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Jean-Pierre Azéma, historien de l’Occupation et figure majeure de la mémoire française, est mort à 87 ans
Jean-Pierre Azéma, historien de l’Occupation et figure majeure de la mémoire française, est mort à 87 ans
Jean-Pierre Azéma est mort le 14 juillet 2025 à l’âge de 87 ans. Spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, il fut l’un des pionniers de l’histoire du régime de Vichy.
Mis à jour le 30 juil. 2025
Élevé par sa grand-mère après une enfance marquée par les privations et l’internat, Jean-Pierre Azéma porte dès son plus jeune âge le poids d’un héritage familial lourd. Son père, Jean-Henri Azéma, journaliste collaborationniste, a fui la France à la Libération pour s’exiler en Argentine après avoir rejoint la Waffen-SS. L’historien ne le revoit qu’en 1968. Cette trajectoire paternelle influencera en profondeur sa sensibilité d'historien, sans pour autant déterminer son engagement intellectuel.
Un historien engagé dès ses jeunes années
Au lycée Lakanal de Sceaux, Jean-Pierre Azéma se lie d’amitié avec Michel Winock, avec qui il cosigne Les Communards en 1964. Après des études brillantes en khâgne, il réussit l’agrégation d’histoire. Il est profondément marqué par le séminaire de René Rémond sur Vichy en 1967, qui cristallise sa vocation. Dès lors, il choisit de « s’immerger » dans cette période, dans une volonté assumée de rigueur et de distanciation critique.
Vidéo.- L'historien Jean-Pierre Azéma en visite au Mémorial de Caen
En sa mémoire
7 hommages
Pour rendre hommage à Monsieur Jean-Pierre AZÉMA, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageLa Seconde Guerre mondiale comme champ d’étude
Dès les années 1970, Jean-Pierre Azéma devient une référence incontournable de l’histoire de l’Occupation. Son ouvrage La Collaboration, 1940-1944 (PUF, 1975) s’impose comme un texte fondateur. Il poursuit avec De Munich à la Libération (1979), qui lui vaut un véritable succès académique. Historien des deux versants de la guerre – collaboration et Résistance – il s'attache à restituer la complexité de cette période sans manichéisme, dans une démarche d’enquête patiente et documentée.
Pourquoi sa mort est-elle une perte si marquante ?
Parce que Jean-Pierre Azéma fut un des premiers à explorer avec rigueur l’histoire du régime de Vichy et de la Résistance, à une époque où ces sujets restaient sensibles.
Une voix critique dans l’espace public
Professeur à Sciences Po et au Centre de formation des journalistes, Azéma a formé plusieurs générations d’étudiants. Proche de la gauche, il milite dans les années 2000 pour une histoire non instrumentalisée, notamment via l’association Liberté pour l’histoire. Il dénonce les lois mémorielles imposant une vérité officielle, et intervient régulièrement dans les médias pour rappeler la nécessité d’un regard historique libre et documenté.
Vidéo.- Jean-Pierre Azéma et Jean-Claude Carrière - Jean-Marie Colombani invite (12/04/2013)
Un passeur d’histoire populaire et engagé
Jean-Pierre Azéma a su mettre son savoir au service d’un large public. Conseiller historique de la série Un Village français, collaborateur régulier de la revue L’Histoire, il a également travaillé avec Claude Chabrol sur L’Œil de Vichy. Son engagement mémoriel culmine en 2012 lorsqu’il préside le comité historique de la Mission interministérielle des anniversaires des deux guerres mondiales. Il intervient encore en 2023 pour défendre la mémoire de Pierre de Bénouville, injustement attaqué.
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