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Brigitte Bardot, « BB » mythique du cinéma français et de Saint-Tropez, s’en est allée
Brigitte Bardot, « BB » mythique du cinéma français et de Saint-Tropez, s’en est allée
Brigitte Bardot s'est éteinte le 28 décembre 2025 à Saint-Tropez, à l'âge de 91 ans. Actrice légendaire, chanteuse et ardente protectrice de la cause animale, elle laisse une empreinte indélébile sur le cinéma français. Éternelle « BB », elle demeure l'une des figures les plus fascinantes et influentes de la culture européenne du XXe siècle.
Mis à jour le 19 janv. 2026
Née le 28 septembre 1934 à Paris, Brigitte Anne-Marie Bardot grandit dans un milieu bourgeois de l’ouest parisien, entre un père industriel du textile et une mère très attentive à l’éducation et aux bonnes manières. Enfant introvertie, elle trouve dans la danse classique un lieu d’expression privilégié et entre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dès l’adolescence. La rigueur du cours de danse forge une discipline, une tenue du corps et une grâce qui marqueront ensuite sa présence devant la caméra.
Studio photographer, Public domain, via Wikimedia Commons
Sa vie bascule lorsqu’elle pose à quinze ans pour le magazine Elle. La couverture attire l’attention du scénariste et futur réalisateur Roger Vadim, qui la fait auditionner. De fil en aiguille, la jeune danseuse se voit proposer des essais pour le cinéma. À partir de 1952, elle commence à tourner, d’abord dans des rôles secondaires, tout en continuant un temps sa formation de danseuse.
L’ascension : de « Manina » à « Et Dieu… créa la femme »
Brigitte Bardot débute au cinéma avec « Le Trou normand » (1952), puis « Manina, la fille sans voile », où elle incarne une héroïne insouciante filmée en extérieur, loin des studios traditionnels. Ces premiers films installent une image de jeune femme libre et solaire qui tranche avec les canons plus sophistiqués de l’époque. Elle enchaîne ensuite « Les Grandes manœuvres » de René Clair (1955), « Cette sacrée gamine » et « En effeuillant la marguerite » de Marc Allégret, autant de rôles qui affirment son mélange de naïveté et d’aplomb.
En sa mémoire
994 hommages
Pour rendre hommage à Madame Brigitte BARDOT, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageVidéo. – Brigitte Bardot – Manina, La Fille Sans Voiles
Le tournant intervient en 1956 avec « Et Dieu… créa la femme », réalisé par Roger Vadim. Bardot y interprète Juliette Hardy, jeune femme sensuelle de Saint-Tropez au désir assumé. La danse sur la table, la liberté du personnage et la mise en scène audacieuse provoquent un scandale moral en France, tout en propulsant Brigitte Bardot au rang de star internationale. Aux États‑Unis, la presse la surnomme « sex symbol » et voit en elle un visage d’une nouvelle féminité plus affranchie.
Vidéo. – Et Dieu créa la Femme, by Roger Vadim (1956) – The Dance scene (with Brigitte Bardot)
Les années de gloire : Clouzot, Godard et les rôles culte
Après « Et Dieu… créa la femme », Brigitte Bardot enchaîne les tournages avec les plus grands réalisateurs. En 1958, elle joue dans « En cas de malheur » de Claude Autant‑Lara, face à Jean Gabin, incarnant une jeune voleuse sensuelle qui trouble profondément un avocat plus âgé. Le film choque une partie du public mais triomphe au box‑office, consolidant l’aura sulfureuse de Brigitte Bardot.
Vidéo. – Brigitte Bardot – En cas de Malheur
Brigitte Bardot partage aussi l’affiche avec Alain Delon dans le film « Les Amours célèbres » de Michel Boisrond (1961), où ils interprètent ensemble l’épisode consacré à la relation entre Émile Zola et Alexandrine, rencontre de deux futurs monuments du cinéma français au début des années 1960.
Vidéo. – « Amours célèbres » avec Brigitte Bardot et Alain Delon (1961)
Domaine public
En 1963, Jean‑Luc Godard lui offre l’un de ses rôles les plus célèbres dans « Le Mépris ». Elle y incarne Camille, épouse d’un scénariste en plein conflit conjugal sur fond de tournage d’adaptation de L’Odyssée. Le film devient un classique du cinéma moderne, et la scène d’ouverture, où Bardot interroge le regard porté sur son corps, symbolise les enjeux de pouvoir et de désir au sein du couple et de l’industrie cinématographique.
La transition vers la chanson et la télévision
Parallèlement au cinéma, Brigitte Bardot développe une activité de chanteuse variétés. Elle enregistre notamment « Harley Davidson », « La Madrague », « Je t’aime… moi non plus » dans une première version en duo avec Serge Gainsbourg, ainsi que de nombreuses chansons écrites pour elle par des auteurs alors très en vue. Sa voix légèrement voilée et sa diction nonchalante accompagnent l’image de liberté qui la caractérise.
Vidéo. - Initials BB - Serge Gainsbourg
Elle participe à plusieurs émissions de télévision, concerts filmés et spectacles, mais reste moins attachée à la scène qu’aux tournages. La chanson devient surtout pour elle un prolongement de sa persona : légère en apparence, mais souvent teintée de mélancolie et de distance vis‑à‑vis du star‑system.
