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La disparition du scénariste et réalisateur Claude Sautet le 22 juillet 2000

Claude Sautet était célèbre pour ses films explorant les relations humaines et la vie quotidienne, marqués par un style réaliste et des dialogues poignants. Ses œuvres, telles que "Les Choses de la vie" et "Vincent, François, Paul... et les autres," ont solidifié sa place parmi les grands réalisateurs du cinéma français. Il est mort le 22 juillet 2000, à l'âge de 76 ans.

Claude SAUTET capture d'écran youtube

Claude SAUTET capture d'écran youtube

Mis à jour le 08 juil. 2025

Claude Sautet est né le 23 février 1924 à Montrouge. À dix ans, il chante comme soprano soliste dans une chorale et, poussé par une grand-mère cinéphile, il se passionne pour le cinéma. Élève médiocre, il rate son bac en 1940 et, après un passage par la peinture et la sculpture, il décide de devenir monteur influencé par Le jour se lève de Marcel Carné.

Pour échapper au STO, il part dans le Jura et rejoint un centre d'aide aux jeunes délinquants. Là, il rencontre Graziella Escojido, qu'il épouse en 1953. Après la Libération, il intègre l'IDHEC et adhère brièvement au Parti communiste avant de le quitter en 1952. Engagé, il signe le Manifeste des 121 pour l'indépendance de l'Algérie en 1960 et consacre son film de 1978, Une histoire simple, au féminisme et au combat pour l'IVG.

De l'assistant réalisateur au maître du scénario

Après l'IDHEC, Claude Sautet devient critique musical pour le journal Combat, en tant que fan de jazz et travaille comme assistant réalisateur sur divers films, nouant notamment une amitié avec Yves Robert. En 1955, il réalise Bonjour sourire après le départ de Robert Dhéry, mais ne se reconnaît pas dans ce film. Durant les années 1950 et 1960, il est principalement assistant réalisateur, travaillant sur des films comme Les Yeux sans visage et Le fauve est lâché, où il remplace le réalisateur en désaccord avec Lino Ventura, aboutissant à Classe tous risques en 1960. Malgré des débuts prometteurs, ce film est éclipsé par la sortie d'À bout de souffle de Jean-Luc Godard.

Meurtri par cet échec, il part pour Cinecittà où il travaille comme assistant. En 1965, il réalise L'Arme à gauche avec Lino Ventura, mais le film est fraîchement accueilli. Affecté, Sautet se concentre sur des rôles d'assistant et d'écriture pour des films comme La Vie de château, Borsalino, et Les Mariés de l'an II, gagnant le surnom de "ressemeleur de scénario" de François Truffaut.

Vidéo.- Claude Sautet

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En sa mémoire

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Le Triomphe du film ''Des Choses de la Vie''

Le "Docteur Sautet", comme il est surnommé, se rapproche de Jean-Loup Dabadie lors de l'adaptation du roman Les Choses de la vie. Sautet accepte de réaliser le film, marqué par l'idée de commencer par une scène d'accident de la route. Pour la musique, il collabore avec Philippe Sarde, début d'une longue collaboration. Sautet impose Michel Piccoli pour le rôle principal masculin et découvre Romy Schneider, qu'il choisit pour le rôle féminin, marquant le début d'une collaboration durable. Le film, sorti en 1970, est un immense succès public et critique, avec près de trois millions d'entrées, une sélection à Cannes et un prix Louis-Delluc. La chanson "La Chanson d'Hélène" devient également très populaire.

Un renouveau pour Claude Sautet

Le succès du long-métrage des Choses de la vie accole à Sautet une image de conservateur, focalisé sur la bourgeoisie. Pour se renouveler, il adapte Max et les Ferrailleurs de Claude Néron, séduit par le personnage de Max, un policier ancien membre du PCF. Sautet retravaille l'histoire avec Néron et Dabadie, recentrant l'intrigue sur les rapports entre Max et Lily, une prostituée. Romy Schneider et Michel Piccoli reprennent les rôles principaux, tandis que Philippe Sarde compose une bande originale marquante. Le film, sorti en 1971, rencontre un succès honorable avec 1,9 million d'entrées et reçoit des critiques très positives, bien que Sautet ressente une légère désaffection du public.     

Vidéo.- Claude Sautet "C'est Lino Ventura qui m'a poussé à travailler" | Archive INA

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Entre personnages et succès

Le réalisateur Sautet revient à des récits plus personnels avec César et Rosalie en 1972, un projet initialement entamé en 1962. Avec Jean-Loup Dabadie et Claude Néron, il choisit de se concentrer sur les caractères plutôt que sur l'intrigue, ce qui lui vaut des critiques élogieuses. Yves Montand, convaincu de jouer le rôle principal, initie une collaboration fructueuse. Romy Schneider remplace Catherine Deneuve, et le film rencontre un grand succès, attirant plus de 2,5 millions de spectateurs en France.

Sautet atteint un sommet avec Vincent, François, Paul... et les autres en 1974, adapté d'un roman de Néron. Il étoffe les personnages et leurs relations, mettant en avant un trio d'acteurs : Montand, Michel Piccoli, et Serge Reggiani. Le film, salué pour sa qualité, se distingue par des scènes marquantes et un traitement habile des émotions, consolidant ainsi la réputation de Sautet dans le cinéma français.

Vidéo.- CESAR ET ROSALIE - extrait "Le restaurant"

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Ses derniers projets 

Claude Sautet, poussé par Romy Schneider, entame son projet Un mauvais fils en 1980, avec l'écriture d'abord seul, puis en collaboration avec Jean-Paul Török. Le film, ancré dans un milieu ouvrier, met en avant un personnage principal plus jeune que Sautet. Gérard Depardieu est initialement envisagé pour le rôle principal, mais son évolution personnelle conduit Sautet à choisir finalement Patrick Dewaere, tandis qu'Yves Robert joue le père. Bien que le film soit entaché par les problèmes de Dewaere, il obtient un succès modéré avec plus d'un million d'entrées.

Sautet se tourne ensuite vers Garçon !, projeté pour Yves Montand. La coécriture avec Jean-Loup Dabadie se révèle difficile, aggravée par le décès de Romy Schneider. Les tensions sur le tournage, dues à l'égocentrisme de Montand, conduisent à de nombreux remaniements. Malgré un succès modeste de 1,5 million d'entrées et quatre nominations aux César, le film reçoit des critiques mitigées.

Vidéo.- Vincent, François, Paul... et les autres (1974) - Trailer

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Fin de carrière et controverses

Fatigué par l'âge et la maladie, Claude Sautet abandonne la réalisation mais s'associe avec Studio canal en 1998, pour remastériser et remonter plusieurs de ses films, coupant des scènes dans des œuvres comme Mado, Vincent, François, Paul... et les autres, et Les Choses de la vie.

En 2001, Canal Plus diffuse onze de ses films restaurés. En 2005, Alexandre Jardin affirme dans son livre Le Roman des Jardin que son frère Frédéric est né d'une liaison entre Sautet et sa mère, mais des tests ADN en 2008 réfutent cette thèse.

La tombe de Claude Sautet

La tombe de Claude Sautet

De quoi est mort Claude Sautet ?

Gros fumeur, il décède le 22 juillet 2000, d'un cancer du foie.

Où se trouve sa tombe ?

Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.