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Le rugbyman Christophe Dominici

Photo ER/Lionel VADAM
Photo ER/Lionel VADAM

L'ancien ailier de Toulon, du Stade Français et du XV de France (67 sélections dont deux titres du Grand Chelem, en 1998 et 2004) s'en est allé ce mardi 24 novembre dans les Hauts-de-Seine, à seulement 48 ans.

Une pointe de vitesse redoutable, des crochets dévastateurs et un grand sens du collectif : Christophe Dominici demeurera à jamais dans la légende du rugby français, notamment pour son essai incroyable inscrit face aux All Blacks, en 1999. Il est l'un des derniers dignes représentants de ce que nos voisins anglais appellent encore le french flair , quand l’inspiration et le génie des arrières tricolores faisaient basculer l’ovalie du rationnel à la folie.

Mais la balle n’a pas toujours rebondi du bon côté pour Christophe Dominici, endeuillé à 14 ans par le tragique décès de sa sœur aînée Pascale, dans un accident de la route. Le prélude d’une vie débridée, que le rugby a sans doute sauvée. Après le Mondial perdu face à l’Australie, le plus populaire des rugbymen tricolores a même sombré dans la dépression.

Plaqué sans ballon, le natif de Toulon a réussi à se relever, pour transformer son agressivité en énergie positive sur le pré. Formé dans le Var, il a rejoint le Stade Français en 1997. Sous l’ère Max Guazzini, il s’est imposé comme l’un des leaders de la formation parisienne (47 essais). Sa soif de vaincre s’exprimait aussi chez les Bleus (67 sélections, 25 essais), il reste aussi à ce jour, avec 8 essais, le meilleur marqueur français en Coupe du monde.

Son après-carrière, amorcée en 2008, a été fidèle à l’image du joueur qu’il était sur le terrain : insaisissable. Son expérience d’entraîneur adjoint des lignes arrières du club de la capitale a tourné court. En 2016, sa tentative d’intégrer le comité directeur de la FFR a échoué. Dernier projet de reconversion avorté, cet été : son rachat de Béziers, porté des fonds émiratis mais finalement rejeté par le gendarme financier de la LNR.

Ses retrouvailles manquées avec le monde du rugby ne doivent pas cacher son sens pour les affaires, hérité de ses parents : Monte Bacco, son groupe producteur de vins et d’eaux minérales, a réalisé l’an dernier plus de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sans oublier non plus ses activités de consultant et d’acteur, ni sa participation à l’émission Danse avec les stars.

Il laisse derrière lui son épouse, Loretta et leurs deux filles, Chiara et Mya.

La chevauchée fantastique de Christophe Dominici face aux All Blacks en 1999

Vous pouvez rendre hommage au défunt sur sa page commémorative sur le site Libra Memoria et présenter vos condoléances à ses proches en témoignant votre sympathie.

Publié le 25/11/2020