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Jean-Pierre Escalettes, ex-président de la Fédération française de football, est mort à 90 ans

Figure du football tricolore et ancien président de la Fédération française de football (FFF) entre 2005 et 2010, Jean-Pierre Escalettes est mort ce mardi à 90 ans.

Jean-Pierre Escalettes lors d'une conférence de presse. Capture d'écran YouTube.

Jean-Pierre Escalettes lors d'une conférence de presse. Capture d'écran YouTube.

Mis à jour le 17 avr. 2026

Il s'est éteint discrètement, à l'image de l'homme qu'il était. Jean-Pierre Escalettes, ancien président de la Fédération Française de Football, nous a quittés ce mardi 14 avril 2026 à l'âge de 90 ans. Celui que l'on décrivait comme un bâtisseur patient et un serviteur discret du football à la française aura consacré plus de cinquante ans de sa vie au sport qu'il aimait par-dessus tout.

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Un professeur tombé amoureux du ballon rond

Né le 29 mai 1935 à Béziers, dans l'Hérault, Jean-Pierre Escalettes grandit à Bordeaux où sa famille s'installe dès 1939. Élève du lycée Montaigne, il s'oriente d'abord vers les classes préparatoires scientifiques pour satisfaire les ambitions de son père, mais c'est l'anglais qui triomphe finalement. Il part trois ans à l'université de Bristol, où il rencontre sa future épouse, également professeure d'anglais. De retour en France, il est nommé au collège de Ribérac, en Dordogne, où il enseignera pendant 25 ans.

Le football ? Il l'a dans les pieds depuis l'adolescence, mais c'est à Ribérac qu'il prend racine. Il rejoint le CA Ribérac comme joueur, puis devient éducateur, dirigeant et secrétaire général du club : quinze ans de vie associative à la base, là où se forge une conviction profonde : le football se construit d'abord par les bénévoles et les clubs amateurs.

En sa mémoire

2 hommages

Pour rendre hommage à Monsieur Jean-Pierre ESCALETTES, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.

Rendre hommage

Du district de Dordogne au sommet de la FFF

À 32 ans, Escalettes entre au district de Dordogne, appelé par le secrétaire général de l'époque qui lui dit, non sans humour : « Tu es prof, donc tu as du temps libre. » Il devient président du district en 1972, alors qu'il n'y avait que 30 clubs. Il faut tout construire : des stages d'éducateurs, des structures d'arbitrage, des lieux d'hébergement. C'est à cette époque qu'il lie amitié avec Fernand Sastre, le charismatique président de la FFF, qui deviendra son mentor.

En 1984, il est élu président de la Ligue d'Aquitaine de football. En janvier 1985, il entre au conseil fédéral de la FFF. En 1995, il crée la Ligue fédérale du football amateur (alors appelée Conseil national du football amateur), instance qu'il présidera jusqu'en 2005, réélu en 2000 avec près de 96% des voix. C'est l'aboutissement d'une ascension lente, méritée, construite brique par brique depuis les vestiaires d'un club de province.

Président de la FFF

Le 12 février 2005, Jean-Pierre Escalettes est élu à la tête de la Fédération Française de Football, héritant d'une institution au bord du gouffre financier, un déficit frôlant les 15 millions d'euros après le Mondial raté de 2002. Son mandat sera celui des contrastes.

Le plus beau souvenir ? Sans aucun doute le 12 juillet 2006, quand les Bleus de Zidane s'offrent une finale de Coupe du monde à Berlin, s'inclinant aux tirs au but face à l'Italie. Une épopée qui restera gravée dans la mémoire collective. Sous son mandat, la France décroche également l'organisation de l'Euro 2016, une désignation majeure pour le prestige du football français. Il signe par ailleurs un contrat historique avec Nike (42 millions d'euros par an pendant huit ans) qui supplante Adidas comme équipementier des Bleus.

Mais l'ombre de Knysna ne peut être effacée. En juin 2010, lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, l'équipe de France s'effondre : grève des joueurs, élimination au premier tour, honte nationale. Escalettes, qui avait maintenu Raymond Domenech à son poste après l'échec de l'Euro 2008 malgré les critiques, se retrouve au cœur de la tourmente. « Cinquante ans de valeurs se sont écroulés », dira-t-il lui-même quelques mois plus tard dans France Football. Il annonce sa démission le 28 juin 2010, effective le 23 juillet suivant, sous la pression conjuguée de l'opinion publique et des membres du gouvernement.

L'hommage d'un monde du football reconnaissant

Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1998, Jean-Pierre Escalettes laisse derrière lui l'image d'un homme profondément attaché au football de terrain, à la transmission et au service collectif. Le soir même de son décès, une minute de silence a été observée avant le match Pays-Bas – France féminin à Breda, dans le cadre des qualifications à la Coupe du monde 2027.

Philippe Diallo, actuel président de la FFF, lui a rendu un hommage sobre et sincère : 

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Jean-Pierre Escalettes n'était pas un homme de projecteurs. Il était un homme de conviction, de terrain et de durée. Du collège de Ribérac aux bureaux de la FFF, il a incarné ce football populaire qui fait la force et l'âme du sport en France. Il avait 90 ans. Le football français lui doit bien plus qu'un mandat.