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Arata Isozaki, architecte visionnaire

Le lauréat du prix Pritzker en 2019, considéré comme l’un des premiers architectes japonais à s’être tourné vers l’extérieur, est mort le 29 décembre 2022, à Tokyo, à l’âge de 91 ans.

Arata Isozaki. Photo Manel Armengol / Archivo, CC BY-SA 2.0 , via Wikimedia Commons

Arata Isozaki. Photo Manel Armengol / Archivo, CC BY-SA 2.0 , via Wikimedia Commons

Mis à jour le 24 août 2023

Architecte, urbaniste et théoricien, Arata Isozaki (1931) est considéré comme l’un des maîtres de l’architecture japonaise contemporaine. Né à Ōita, sur l’île de Kyūshū au Japon, Isozaki était adolescent lors des destructions de Hiroshima et de Nagasaki.

Son début de carrière

Il sort diplômé en architecture de la faculté d’Ingénierie de Tokyo en 1954 et commence sa carrière comme élève de Kenzo Tange (Prix Pritzker 1987).
Lorsqu’il fonde son propre studio en 1963, le Japon en pleine reconstruction connaît un boom économique, tout en étant aux prises avec les conséquences incertaines de la Seconde guerre mondiale sur le plan politique, social et culturel.
Isozaki commence son travail au niveau local, avec de nombreux édifices dans sa ville natale et à Fukuoka, pour ensuite s’étendre rapidement à Gunma, Osaka et Tokyo. « Des ouvrages significatifs de sa carrière initiale comprennent la Prefita Prefectural Library (1962-1966 Ōita), la Festival Plaza de l’Expo 70 (1966-1970, Osaka), le Musée d’art moderne (1971-1974, Gunma) et le Musée municipal d’art de Kitakyushu (1972-1974, Fukuoka) » (fiche biographique du Pritzker).
Dans les années 60, Isozaki conçoit également City in the Air (Tokyo, 1962), un plan futuriste pour Shinjuku jamais réalisé, mais « constitué de strates d’édifices, de résidences et de transports suspendus en hauteur au-dessus de la ville qui en bas vieillissait, en réponse à l’urbanisation rapide ».

Au cours des années, Isozaki élabore des théories sur la forme architecturale qui se traduisent en ouvrages à la géométrie recherchée, parfois représentée par des volumes monolithiques, parfois par la combinaison complexe de volumes primaires, mais avec un résultat toujours monumental.

Ses oeuvres à l'étranger

La redécouverte des lignes et des formes archétypes, l’usage de la couleur et la recherche graphique du groupe influencent Isozaki non seulement dans ses projets d’aménagement, mais également dans son expérience de la composition, par exemple dans le Musée d’art contemporain MOCA de Los Angeles (1983-86).
Ses réalisations comptent la mairie de Kamioka (1976-78) ; le centre municipal de Tsukuba (1979-83) ; l’Art Tower de Mito (1986-90).
Pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992, il réalise le palais des sports Sant Jordi (1990), un édifice qui « inaugure une nouvelle saison dans son architecture, caractérisée par un maniérisme contrôlé, riche en métaphores, qui ressent différentes influences provenant de la tradition japonaise et des courants d’avant-garde » (Treccani).

Depuis les années 90, Isozaki réalise de célèbres ouvrages comme le Musée d’art contemporain à Nagi (1994), la Maison de l’Homme à La Corogne (1995), le Centre d’Art et de Technologie japonais à Cracovie (1994), le commissariat d’Okayama-shi (1996), le centre culturel de Shenzhen (1997-2003), l’Académie centrale des Beaux-arts à Pékin (2003-2008), le Qatar National Convention Center à Doha (2004-2011)...

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