Hommage à celles et ceux qui ont fait de la charité une œuvre de vie
Chaque année, la Journée internationale de la charité nous rappelle l’importance du don de soi, de la solidarité et de la compassion envers les plus fragiles. Instituée par l’ONU à la date du décès de Mère Teresa, figure emblématique de la charité, elle invite à célébrer celles et ceux qui ont marqué l’histoire par leur engagement humanitaire.
Mis à jour le 18 sept. 2025
À travers cet hommage, nous revenons sur les parcours de personnalités dont l’action et l’héritage continuent d’inspirer. Toutes ont consacré une part de leur vie à combattre la pauvreté, la souffrance ou l’exclusion, en transformant leur notoriété, leur foi ou leur énergie en puissants leviers de solidarité.
Coluche (1944 - 1986) : l’humoriste au grand cœur, fondateur des Restos du Cœur
Derrière l’humoriste au verbe tranchant et au style provocateur se cachait un homme profondément révolté par l’injustice sociale. En 1985, Coluche a une « petite idée » : créer les Restos du Cœur, une association permettant aux plus démunis d’obtenir un repas chaud pendant l’hiver. Ce projet, lancé à l’antenne d’Europe 1, rencontre un écho immédiat et mobilise des milliers de bénévoles. Dès la première saison, plus de 8,5 millions de repas sont distribués.
Le succès esr tel que le mouvement prrend racine dans le paysage social français. L’année suivante, Jean-Jacques Goldman compose la « Chanson des Restos » et donne naissance aux Enfoirés, dont les concerts caritatifs continuent de récolter des fonds pour l’association. Coluche, par son humour et son humanisme, a réussi à transformer l’indignation en action concrète. Aujourd’hui, les Restos du Cœur poursuivent leur œuvre, avec plus de 163 millions de repas distribués chaque année et plus d’un million de personnes aidées. Son engagement est devenu un symbole durable de la solidarité populaire.
Mère Teresa (1910 - 1997) : la sainte des pauvres et prix Nobel de la paix
Canonisée en 2016 par le pape François, Mère Teresa de Calcutta a consacré sa vie entière aux plus pauvres parmi les pauvres. Née en 1910 à Skopje (République de Macédoine), elle rejoint les Sœurs de Lorette avant de fonder en 1950 les Missionnaires de la Charité, congrégation religieuse présente aujourd’hui dans plus de 130 pays. Ses membres se dévouent aux malades, aux mourants, aux orphelins et aux exclus, apportant soins et dignité à ceux que la société oublie.
En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la paix, récompensant son engagement pour les déshérités. Mère Teresa n’a cessé de rappeler que chaque vie, aussi fragile soit-elle, mérite respect et amour. Sa mort, le 5 septembre 1997, est devenue la date de la Journée internationale de la charité instaurée par l’ONU en 2012. Son héritage spirituel et humanitaire continue d’inspirer des millions de personnes à travers le monde.
Lady Diana (1961 - 1997) : la princesse des cœurs engagée contre l’exclusion
Connue comme la « princesse des cœurs », Lady Diana Spencer a marqué son époque par sa compassion et son engagement auprès des plus vulnérables. Au-delà des obligations royales, elle s’implique personnellement dans de nombreuses causes humanitaires. Dans les années 80, elle brise les tabous en serrant la main de malades atteints du sida, à une époque où la peur et la stigmatisation étaient omniprésentes. Elle soutient également la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde.
Son combat le plus emblématique reste son engagement contre les mines antipersonnelles. En janvier 1997, quelques mois avant sa mort tragique, elle marche dans un champ de mines en Angola, attirant l’attention internationale sur ce fléau. Cette image devient un symbole de courage et d’humanité. Son décès accidentel, survenu à Paris le 31 août 1997, bouleverse la planète entière. Diana demeure une figure universelle de la charité et de la compassion.
Diana spencer John Mathew Smith www.celebrity-photos.com from Laurel Maryland, USA, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons
Sœur Emmanuelle (1908 - 2008) : la « petite sœur des pauvres » au service des démunis
Née en 1908 à Bruxelles, Sœur Emmanuelle a dédié une grande partie de sa vie aux chiffonniers du Caire. À partir de 1971, elle vit au cœur des bidonvilles égyptiens, partageant la misère quotidienne de familles vivant dans des conditions insalubres. Son combat était simple : redonner dignité et avenir aux plus pauvres, en construisant des écoles, des dispensaires et des logements.
Très médiatisée en France à partir des années 80, elle utilise sa notoriété pour sensibiliser à la cause des plus démunis. Sa parole directe, son sourire et sa ténacité en font une figure populaire, surnommée affectueusement « la petite sœur des pauvres ». Jusqu’à sa mort, en 2008, elle reste une voix forte pour la solidarité et la justice sociale.
Audrey Hepburn (1929 - 1993) : l’icône du cinéma devenue ambassadrice de l’UNICEF
Célèbre actrice hollywoodienne, icône du cinéma des années 1950 et 1960, Audrey Hepburn met sa notoriété au service des causes humanitaires. Après avoir marqué l’histoire du cinéma avec des films tels que Diamants sur canapé ou Vacances romaines, elle s’engage dans une autre mission : celle de défendre les enfants les plus vulnérables.
En 1989, elle devient ambassadrice de l’Unicef et parcourt le monde pour sensibiliser aux souffrances des enfants victimes de la guerre, de la faim et des maladies. Elle se rend notamment en Somalie, au Soudan et au Bangladesh. Son dévouement lui vaut la Médaille présidentielle de la Liberté, décernée par les États-Unis en 1992. Elle s’éteint en 1993, laissant derrière elle l’image d’une femme élégante, mais surtout profondément humaine.
Joseph Wresinski (1917 - 1988) : le fondateur d’ATD Quart Monde et défenseur des droits humains
Né dans une famille très pauvre en 1917, Joseph Wresinski devient prêtre et choisit de consacrer sa vie à combattre la misère. En 1957, il fonde le mouvement ATD Quart Monde, basé sur une conviction : lutter contre la pauvreté ne peut se faire qu’avec ceux qui la subissent. Son approche innovante consiste alors à associer directement les plus pauvres à la réflexion et aux décisions les concernant.
Le 17 octobre 1987, il lance un appel historique au Trocadéro, devant 100 000 personnes, déclarant que « là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés ». Ce moment fondateur inspire la création de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, reconnue par l’ONU en 1992.
Son héritage se retrouve aussi dans des avancées sociales majeures en France, comme le revenu minimum d’insertion (RMI, devenu plus tard le RSA) ou la couverture maladie universelle (CMU). Joseph Wresinski demeure une figure incontournable de la lutte contre la misère.
Simone Veil (1927 - 2017) : survivante de la Shoah et pionnière des droits des femmes
Survivante de la déportation à Auschwitz-Birkenau, Simone Veil fait de son parcours marqué par l’horreur de la guerre un moteur d’engagement. Devenue magistrate et femme politique, elle s’illustre par son combat pour la dignité et les droits humains. En 1975, elle fait voter la loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en France, malgré des débats houleux.
Au delà de ce combat historique pour les droits des femmes, Simone Veil œuvre aussi pour la mémoire de la Shoah et pour la construction européenne, devenant la première présidente élue du Parlement européen en 1979. Femme de conviction et de courage, elle laisse une empreinte indélébile dans l’histoire contemporaine. Son entrée au Panthéon en 2018, aux côtés de son époux, a été un hommage national à son engagement.
Joséphine Baker (1906 - 1975) : l’artiste résistante et militante des droits civiques
Artiste flamboyante, résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, militante des droits civiques et mère adoptive d’une « tribu arc-en-ciel », Joséphine Baker a incarné toute sa vie la générosité et le combat pour l’égalité. Installée en France, elle utilise sa notoriété pour soutenir la Résistance, transmettant des messages codés pendant ses tournées.
Après-guerre, elle adopte douze enfants de différentes origines pour démontrer que la fraternité universelle est possible. Militante des droits civiques aux côtés de Martin Luther King, elle participe à la marche sur Washington en 1963. En 2021, son entrée au Panthéon fait d’elle la première femme noire à reposer dans ce lieu symbolique de la République française.
Martin Luther King Jr. (1929 - 1968) : le pasteur de la non-violence et de l’égalité raciale
Pasteur baptiste américain, Martin Luther King Jr. est l’un des leaders les plus marquants du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Inspiré par la non-violence de Gandhi, il prône la résistance pacifique face aux discriminations raciales. Son discours « I have a dream », prononcé en 1963 devant le Lincoln Memorial, reste l’un des plus célèbres de l’histoire moderne.
Lauréat du prix Nobel de la paix en 1964, il lutte pour l’égalité raciale, contre la pauvreté et pour la paix dans le monde. Son assassinat, en 1968 à Memphis, est une tragédie mondiale, mais son message continue d’inspirer les luttes pour la justice et l’égalité. Sa vie témoigne que la charité et la fraternité ne se limitent pas à des gestes individuels, mais peuvent transformer profondément une société.
En ce 5 septembre, journée internationale de la charité, nous nous souvenons de ces grandes figures qui ont fait de leur vie un combat pour les autres. Coluche, Mère Teresa, Lady Diana, Sœur Emmanuelle, Audrey Hepburn, Joseph Wresinski, Simone Veil, Joséphine Baker et Martin Luther King Jr. ont montré que la générosité pouvait prendre mille visages : humour, foi, art, politique, militantisme.
Leur héritage nous rappelle que la charité n’est pas seulement un geste, mais une manière de vivre, une invitation à tendre la main et à construire ensemble un monde plus juste.