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La disparition de l'écrivain français Albert Camus

L'écrivain Albert Camus, célèbre pour ses romans ''L'Étranger'', ''La Peste'' ou encore ''Le Mythe de Sisyphe'', est décédé le 4 janvier 1960 à Villeblevin, en France.

Studio Harcourt, Public domain, via Wikimedia Commons

Studio Harcourt, Public domain, via Wikimedia Commons

Mis à jour le 03 janv. 2025

Albert Camus est né le 7 novembre 1913 à Mondovi (actuelle Dréan) en Algérie, lors de la période coloniale. Son père est issu des premiers colons français dans la région annexée par la France en 1834. En 1909, il épouse Catherine Hélène Sintès, originaire de Minorque, en Espagne. Leur fils aîné, Lucien Jean Étienne, naît en 1910 à Alger, suivi par Albert, né en 1913 à Mondovi. La famille fait face au paludisme en 1914 et s'installe à Alger avec la mère de Catherine et ses deux frères, Étienne et Joseph. La situation financière difficile les contraint à déménager dans un quartier plus éloigné du centre-ville en 1921.

C'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour

L'influence de la guerre sur Albert Camus

Son père a été mobilisé au début de la Première Guerre mondiale en tant que 2e classe dans le 1er régiment de zouaves. Blessé gravement à la tête par un éclat d'obus en septembre 1914, il a été évacué vers un hôpital auxiliaire à Saint-Brieuc, où il décède moins d'une semaine après, le 11 octobre 1914, à l'âge de 28 ans. Cette perte laisse Albert et son frère orphelins de père et ils sont désignés pupilles de la Nation.

En sa mémoire

Pour rendre hommage à Monsieur Albert CAMUS, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.

Rendre hommage

Vidéo. - Qui était Albert Camus ?

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Albert Camus n'a eu que peu de souvenirs de son père, se limitant à quelques photographies, des éclats d'obus, des rapports de gestion de domaines vinicoles et deux cartes postales. Ces dernières contenaient des messages marquants pour le jeune Albert. