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Angelo Rinaldi, plume acérée et Immortel engagé, s’éteint à 84 ans à Paris

L’écrivain, critique littéraire et académicien Angelo Rinaldi est mort le 7 mai 2025, à l’âge de 84 ans. Prix Femina 1971, il était une figure incontournable de la littérature française.

Angelo Rinaldi, capture d'écran youtube

Angelo Rinaldi, capture d'écran youtube

Écrivain, journaliste, critique littéraire et académicien, Angelo Rinaldi a marqué de son style intransigeant plus d’un demi-siècle de vie littéraire. Né le 17 juin 1940 à Bastia, il quitte la Corse à 20 ans pour rejoindre Paris, sans jamais renier sa culture natale. Son deuxième roman, La Maison des Atlantes, lui vaut le prix Femina en 1971. Dès lors, sa plume s’impose comme une référence, entre élégance du style et férocité du jugement.

Un journaliste à l’instinct de chasseur

Avant d’être critique, Rinaldi est d’abord reporter et chroniqueur judiciaire. Il fait ses armes dans les colonnes de Nice-Matin et Paris-Jour, avant de devenir une figure redoutée de la critique littéraire dans L’Express, Le Point, Le Nouvel Observateur et Le Figaro littéraire, qu’il dirige de 2003 à 2005. Dans ses chroniques, il défend une idée haute de la langue et du style, n’hésitant jamais à égratigner les idoles du moment.

Vidéo.- Angelo Rinaldi : Confessions sur l'écriture, le temps et l'échec | INA Culture

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En sa mémoire

6 hommages

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Un critique sans concession

Rinaldi se revendiquait d’une critique « littéraire avant d’être mondaine ». Admirateur de voix marginales comme François Augieras, Jean Rhys ou Italo Svevo, il n’a jamais craint de s’opposer au consensus. Duras, Kundera, Modiano ou encore Simenon ont été tour à tour ses cibles. Son franc-parler était légendaire : « J’ai toujours écrit ce que je pensais », disait-il en 2024. Il croyait davantage au métier qu’à la carrière.

Un académicien fidèle à ses convictions

Élu à l’Académie française en 2001 au fauteuil n°20, Angelo Rinaldi est reçu sous la Coupole en 2002. Il y siège aux côtés de son compagnon, l’écrivain Hector Bianciotti — formant le premier couple homosexuel officiellement reconnu parmi les Immortels. En 2011, il démissionne de la présidence de l’association Défense de la langue française, en désaccord avec un prix remis à Éric Zemmour. Ce geste résume bien sa droiture.

Où est-il mort ?

À Paris, le mercredi 7 mai 2025.

À quel âge ?

Il avait 84 ans.

Un legs littéraire entre ombre et lumière

Son œuvre littéraire, marquée par la Corse, les figures d’autorité, les amours interdites et l’exigence formelle, demeure singulière. En mars 2025, Les Roses et les Épines, recueil de 58 chroniques, est réédité. Il y exprime son amour de la langue, son goût pour les romans noirs américains et sa méfiance face aux engouements passagers. Pour lui, la littérature était affaire de vérité, non de compromis.