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Le dernier voyage d'André Breton : la disparition du maître du surréalisme

André Breton, figure emblématique de l'avant-garde littéraire et artistique du XXe siècle, incarne l'esprit révolutionnaire du surréalisme. Poète, écrivain et théoricien, il a marqué l'histoire avec des œuvres majeures comme Nadja et L'Amour fou, tout en dirigeant un mouvement artistique qui a redéfini l'imaginaire. Collaborateur des plus grands artistes de son époque, il reste un pilier incontournable de la culture française.

André Breton, via Wikimedia Commons

André Breton, via Wikimedia Commons

Mis à jour le 18 sept. 2024

André Breton est né le 19 février 1896 à Tinchebray en Normandie. Fils unique d'un gendarme et issu de la petite bourgeoisie catholique, il reçoit une éducation stricte. Il passe son enfance à Pantin avant que sa famille ne s'installe à Paris en 1918.

Les débuts littéraires et intellectuels d'André Breton

Au lycée Chaptal, André Breton découvre la littérature et la philosophie, influencé par des auteurs comme Baudelaire et Rimbaud. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il rencontre des figures marquantes comme Apollinaire et Jacques Vaché, dont les idées sur l'humour et la révolte le marquent profondément. Durant cette période, il s'intéresse à la psychanalyse de Freud et côtoie de futurs surréalistes comme Aragon et Soupault, préparant le terrain pour sa future implication dans le mouvement Dada et la création surréaliste.

André Breton, via wikimédia commons

André Breton, via wikimédia commons

En sa mémoire

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Les débuts du surréalisme et la rupture avec Dada

En 1919, André Breton cofonde la revue Littérature avec Aragon et Soupault, marquant le début de ses expériences avec l'écriture automatique, notamment dans Les Champs magnétiques. Bien que lié au mouvement Dada, sa collaboration avec Tristan Tzara et Francis Picabia se heurte à des divergences idéologiques. Breton prend ses distances avec Dada en 1921, rejetant son pessimisme. Engagé par Jacques Doucet pour des conseils artistiques, il commence à esquisser les prémices du surréalisme, en quête de nouvelles voies artistiques.

Radicalisation politique et ruptures au sein du surréalisme

En 1924, André Breton lance La Révolution surréaliste et se rapproche du communisme, adhérant au Parti communiste en 1927. Il publie Nadja, tout en traversant des tensions personnelles et professionnelles, notamment avec Aragon et Soupault. Le Second Manifeste du surréalisme marque une radicalisation politique, mais provoque des ruptures au sein du mouvement. En 1934, Breton rencontre Jacqueline Lamba, qui inspire L'Amour fou. Cependant, ses conflits avec le PCF et d'autres artistes, notamment Éluard, conduisent à sa rupture définitive avec le Parti et une nouvelle orientation artistique.

Plaque André Breton, via Wikimédia Commons
Plaque André Breton, via Wikimédia Commons

Que lui est-il arrivé ?

André Breton est décédé le 28 septembre 1966 d'une insuffisance respiratoire, survenue après son rapatriement de Saint-Cirq-Lapopie, où il avait acheté une maison. Il est mort à l'hôpital Lariboisière à Paris.

De l'exil à l'insoumission (1939-1966)

En 1939, mobilisé comme médecin, André Breton se réfugie à Marseille en 1940, où il rejoint d'autres surréalistes à la villa Air-Bel, attendant un visa pour fuir la guerre. En 1941, il part pour New York avec Wifredo Lam et Claude Lévi-Strauss, où il fonde la revue VVV et travaille pour la radio Voix de l'Amérique. Après une brève rencontre avec Aimé Césaire en Martinique, il est interné puis libéré. À New York, Breton publie Arcane 17 et rencontre Elisa Bindorff, qui devient sa compagne.

En 1945, il se rend en Haïti où son passage coïncide avec une révolte populaire. De retour en France, il s'oppose à des figures comme Tristan Tzara et Jean-Paul Sartre, tout en participant à des expositions surréalistes, dont celle de 1947 dédiée à Éros. Il s'engage également dans la promotion de l'Art brut avec Jean Dubuffet.

L'homophobie d'André Breton

Son homophobie a souvent été citée pour expliquer l'exclusion de personnalités comme Jean Cocteau et René Crevel du mouvement surréaliste. Luis Buñuel a témoigné de cette aversion, indiquant que Breton « détestait » les homosexuels, et que Crevel tentait de se conformer à ses attentes. Breton a aussi critiqué Cocteau, dont le mode de vie heurtait les sensibilités du groupe. Lors des discussions sur la sexualité entre 1928 et 1932, Breton a exprimé des positions virulentes, accusant les homosexuels de représenter un « déficit mental et moral ».

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