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Jacques Copeau : décès du réformateur visionnaire du théâtre français
Jacques Copeau : décès du réformateur visionnaire du théâtre français
Jacques Copeau, né en 1879 et décédé en 1949, fut une figure incontournable du théâtre français, à la fois critique, metteur en scène et fondateur du théâtre du Vieux-Colombier. Visionnaire, il réforma l’art dramatique avec une approche centrée sur l'acteur et la simplicité scénique, influençant durablement la scène théâtrale du XXe siècle.
Mis à jour le 10 oct. 2024
Jacques Copeau, né le 4 février 1879 à Paris dans une famille bourgeoise industrielle, grandit dans la capitale et suit une scolarité prestigieuse. Passionné de théâtre et lecteur avide, il fréquente le lycée Condorcet, où il se révèle brillant mais irrégulier, échouant au baccalauréat et redoublant sa classe de philosophie.
Entre théâtre et vie familiale : une passion dès l'adolescence
À 17 ans, Jacques Copeau rencontre Agnès Thomsen, qui deviendra sa compagne de vie. Tout en nourrissant une vocation littéraire et théâtrale, il écrit sa première pièce, Brouillard du matin, en 1897. Après un mariage en 1902 à Copenhague, il retourne en France et travaille dans l'usine familiale tout en s'immergeant dans le milieu intellectuel parisien. Critique dramatique et ami d'André Gide, Copeau allie sa vie de famille à sa passion pour le théâtre et les arts.
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Jacques COPEAU, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageLa fondation de la nouvelle revue française : un appel à la rénovation théâtrale
En 1908, Jacques Copeau, soutenu par ses amis André Gide et Jean Schlumberger, cofonde La Nouvelle Revue française, devenant rapidement l'une des voix les plus influentes du théâtre. Il y dénonce le théâtre commercial et plaide pour un retour à un art dramatique épuré. Libéré de ses responsabilités familiales grâce à la vente de l'usine familiale, Copeau se concentre sur ses critiques théâtrales et sa vision d'un théâtre réformé. En 1913, il concrétise ses idées en ouvrant le Théâtre du Vieux-Colombier, symbolisant une rupture avec le théâtre parisien conventionnel.
L'aventure bourguignonne de Jacques Copeau : la naissance des Copiaus
En 1924, Jacques Copeau et sa troupe s'installent en Bourgogne, à Merceuil, dans une quête d'authenticité théâtrale loin de Paris. Malgré des difficultés financières, la troupe, surnommée les Copiaus par les villageois, explore un théâtre populaire inspiré de la commedia dell'arte et participe à la vie agricole. Jouant des œuvres de Molière et des créations originales sur des places de villages, cette aventure théâtrale marque un tournant dans l'approche scénique de Copeau. Toutefois, en 1929, la troupe évolue vers La Compagnie des Quinze, sous la direction de Michel Saint-Denis.
Sa conversion religieuse et son impact sur son œuvre théâtrale
En 1925, Jacques Copeau se convertit au catholicisme, influencé par Paul Claudel et le cercle Maritain. Cette décision marque un tournant spirituel et artistique dans sa vie. Bien qu'il participe à des projets inspirés par sa foi, Copeau met en garde contre un dogmatisme qui étoufferait la liberté artistique. Sa vision du théâtre, fusionnant le charnel et le spirituel, reste indépendante de toute doctrine. Fidèle à sa foi sans en faire une propagande, Copeau laisse une empreinte durable dans le monde théâtral, comme le souligne Albert Camus.
Que lui est-il arrivé ?
Malade depuis plusieurs années, Jacques Copeau meurt le 20 octobre 1949 aux hospices de Beaune, en Bourgogne. Il repose au cimetière communal de Pernand-Vergelesses, un village où il s'était retiré pour poursuivre son œuvre. Son petit-fils par alliance, le chanteur Graeme Allwright, a été enterré à ses côtés en février 2020, marquant une nouvelle page dans l'héritage familial.
Les années 1930 et 1940 de Jacques Copeau : un metteur en scène au cœur des arts
Dans les années 1930, Jacques Copeau reste une figure influente du théâtre, mettant en scène des pièces à Florence et Paris, tout en continuant à traduire Shakespeare et à jouer au cinéma. Il contribue à des productions de la Comédie-Française et devient administrateur en 1940, mais démissionne en 1941 face aux pressions du régime de Vichy. Retiré en Bourgogne, il se consacre à l'écriture, notamment avec Le Petit Pauvre en 1944, et influence des figures comme Jean Vilar grâce à son essai Le Théâtre populaire.
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