Le choix du retrait et la naissance d’une militante
En 1973, après le tournage de « Don Juan ou si Don Juan était une femme » de Roger Vadim, Brigitte Bardot annonce qu’elle met fin à sa carrière cinématographique. À trente‑neuf ans, elle prend une décision rare pour une star de cette envergure : quitter la lumière avant le déclin. Elle se replie à La Madrague puis à La Garrigue, ses propriétés de Saint‑Tropez, entourée d’animaux recueillis.
À partir des années 1980, elle s’engage publiquement contre la corrida, la chasse aux phoques, l’élevage en batterie, la vivisection et toute forme de maltraitance animale. En 1986, elle crée la Fondation Brigitte Bardot, reconnue d’utilité publique en 1992. Cette organisation finance des refuges, soutient des campagnes d’information, agit au niveau international contre le commerce de fourrure, l’abattage sans étourdissement ou encore l’utilisation des animaux dans les cirques
Vidéo. – 90 ans de Brigitte Bardot : La Garrigue, l’autre maison de BB, un domaine acheté pour ses animaux
Quand auront lieu ses obsèques ?
Conformément à ses dernières volontés, les obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité, sans cérémonie nationale ni hommage public. Si Brigitte Bardot avait longtemps exprimé le vœu de reposer dans son jardin de La Madrague, elle sera finalement inhumée le 7 janvier au cimetière marin de Saint-Tropez, selon les informations révélées par ICI Provence. Elle y reposera face à la mer, non loin de la sépulture de Roger Vadim.
Pourquoi Brigitte Bardot devient‑elle si vite une icône mondiale du cinéma ?
Parce qu’elle arrive au moment précis où la société occidentale commence à remettre en question les normes morales strictes de l’après guerre. Son jeu instinctif, sa façon d’assumer le désir féminin et sa présence très moderne sur l’écran incarnent ce basculement. Elle ne se contente pas d’être filmée : elle impose un style de jeu plus naturel, plus direct, qui inspire nombre de réalisateurs de la Nouvelle Vague.
Comment expliquer sa décision radicale de mettre fin à sa carrière à moins de 40 ans ?
Épuisée par l’exposition médiatique, harcelée par les paparazzis, sujette à plusieurs dépressions et tentatives de suicide, Brigitte Bardot confie ressentir le besoin vital de se retirer. Elle estime avoir tout dit au cinéma et se voit davantage utile ailleurs.
Vie privée : quatre mariages et un fils tenu à distance
La vie sentimentale de Brigitte Bardot alimente pendant des décennies la presse du monde entier. Elle épouse d’abord Roger Vadim en 1952, union qui se termine en 1957 mais qui aura façonné son image. En 1959, elle se marie avec l’acteur Jacques Charrier, de ce mariage naît en 1960 son fils unique, Nicolas. La garde est confiée au père et la relation mère‑fils restera longtemps distante, Brigitte Bardot reconnaissant plus tard avoir été débordée par la maternité et la célébrité.
Après un troisième mariage en 1966 avec le milliardaire allemand Gunter Sachs, relation placée sous les projecteurs médiatiques, elle épouse en 1992 Bernard d’Ormale, ancien conseiller politique avec lequel elle partage son engagement en faveur des animaux. À plus de 90 ans, Brigitte Bardot évoque avec lucidité ses regrets de mère absente, tout en se réjouissant de voir son fils, ses petits‑enfants et arrière‑petits‑enfants venir lui rendre visite à Saint‑Tropez.
Une figure controversée mais incontournable
Depuis les années 1990, les prises de position publiques de Brigitte Bardot lui valent plusieurs condamnations pour incitation à la haine ou propos discriminatoires. Ses écrits et interviews, souvent très durs, provoquent un débat récurrent : comment concilier la reconnaissance d’une œuvre artistique majeure et l’examen critique de positions politiques jugées offensantes par une partie de l’opinion ?
Malgré ces controverses, son influence sur l’histoire du cinéma et de la représentation féminine demeure incontestable. Elle inspire de nombreux cinéastes, photographes, stylistes et artistes, et son image, robe vichy, chignon flou, ballerines, œil de biche, reste associée à une certaine idée de la liberté et de la modernité des années 1950‑1960.
Ils lui rendent hommage
Héritage : entre mythe de « BB » et fondation pour les animaux
Brigitte Bardot laisse un double héritage. D’un côté, un corpus de films qui ont profondément marqué le cinéma français et européen : « Et Dieu… créa la femme », « En cas de malheur », « La Vérité », « Vie privée », « Le Mépris » restent étudiés, restaurés et projetés dans les cinémathèques du monde entier. De l’autre, une fondation qui continue, au‑delà de sa personne, à agir en faveur des animaux, à intervenir dans des sauvetages, à plaider pour des lois plus protectrices, et à sensibiliser le grand public à la souffrance animale.
« BB » aura ainsi incarné, successivement puis simultanément, la star libre qui bouscule les codes, la femme fatiguée qui choisit de disparaître de l’écran au sommet de sa gloire, et la militante tenace qui consacre le reste de sa vie à ceux qui n’ont pas de voix. Cet entrelacs de lumière, de zones d’ombre et d’engagement forge une légende unique, au croisement du 7e art, de la culture populaire et de la cause animale.
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