- Accueil
- Décès célèbres
-
René Goscinny : un adieu au père d'Astérix et génie de la bande dessinée
René Goscinny : un adieu au père d'Astérix et génie de la bande dessinée
René Goscinny, disparu le 5 novembre 1977, a marqué de son génie l’univers de la bande dessinée francophone. Scénariste prolifique et co-créateur d’Astérix, Iznogoud et du Petit Nicolas, il a contribué à populariser des personnages inoubliables et a révolutionné le métier de scénariste dans le 9e art. Pionnier, rédacteur en chef de Pilote, il laisse un héritage culturel unique, avec près de 500 millions d’ouvrages vendus à travers le monde, consacrant son influence internationale.
Mis à jour le 09 mars 2026
René Goscinny est né le 14 août 1926 à Paris dans une famille juive ashkénaze d'origine polonaise et ukrainienne. Son père, Stanislas, ingénieur chimiste, a fui les persécutions en Europe centrale, tandis que sa mère, Anna, issue d'une famille cultivée, a dirigé une imprimerie spécialisée dans les journaux yiddishophones. Goscinny a un frère aîné, Claude, et est apparenté à plusieurs figures notables, dont le philosophe Daniel Béresniak.
De l’Argentine à l’armée française
René Goscinny, né à Paris en 1926, s’installe en Argentine avec sa famille en 1927, où son père travaille pour la Jewish Colonization Association. Pendant son enfance, il s’illustre par son sens de l’humour et son talent pour le dessin, tout en étant marqué par les horreurs de la Seconde Guerre mondiale qui touchent sa famille restée en Europe. Après le décès de son père en 1943, il se lance dans la publicité avant de rejoindre l’armée française en 1946, où il devient illustrateur officiel.
En sa mémoire
1 hommage
Pour rendre hommage à Monsieur René GOSCINNY, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageLa quête de René Goscinny à New York : entre rêves et premières publications
Après son arrivée à New York, René Goscinny cherche désespérément à percer dans le milieu de la bande dessinée, mais essuie de nombreux refus malgré ses efforts et ses créations. En 1948, il trouve finalement un emploi dans une agence de publicité, où il collabore avec Harvey Kurtzman et publie son premier livre pour enfants. Peu après, il se lie d’amitié avec Morris, ce qui l’incite à envisager un retour en Europe, où il rencontre Albert Uderzo, avec qui il développera une collaboration fructueuse, ouvrant la voie à ses futures réussites.
Son héritage
René Goscinny, scénariste majeur de la bande dessinée, a créé des personnages emblématiques comme Lucky Luke et Le Petit Nicolas. Sa collaboration avec Morris sur Lucky Luke commence en 1948, avec la publication de Des rails sur la prairie en 1955, où il parodie l'Ouest américain. En 1953, il s'associe à Jean-Jacques Sempé pour donner vie à Le Petit Nicolas, illustrant l'enfance avec humour. Goscinny défend les droits des dessinateurs via ÉdiFrance et collabore avec le Journal de Tintin, apportant son humour à des séries comme Oumpah Pah. Son œuvre demeure une référence incontournable dans la bande dessinée.
La naissance d'Astérix
En 1959, le magazine Pilote voit le jour grâce à Raymond Joly et ÉdiFrance, avec Goscinny comme secrétaire de rédaction et co-auteur avec Uderzo d'Astérix, qui apparaît dans la première édition. Le nom d'Astérix pourrait dériver des termes typographiques, tandis qu'Obélix s'inspire probablement des obélisques égyptiens. Goscinny, en parallèle, continue d'écrire pour Le Petit Nicolas et d'autres séries. En 1963, lui et Charlier deviennent co-rédacteurs en chef de Pilote, redressant le magazine en intégrant des œuvres novatrices et en augmentant les salaires des dessinateurs. Goscinny crée également des séries comme Iznogoud. Avec le lancement d'Astérix en 1961, le succès s'intensifie, atteignant des millions d'exemplaires vendus, ce qui permet à Goscinny de faire reconnaître le métier de scénariste de bande dessinée en France.
De quoi est-il mort et où repose-t-il ?
René Goscinny est décédé d'une crise cardiaque le 5 novembre 1977 à l'âge de 51 ans. Il repose au cimetière de Montrouge, situé dans la commune de Montrouge, en région parisienne. Sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage pour ses fans et admirateurs.
Vie privée de René Goscinny
René Goscinny a connu des débuts difficiles sur le plan économique, vivant des périodes de chômage aux États-Unis entre 1946 et 1948, soutenu par sa mère à New York. À son retour en France, il habite dans une petite chambre avant d'améliorer sa situation financière et de faire venir sa mère pour s'installer ensemble dans un appartement à Paris. En 1965, il rencontre Gilberte Pollaro-Millo, une Niçoise, qu'il épouse en 1967. Ils ont une fille, Anne, née en 1968, qui deviendra écrivaine. Goscinny s'intéresse également aux croisières, un loisir qui a marqué sa vie personnelle.
Goscinny et le monde de l'édition
Dans l'Europe d'après-guerre, trois éditeurs dominent le secteur des journaux illustrés : Charles Dupuis avec Spirou, Raymond Leblanc avec Tintin, et Georges Dargaud, qui édite Tintin depuis 1948. Goscinny a peu de relations directes avec Dupuis, ses collaborations se faisant principalement par l’intermédiaire de Morris. En revanche, ses rapports avec Dargaud sont souvent tendus, en partie à cause de la reconnaissance de son importance en tant qu’auteur. Avant sa mort, un conflit éclate entre Goscinny et Dargaud concernant un contrat pour Lucky Luke, entraînant une série d'actions judiciaires qui perdurent après sa mort, avec Gilberte Goscinny et Uderzo poursuivant Dargaud pour les droits d’exploitation des albums d’Astérix.
Goscinny : identité et racisme
En réponse aux accusations de chauvinisme, Goscinny met en avant ses origines juives et celles d'Uderzo, déclarant qu'il incarne le prototype du "Français moyen". Il défend son œuvre, soulignant que ses albums se moquent en réalité du chauvinisme. Des personnages comme Obélix montrent une perception humoristique des différences culturelles, tout en intégrant des éléments d’altérité. Goscinny, lui-même issu d'une famille juive persécutée, rejette fermement toute accusation de racisme, affirmant qu'il ne voit que des hommes, sans distinction de race ou de religion. Selon sa fille Anne, le mythe d'Astérix est profondément universel et cosmopolite, né de la collaboration d'un Italien et d'un Juif polonais, représentant ainsi une France laïque et inclusive.
A lire aussi
« René Goscinny, un génie qui a trimé » par Le Dauphiné Libéré
René Goscinny et Albert Uderzo rêvaient d’une série TV pour ce personnage par Le JSL
Astérix, un personnage né par hasard par L'Alsace
Retrouvez tous les décès célèbres dans notre rubrique dédiée.