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Sigmund Freud : la fin d'une ère dans l'exploration de l'inconscient

Le 23 septembre 1939, Sigmund Freud, pionnier de la psychanalyse et explorateur de l'inconscient, nous quittait. Sa méthode novatrice, fondée sur le dialogue entre patient et psychanalyste, a profondément transformé notre compréhension de la psyché humaine et des pathologies mentales.

Sigmund Freud

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Mis à jour le 06 mai 2025

Sigmund Freud, né à Freiberg en 1856, obtient son diplôme de médecine à Vienne en 1881 et devient professeur en neuropathologie en 1902. Fondateur de la psychanalyse, il développe des concepts majeurs comme le complexe d’Œdipe, la théorie de l’inconscient, et les notions de libido et de pulsion de mort. Fuyant les persécutions nazies, il meurt au Royaume-Uni en 1939. Bien que la psychanalyse soit en déclin clinique, elle reste influente dans la culture et les sciences humaines.

Les débuts de Sigmund Freud : de Freiberg à l’université de Vienne

Sigmund Freud est né en 1856 à Freiberg, dans l’Empire autrichien, de parents juifs ashkénazes. Premier de huit enfants, il grandit dans des conditions modestes avant que sa famille ne déménage à Vienne. Brillant élève, Freud obtient son diplôme de maturité en 1873 et entre à l’Université de Vienne pour étudier la médecine. Sous l’influence de divers professeurs, il se distingue dans la recherche sur le système nerveux et obtient son doctorat en 1881. Ses premières recherches ont posé les bases de ses découvertes ultérieures en psychanalyse.

Sigmund Freud
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Débuts professionnels et vie personnelle

En 1882, Sigmund Freud commence sa carrière médicale à l’Hôpital général de Vienne, où ses recherches sur la cocaïne et l’aphasie marquent le début de ses contributions scientifiques majeures. Nommé professeur de neuropathologie en 1885, il fonde en 1886 un cabinet privé spécialisé dans les troubles nerveux et se marie avec Martha Bernays. Leur union donne naissance à six enfants. En 1897, Freud rejoint l’association culturelle B’nai B’rith et prononce un discours sur l'interprétation des rêves. Bien que des rumeurs de liaison avec sa belle-sœur Minna Bernays aient circulé, sa carrière continue de se développer, influencée par ses lectures et ses interactions avec des penseurs contemporains. Freud, fumeur de cigares, se penche aussi sur l'impact des addictions. Son identité juive et ses influences philosophiques jouent un rôle crucial dans sa vision intellectuelle.

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La relation complexe de Freud avec Wilhelm Fliess

Sigmund Freud, qui rencontre Wilhelm Fliess en 1887, trouve en lui un soutien intellectuel et émotionnel crucial. Fliess, oto-rhino-laryngologiste avec des théories controversées sur les biorythmes et les connexions nasogénitales, partage l’intérêt de Freud pour la sexualité et les névroses. Leur correspondance influence profondément les idées de Freud, notamment dans son Projet pour une psychologie scientifique. Cependant, des interventions médicales désastreuses effectuées par Fliess et la gestion problématique de ses patients, comme Emma Eckstein, nuisent à leur relation. Freud, bien que critique de certaines idées de Fliess, défend son ami dans ses écrits. Leur amitié se détériore finalement en raison de divergences théoriques et de conflits personnels, aboutissant à une rupture acrimonieuse en 1906.

Contributions clés de Freud

- L'inconscient: Freud propose que des pensées et des désirs inconscients influencent le comportement et les émotions.

- L'interprétation des rêves : Il introduit l'idée que les rêves sont des expressions symboliques des désirs inconscients.

- La théorie de la libido : Freud développe la notion que la libido, ou énergie sexuelle, est une force motivante majeure dans le développement psychologique.

- Le complexe d'Œdipe : Il énonce que les enfants éprouvent des désirs inconscients pour le parent de sexe opposé et de la rivalité avec le parent du même sexe.

