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L'acteur français Raymond Bussières n'est plus
L'acteur français Raymond Bussières n'est plus
Raymond Bussières est célèbre en tant qu'acteur français, connu pour ses rôles de titi parisien plein de gouaille dans les années 50 et 60, notamment dans des seconds rôles marquants aux côtés de grandes stars du cinéma français. Il est décédé le 29 avril 1982 à Paris, à l'âge de 74 ans.
Studio Harcourt, Public domain, via Wikimedia Commons
Mis à jour le 14 mars 2025
Raymond Bussières est né le 3 novembre 1907 à Ivry-la-Bataille en Eure. Ses parents, Pierre Bussières et Marie Chataignier, tiennent un bar-tabac dans la ville. Son père, qui a été instituteur, a également tenté sa chance en politique en se présentant à la députation de la Corrèze sous l'étiquette socialiste.
Élève au collège Rotrou de Dreux de 1920 à 1925, il se lie d'amitié avec Maurice Buffet, futur peintre, avec qui il loge chez les parents de ce dernier. Il développe aussi des amitiés durables avec des personnalités locales comme Roger Lemonne et Louis Barbot, qu'il continuera de fréquenter pendant de nombreuses années, notamment lors du tournage de La Carapate à Dreux en avril 1978.
Une vie sur les planches
À Dreux, Raymond Bussières monte des petites pièces de théâtre au Cercle laïque, incluant notamment une parodie du Cid où il incarne le personnage de Rodrigue.
Initialement intéressé par des études de médecine, il abandonne ce projet faute de moyens financiers. Il travaille alors chez un métreur, qui l'encourage à passer le concours de dessinateur topographe à la ville de Paris, qu'il réussit avec succès.
Avec quelques amis, il fonde une troupe de théâtre engagée politiquement à gauche, baptisée le « groupe Octobre », en référence à la Révolution soviétique. Leur répertoire était teinté de propagande révolutionnaire, et ils intervenaient lors de grèves pour soutenir les travailleurs. Sur la recommandation de Paul Vaillant-Couturier, Bussières fait la connaissance de Jacques Prévert, qui lui propose de faire de la figuration dans un film dont il a écrit le scénario, prévu pour 1933 : Ciboulette.
Engagements politiques et militantisme syndical
Raymond Bussières, membre fondateur du groupe Octobre dans les années 1930, contribue avec Jacques Prévert à la création de textes d'agitprop. Le nom du groupe, proposé en hommage à la Révolution d'Octobre russe, témoigne de leur engagement politique. En 1933, il se rend en URSS avec Prévert et leur troupe de théâtre.
Son expérience en Espagne en 1936 avec les Brigades internationales le conduit à démissionner du Parti communiste français, désillusionné par le stalinisme. Par la suite, il s'engage activement dans le militantisme syndical des comédiens.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Raymond BUSSIÈRES, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageVidéo.- Raymond Bussières et Noël Roquevert dans "Mon fragin du Sénégal" (de Guy Lacourt, 1953)
De la scène au grand écran
Raymond Bussières débute sa carrière avec des rôles mineurs au cinéma tout en poursuivant son travail de fonctionnaire à la ville de Paris. En 1936, il tente d'obtenir le rôle de Jacques dans le célèbre film de Julien Duvivier, La Belle Équipe, mais est finalement remplacé. Par la suite, il décroche un rôle plus substantiel dans le film Nous les gosses réalisé par Louis Daquin en 1941.
Engagé chez Pathé pour trois ans, il quitte son emploi dans la fonction publique. Surnommé "Bubu" dès ses débuts, il se fait remarquer dans des films populaires tels que L'assassin habite au 21 en 1941 et Quai des Orfèvres en 1947 d'Henri-Georges Clouzot avec Louis Jouvet et Bernard Blier, ainsi que dans Casque d'Or en 1951 avec Simone Signoret et Les Belles de nuit en 1952 de Jacques Becker en compagnie de Gina Lollobrigida. Il acquiert une certaine renommée grâce à ces rôles marquants, notamment en Italie, même si ses incursions dans le cinéma italien ne rencontrent pas un grand succès.
Vidéo.- Raymond bussières serge reggiani casque d'or becker
Raymond Bussières : l'icône du Paris populaire
Son charisme, son accent typiquement parisien le hissent parmi les acteurs les plus en vue des années 50 et 60, souvent sollicité pour des seconds rôles remarquables. À la fin de sa carrière, il incarne des personnages mémorables comme le vieux homme ambitieux dans Les Sous-doués, désireux d'obtenir son baccalauréat, ou encore le chauffeur de Louis de Funès dans L'Aile ou la Cuisse, retrouvant ainsi un regain de popularité.
En septembre 1981, peu avant son décès, il confie :
Bien qu'on vieillisse, l'esprit reste vif. On n'est pas des aigris. La vie m'a réservé bien des surprises... Dans ma jeunesse, il fallait se débrouiller seul. J'ai grandi au cœur du Paris populaire, côtoyant des gens qui ont façonné ma langue et mon personnage. C'est grâce à eux que j'ai trouvé mon identité.
Vidéo.- L’AILE OU LA CUISSE 1976
Sa vie privée
Raymond Bussières, célèbre acteur français, est marié à l'actrice Annette Poivre, surnommée "Poivron", rencontrée en 1943 lors des répétitions d'une pièce de théâtre. Son épouse apparaît fréquemment dans les mêmes films que lui. Bussières est également le père adoptif de la comédienne Sophie Sel, fille d'un précédent mariage d'Annette Poivre. Le couple réside dans le 17e arrondissement de Paris, rue Cardinet, où ils sont voisins de longue date de leur ami d'enfance Maurice Bernard. Passionné de pêche et de chasse, Bussières pratique régulièrement ces activités.
Quelle est la cause de son départ ?
Après être resté trois semaines dans le coma suite à une crise cardiaque, Raymond Bussières décède à l'hôpital Bichat, le 29 avril 1982, dans le 18e arrondissement de Paris.
Où est-il inhumé ?
Ses funérailles ont lieu à Marchenoir, dans le Loir-et-Cher, où il est enterré.
Des hommages suite à sa disparition
Après sa mort, plusieurs hommages ont été rendus à Raymond Bussières, notamment dans le monde du cinéma français. Ses collègues acteurs et réalisateurs ont exprimé leur respect et leur admiration pour son travail et son talent. Des rétrospectives de ses films ont également été organisées dans certains cinémas et festivals pour célébrer sa carrière. De plus, des articles et des émissions spéciales lui ont été consacrés dans les médias, mettant en lumière son héritage cinématographique.