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Jacques Feyder, pionnier du cinéma européen, s’éteint à 62 ans après une carrière prolifique
Jacques Feyder, pionnier du cinéma européen, s’éteint à 62 ans après une carrière prolifique
Jacques Feyder, cinéaste belge naturalisé français, s’est éteint le 24 mai 1948 à 62 ans. Il laisse derrière lui une œuvre marquante du muet au parlant.
Mis à jour le 09 mai 2025
Né Jacques Frédérix le 21 juillet 1885 à Ixelles, en Belgique, Jacques Feyder est issu d'une famille intellectuelle et artistique. Son père, avocat influent, était également président du Cercle artistique de Bruxelles. Son grand-père, Gustave Frédérix, était un critique théâtral reconnu. Refusant la carrière militaire que sa famille lui destinait, le jeune Jacques choisit le théâtre, où il rencontre sa future épouse, Françoise Rosay. Ensemble, ils formeront un couple mythique du cinéma, et deux de leurs enfants deviendront également réalisateurs.
Les débuts d’un passionné du septième art
Après avoir été acteur de théâtre puis figurant dans plusieurs films, Feyder devient assistant réalisateur au début des années 1910. Il adopte le pseudonyme "Feyder", inspiré d’une rue voisine à son domicile bruxellois. Dans une industrie encore balbutiante, il s’impose progressivement grâce à ses courts métrages. Il développe un goût prononcé pour les tournages en extérieur et une attention minutieuse à la qualité visuelle, notamment dans Têtes de femmes, femmes de tête.
Vidéo.- ENTRETIEN AVEC JACQUES FEYDER
En sa mémoire
Pour rendre hommage à Monsieur Jacques FEYDER, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageL’Atlantide et la conquête des grands espaces
En 1921, Feyder révèle son talent au grand public avec L’Atlantide, tourné dans le Sahara. Il y démontre une exigence rare pour l’époque en refusant de tourner en studio et en valorisant la force des décors naturels. Ce souci d’authenticité devient sa marque de fabrique. La critique salue la puissance évocatrice de ses images. Ce film, qui connaît un immense succès, fait de lui un réalisateur incontournable du cinéma français.
Visages d’enfants, entre ambition et épreuves
Tourné dans les Alpes suisses, Visages d’enfants (1925) reste l’une des œuvres les plus personnelles de Feyder. Entre difficultés financières et ambitions artistiques, le film souffre d’une sortie tardive mais est considéré par les critiques comme un chef-d’œuvre. Jean Mitry n’hésite pas à affirmer : « S'il me fallait retenir un seul film de toute la production française des années 1920, c'est assurément Visage d'enfants que je retiendrais. »
Vidéo.- LA POLÉMIQUE ENTRE JACQUES FEYDER ET HENRI JEANSON
Des États-Unis à la consécration européenne
À la fin des années 1920, Feyder s’installe à Hollywood sous contrat avec la MGM. Il y tourne plusieurs films avec Ramon Novarro, puis revient en France. Là, il devient mentor de Marcel Carné et reçoit le Prix international de la mise en scène à la Mostra de Venise pour La Kermesse héroïque (1935). Il incarne désormais une figure centrale du cinéma d’auteur européen, alliant exigence esthétique et narration sensible.
Que s’est-il passé le 24 mai 1948 ?
Jacques Feyder s’éteint à l’âge de 62 ans à Prangins, en Suisse, après une carrière qui aura profondément marqué l’histoire du cinéma. Si les causes exactes de sa mort ne sont pas largement documentées, on sait qu’il s’était éloigné progressivement des plateaux dans les dernières années de sa vie, probablement affaibli.
Une fin de carrière marquée par la transmission
La Seconde Guerre mondiale interrompt une partie de ses projets, mais Feyder tourne encore La Piste du Nord et Une femme disparaît, toujours avec Françoise Rosay. Il reste actif jusqu’à la fin, collaborant même avec Marcel Blistène sur Macadam en 1946. Il meurt le 24 mai 1948 à Prangins, en Suisse. Ses funérailles ont lieu à Bruxelles, où il est inhumé.