Les origines et évolution de la psychanalyse chez Freud

En 1885, Freud se rend à Paris pour étudier l'hypnose avec Charcot, une expérience qui influence sa transition vers la psychopathologie médicale. En 1886, il commence à utiliser l'hypnose à Vienne mais abandonne cette méthode en faveur de l'association libre après des résultats incohérents. Freud développe la psychanalyse, une méthode basée sur l'analyse des rêves et le dialogue libre, et introduit les concepts de l'inconscient et du complexe d'Œdipe. Ses théories fondamentales sont publiées dans L'Interprétation des rêves (1899) et Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905).

Ses premiers adeptes 

En 1902, Freud est nommé professeur extraordinaire à l’Université de Vienne grâce à l’intervention de la baronne Marie Ferstel. Il continue ses conférences régulières et fonde la société psychologique du mercredi, marquant le début du mouvement psychanalytique mondial. Ce groupe, initié par Wilhelm Stekel, réunit des médecins viennois tels qu’Alfred Adler, Max Kahane et Rudolf Reitler, tous influencés par la psychanalyse et contribuant à sa diffusion.

Sigmund Freud

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Les premiers mouvements psychanalytiques

Après la fondation de l'IPA en 1910, des sociétés et instituts psychanalytiques se développent mondialement. À Berlin, Abraham et Eitingon créent la Société psychanalytique et l’Institut en 1920, influençant fortement le mouvement. En Russie, les premiers soutiens étatiques sont annulés en 1924, tandis qu'Ernest Jones fonde la British Psychoanalytical Society en 1919. Des instituts apparaissent en Europe et en Amérique, avec Freud assistant à son dernier congrès en 1922, tout en continuant à suivre les développements par correspondance. En 1930, il reçoit le prix Goethe pour ses contributions.

Cancer

En 1917, Freud remarque une lésion douloureuse dans sa bouche mais ne consulte pas. En 1923, la lésion, désormais suspectée d'être cancéreuse, est ignorée par Freud malgré les conseils d'arrêter de fumer et de se faire opérer. Après une chirurgie compliquée, les médecins, craignant que Freud ne se suicide, ne lui révèlent pas immédiatement la gravité de son état.

Rue Sigmund Freud

Rue Sigmund Freud

Comment Freud a-t-il été confronté à sa fin de vie en 1939 ?

En septembre 1939, le cancer de la mâchoire de Freud, jugé inopérable, provoquait des douleurs intenses. En discutant de sa fin avec son médecin, Max Schur, Freud demande à ce que la décision de mettre fin à ses souffrances soit laissée à l'avis d'Anna Freud. Schur, convaincu par les circonstances, administre des doses de morphine, ce qui conduit à la mort de Freud le 23 septembre 1939. Les détails de ces derniers instants varient selon les récits. Après sa mort, Freud est incinéré à Golders Green, et ses cendres sont placées dans un urne conçue par son fils Ernst.

Fuite de Vienne sous le régime nazi

En janvier 1933, les nazis brûlent les livres de Freud, qui reste à Vienne malgré les risques croissants. Après l'Anschluss en mars 1938 et l'arrestation d'Anna Freud par la Gestapo, Freud accepte finalement de quitter l'Autriche. Ernest Jones facilite son exil en Grande-Bretagne en obtenant des permis d'immigration avec le soutien de diplomates américains comme William Bullitt et John Cooper Wiley.

La passion de Freud pour la cocaïne

Freud a d'abord vanté les mérites de la cocaïne comme stimulant et analgésique dans son article de 1884, et l'a recommandée pour divers troubles, y compris comme antidépresseur. Malgré des découvertes importantes par Karl Koller, Freud a continué à promouvoir la cocaïne, même pour traiter la dépendance à la morphine, ce qui a conduit à des cas de dépendance sévère comme celui d’Ernst von Fleischl-Marxow. Bien que Freud ait cessé de recommander publiquement la cocaïne en 1896, il en a continué l’usage personnel jusqu’à cette date.