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Le décès de la plasticienne Vera Molnar
Le décès de la plasticienne Vera Molnar
Vera Molnar, reconnue pour sa proximité avec l'abstraction géométrique, est décédée le 7 décembre 2023 à Paris, à l'âge de 99 ans.
Mis à jour le 26 déc. 2023
Vera Molnár de nom de naissance Vera Gács, voit le jour le 5 janvier 1924 à Budapest, en Hongrie.
À l'âge de 12 ans, son intérêt pour la peinture naît en observant son oncle, un peintre amateur.
Entre 1942 et 1947, elle étudie aux beaux-arts de Budapest, explorant progressivement l'abstraction à travers une série de dessins intitulée « Arbres et collines géométriques ».
Après l'obtention de son diplôme en histoire de l'art et esthétique, elle se rend à Rome à la Villa Médicis avant de s'installer à Paris en 1947 avec François Molnár, son compagnon d'études devenu son mari.
Vera Molnar | Pionniers, Pionnières | Centre Pompidou
À Paris, elle découvre les œuvres de Fernand Léger, Le Corbusier et d'autres peintres abstraits du début du XXe siècle, nourrissant ainsi son intérêt pour le minimalisme et la géométrisation.
Pionnière de l'abstraction géométrique et du minimalisme artistique
Travaillant avec François Molnár jusqu'en 1960, elle poursuit son exploration artistique alors que celui-ci se dirige vers la direction d'un laboratoire de recherche au CNRS.
Durant cette période, elle croise Győző Vásárhelyi et Julio Le Parc, pionniers de l'art optique et cinétique.
En 1960, Vera Molnár participe à la création du Centre de Recherche d'art visuel, plus tard rebaptisé GRAV (Groupe de recherche d'Art visuel), en collaboration avec Julio Le Parc, François Morellet, Yvaral, Horacio García Rossi, entre autres.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Madame Vera MOLNÁR, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageDu pinceau à l’informatique : Vera Molnar révolutionne l’art ! | Tracks | ARTE
Cependant, elle garde une certaine distance vis-à-vis de ces nouvelles tendances artistiques pour se concentrer sur une peinture qu'elle qualifie de « systématique ».
Sa carrière artistique
Sa peinture est ancrée dans l'abstraction géométrique, utilisant des éléments de base tels que la ligne, le cercle, le carré, et le méandre, explorant des séries, permutations et rotations de formes géométriques simples.
Elle s'intéresse spécifiquement au carré, au rectangle et à la ligne, les explorant à travers diverses techniques artistiques : dessin, peinture, ordinateur, collage ou fils tendus.
L'utilisation de l'écriture manuscrite, incluant la sienne et celle d'autres artistes, comme Albrecht Dürer, est également au cœur de sa création artistique.
À partir de 1981, sa correspondance avec sa mère devient source d'inspiration pour créer des formes abstraites basées sur son écriture, retranscrite à l'aide de l'ordinateur.
Son art trouve ses racines chez Piet Mondrian, Kasimir Malevitch, et le mouvement zurichois d'art concret, mais elle est aussi influencée par des artistes tels qu'Albrecht Dürer, Paul Cézanne, Claude Monet et Paul Klee.
Vera Molnar
Rencontrant Jesús-Rafael Soto puis François Morellet dans les années 1950, Molnár partage avec eux un intérêt pour une géométrie systématique, puisant dans les héritages du Bauhaus, du mouvement De Stijl, et des constructivistes russes et polonais.
Refusant de se plier aux codes de la reconnaissance artistique institutionnelle ou galérique, Molnár retarde sa notoriété publique, favorisant l'école américaine à cette époque.
Elle crée en 1959 la "Machine imaginaire", développant des programmes simples qu'elle met en œuvre de manière systématique pour ses travaux artistiques.
L’art de la peinture commence sur la rétine, d’abord celle du peintre, ensuite celle du spectateur
Ces programmes définissent des séries de transformations de formes selon des directives précises, suivant des règles strictes pour explorer la création artistique comme une machine.
À partir de 1968, Véra Molnár devient une pionnière dans l'utilisation de l'ordinateur pour la création artistique, cherchant à transcender l'héritage classique tout en conservant le contrôle absolu sur ses compositions.
En collaboration avec François Molnár, elle conçoit en 1976 le programme Molnart, écrit en Fortran pour les ordinateurs de grande capacité, associant un écran de visualisation et un traceur.
Cet outil informatique lui permet de mener une exploration systématique de la peinture, ouvrant de nouvelles perspectives artistiques sans compromettre son intention créative.
Vera Molnár, interview | Paris | 11 July 2017
En 1976, sa première exposition personnelle à la Galerie de l’École Polytechnique de Londres marque la fin de son éloignement initial vis-à-vis du monde artistique.
En 1980, elle co-fonde le Centre de recherche expérimentale et informatique des arts visuels à l'université de Paris, où elle enseigne également.
Dans les années 1990, elle crée le programme "Resauto", utilisant l'ordinateur pour générer des variations à partir de ses compositions initiales, qu'elle sélectionne ensuite pour les manipuler à la main sur divers supports tels que toile, papier ou sérigraphie.
Si on prend un sujet, et qu’on en modifie les paramètres tout doucement, tout doucement, à un moment donné, on rencontre cette chose curieuse faite d’art, que peut-être on aurait raté si on avait fait des sauts capricieux
Véra Molnár expérimente une multitude de formes artistiques, utilisant divers matériaux et supports, de la création de sculptures à la programmation informatique, en passant par la photographie, les installations, les estampes, les livres d'artiste (les livrimages) et la réalisation d'un Journal intime plastique couvrant 22 volumes totalisant près de 5 000 pages jusqu'en 2020.
En 2022, elle fait un don de 272 estampes, 2 portfolios et 12 maquettes préparatoires à la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art.
Les œuvres de Véra Molnár des années 1950 sont aujourd'hui recherchées, car elles posent les fondements intellectuels de sa transition vers l'utilisation de l'ordinateur dans les années 1960, comme l'indique le galeriste Florent Paumelle.
Véra Molnár réside et travaille à Paris, étant représentée par plusieurs galeries renommées telles que Oniris à Rennes, Berthet-Aittouarès à Paris, DAM à Berlin, Senior & Shopmaker à New York.
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