaient : Salomon Ordoñez Miranda, Calletano de Jesús Guerrero, Kristian Zavala, Raúl Iván Villarreal Belmont, Melvin García, José Carlos González Herrera, Ángel Sevilla, Ronald Paz Pedro et Miguel Ángel Beltrán Martínez. Chacun d'eux avait reçu des menaces pour son travail ; certains bénéficiaient même d'une protection officielle, sans que cela suffise à les protéger.

Ces journalistes ont exercé leur profession avec courage, conscients des risques mais convaincus de l'importance de leur mission. Leur mémoire nous rappelle l'importance de l'engagement journalistique.

En Ukraine : le coût humain du conflit

Le conflit en Ukraine a emporté trois journalistes en l'espace d'un mois, rappelant que le métier de reporter en zone de guerre demande un dévouement et une bravoure exceptionnels.

Antoni Lallican, Photoreporter tué par une frappe de drone russe en Ukraine. Photo DR/L'Est Républicain

Antoni Lallican, Photoreporter tué par une frappe de drone russe en Ukraine. Photo DR/L'Est Républicain

Le 3 octobre 2025, Antoni Lallican, photoreporter indépendant, a perdu la vie lors d'une opération militaire. Son collègue Georgiy Ivanchenko, qui couvrait les mêmes événements, a été grièvement blessé.

Vingt jours plus tard, le 23 octobre, Alyona Hramova et Yevhen Karmazine, deux journalistes ukrainiens, ont péri lors d'une nouvelle opération à Kramatorsk.

Ces quatre professionnels, et les nombreux autres blessés ou traumatisés, continuaient leur travail malgré le danger, conscients que l'absence de témoignage serait elle-même une forme de silence.

Au-delà des morts : 503 journalistes en détention, 135 disparus, 20 otages

La répression contre la presse s'étend bien au-delà des décès. Au 1er décembre 2025, le monde compte également :

  • 503 journalistes en détention dans 47 pays
  • 135 journalistes disparus à travers 37 nations
  • 20 journalistes otages dans quatre pays

Ces chiffres témoignent d'une réalité plus vaste : la limitation progressive du droit à l'information.

Les trois plus grandes prisons de journalistes

La Chine détient 121 journalistes, la Russie 48 (dont 26 étrangers, principalement ukrainiens), et la Birmanie 47. Ces chiffres révèlent l'ampleur de la répression systématique contre la profession.

Les disparus : des histoires sans fin

37 journalistes sont portés disparus en Syrie, certains depuis plus de dix ans. Quteiba al-Marei et Thabet al-Muhaisen, reporters pour le média Syria News, ont été arrêtés le 1er août 2011 près de Damas. Même après la chute du régime en décembre 2024, aucune trace d'eux n'a été découverte. Le Mexique compte 28 journalistes disparus, et l'Irak 12. Chacun représente une absence, une famille qui espère.

Les otages : des vies suspendues

Au Yémen, sept journalistes ont été enlevés en mai 2025. En Syrie, huit journalistes continuent d'être retenus dans l'incertitude. Au Mali, deux journalistes de radio communautaire n'ont pas été retrouvés depuis novembre 2023. Ces otages vivent isolés du monde, leurs voix silencées.

FAQ : comprendre le contexte

Qu'est-ce que Reporters sans frontières (RSF) ?

RSF est une organisation internationale fondée en 1985 qui œuvre pour la liberté, l'indépendance et le pluralisme du journalisme. Dotée d'un statut consultatif aux Nations unies et à l'UNESCO, elle publie annuellement le Classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue la situation des libertés médiatiques dans 180 pays.

Comment RSF comptabilise-t-elle les journalistes ?

RSF ne recense que les journalistes dont la mort, la détention ou l'enlèvement est une conséquence directe de l'exercice de leur profession. Ces données, mises à jour quotidiennement, alimentent le Classement mondial.

Qui est considéré comme journaliste dans ce bilan ?

RSF comptabilise toute personne qui pratique, par quelque moyen de communication que ce soit, la collecte, le traitement et la diffusion d'informations et d'idées au service de l'intérêt général. Cela inclut les journalistes professionnels, les collaborateurs de médias et les correspondants indépendants.

Y a-t-il des projets de mémorialisation pour ces journalistes ?

Chaque année, les noms des journalistes tués sont honorés lors du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, qui se déroule depuis 1995. Cette cérémonie représente un moment de mémoire collective où le dévouement de ces professionnels est reconnu.

Comment des journalistes continuent-ils à travailler malgré ces risques ?

Malgré les menaces et les difficultés, la majorité des journalistes emprisonnés ou en exil continuent leur travail. En 2025, 55 % des journalistes soutenus par RSF via des aides d'urgence poursuivaient leur activité d'information en exil. Cette persévérance illustre l'importance qu'ils accordent à leur mission d'information du public.

Que peut faire un citoyen pour soutenir la liberté de la presse ?

Il existe plusieurs moyens concrets : soutenir les organisations comme Reporters sans frontières, consommer responsablement les informations en privilégiant les médias indépendants et pluriels, interpeller les autorités publiques sur les cas de journalistes emprisonnés, et participer à des campagnes de sensibilisation.

Devoir de mémoire

Honorer leur mémoire signifie d'abord les reconnaître, préserver leurs noms et leurs histoires. Cela signifie aussi continuer à exiger le respect des droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté d'expression et d'information.

La mémoire de ces 67 journalistes décédés en 2025, des 503 emprisonnés, des 135 disparus et des 20 otages doit nous inspirer à valoriser et protéger la profession journalistique. Car c'est à travers leurs yeux, leurs reportages et leur dévouement que nous comprenons le monde qui nous entoure.

Article écrit en hommage aux 67 journalistes tués au cours de la période du 1er décembre 2024 au 1er décembre 2025, selon le bilan 2025 de Reporters sans frontières.