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Mohammad Bakri, figure emblématique du cinéma et du théâtre palestiniens, est mort le 24 décembre 2025
Mohammad Bakri, figure emblématique du cinéma et du théâtre palestiniens, est mort le 24 décembre 2025
Mohammad Bakri, l'une des figures les plus emblématiques du cinéma et du théâtre palestiniens, est décédé le mercredi 24 décembre 2025 à l'âge de 72 ans. L'acteur et réalisateur s'est éteint au centre médical Galilée de Nahariya, dans le nord d'Israël, des suites de troubles cardiaques et pulmonaires, selon sa famille.
Mis à jour le 26 déc. 2025
Né le 27 novembre 1953 dans le village de Bi'ina, en Galilée, Mohammad Bakri s'est imposé comme une figure emblématique du cinéma palestinien pendant plus de quatre décennies. Citoyen palestinien d'Israël ayant étudié la littérature arabe et le théâtre à l'université de Tel Aviv, il a construit une carrière artistique marquée par l'engagement, la résistance et une fidélité inébranlable à la cause palestinienne.
Un acteur reconnu internationalement
Bakri a fait ses débuts au cinéma en 1983 dans Hanna K., réalisé par le maître grec-français Costa-Gavras. Cependant, c'est son rôle dans le film Beyond the Walls (1984) de Uri Barbash qui lui a valu une reconnaissance internationale décisive. Ce drame carcéral, qui met en scène l'amitié improbable entre un détenu palestinien et un prisonnier juif, a valu une nomination à l'Academy Award pour le Meilleur film en langue étrangère.
Vidéo. - Bande annonce de "Beyond the walls" - Warner Bros EV
En sa mémoire
3 hommages
Pour rendre hommage à Monsieur MOHAMMED BAKRI, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageAu cours de sa carrière, Bakri a contribué à 43 productions comme acteur, réalisateur et producteur, apparaissant dans plus de 40 films. Il a collaboré avec des réalisateurs de renom, notamment les cinéastes italiens Paolo et Vittorio Taviani, et s'est produit sur les scènes de la France, de la Belgique, des Pays-Bas, du Danemark et du Canada.
The Pessoptimist : L'incarnation de la résilience palestinienne
L'une des contributions majeures de Bakri reste son interprétation du personnage de Saïd al-Mutasha'il dans la pièce de théâtre The Pessoptimist (1986), adaptée du roman éponyme d'Émile Habibi de 1974. Cette création théâtrale a marqué les esprits : Bakri l'a jouée plus de 1 500 fois en quatre décennies, notamment lors de tournées couronnées de succès en Grande-Bretagne et internationalement. Cette pièce l'a établi comme la plus grande vedette du théâtre palestinien jusqu'en 2007.
Vidéo.- Piece de théatre : The Pessoptimist (EV)
Le cinéaste du mémoire palestinien
En 1998, Bakri a marqué le 50e anniversaire de la Nakba en réalisant 1948, son premier long métrage documentaire, qui rassemblait des témoignages de survivants des massacres de Deir Yassin et d'al-Dawayima, ainsi que des interviews avec des écrivains palestiniens comme Taha Muhammad Ali.
Cependant, c'est le documentaire Jenin, Jenin (2002) qui a définitivement positionné Bakri comme une voix critique majeure sur la situation palestinienne. Composé d'interviews de résidents du camp de réfugiés de Jénine après l'assaut militaire israélien de 2002, le film a provoqué une controverse majeure en Israël. Bakri a affronté plus de deux décennies de poursuites judiciaires, de censure systématique et d'exclusion des plateformes culturelles. En 2021-2022, la Cour suprême israélienne a confirmé l'interdiction du film, le qualifiant de « diffamatoire ».
Vidéo. - Bande annonce du Documentaire Jenin, Jenin
Malgré cette persécution, Bakri a réaffirmé son refus de se taire, déclarant sans détour qu'il « referait ce film pour dénoncer les crimes inhumains commis par l'armée d'occupation ». De manière paradoxale, la censure a amplifié la portée du film plutôt que de l'étouffer. Jenin, Jenin reste disponible sur YouTube et Vimeo, témoignant de la détermination de Bakri à préserver la mémoire palestinienne face aux tentatives d'effacement.
L'art comme survie et résistance
Bakri considérait l'art comme une forme de survie et de résistance. Ses films palestiniens offraient une fenêtre sur l'expérience multidimensionnelle des Palestiniens, explorant la fading belief in armed resistance des années 1980, la célébration du patrimoine palestinien oublié et la critique de la bureaucratie étouffante sous occupation.
Bakri a soutenu une famille de six enfants avec sa femme Leila, dont plusieurs ont suivi ses traces au cinéma, notamment ses fils Saleh, Ziad et Adam, qui ont tous poursuivi des carrières prestigieuses dans le cinéma palestinien et international. La radio arabo-israélienne A-Shams a publié un texte d'hommage sur ses réseaux sociaux, qualifiant le défunt de « voix libre ».
« Depuis ses débuts au théâtre, l'art n'était pas un simple loisir pour Mohammed Bakri, mais un outil de prise de conscience et de confrontation », souligne la radio. « Son documentaire Jenin, Jenin a marqué un tournant qui a ébranlé le pouvoir israélien, et enflammé le débat qui s'est poursuivi jusqu'à la Knesset (Parlement israélien, NDLR) et aux tribunaux », précise le texte. « L'expérience léguée par Mohamed Bakri restera présente, rappelant que l'art peut être un acte de résistance », conclut cet hommage.