Partager l'article

L'auteure de polar britannique au passé sombre Anne Perry

Anne Perry, célèbre auteure britannique de polars condamnée, adolescente, pour le meurtre de la mère de sa meilleure amie, est décédée le 10 avril 2023, à Los Angeles, elle avait  84 ans.

Anne Perry. Photo Thesupermat, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

Anne Perry. Photo Thesupermat, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

Mis à jour le 04 mars 2025

Anne Perry, de son vrai nom Juliet Hulme, née à Blackheath près de Londres, le 28 octobre 1938, est une auteure britannique de romans policiers victoriens.

L'affaire Parker-Hulme

La jeunesse d'Anne Perry est compliquée, puisqu'elle a été condamnée pour le meurtre de la mère d'une « amie très proche ». En effet, Anne Perry, suite au divorce de ses parents, devait être envoyée chez sa tante en Afrique du Sud et a demandé à son amie Pauline Parker de l'accompagner. La mère de Pauline s'opposant à leur départ, les deux filles ont donc décidé d'organiser son assassinat.

Cette affaire est l'une des plus connues de Nouvelle-Zélande où elle vivait alors, et sera adaptée en film « Créatures célestes » (1994), co-écrit et co-produit par Frances Walsh et son mari Peter Jackson, qui en assurera la réalisation. Elle bénéficiera d'une mesure de clémence, puisque la famille regagnera le Royaume-Uni en 1959, cinq ans après le drame.

Anne Perry : une plume contre la bienséance

Son besoin d'écriture semble avoir toujours existé, en tout cas dès ses premières hospitalisations dans son enfance, marquées par des échappées dans l'imaginaire (elle cite fréquemment Alice de Lewis Carroll), mais il lui faudra attendre une vingtaine d'années avant de voir ses efforts couronnés de succès par la publication en 1979 de L'Étrangleur de Cater Street, premier d'une longue série de succès mérités.

Le temps ne semble pas avoir toutefois effacé toutes les blessures éprouvées dans sa jeunesse par Anne Perry, puisque tous ses romans policiers victoriens témoignent d'une révolte contre la « bienséance pudibonde dont s'affuble la bonne société victorienne » (selon les termes du Bulletin critique du livre français).

Sans délaisser sa « spécialisation victorienne », elle a toutefois mené quelques incursions dans le domaine de la littérature fantastique et a entrepris une nouvelle série policière ayant pour cadre le Paris de la Révolution française, puis une autre ayant pour cadre la Première Guerre mondiale.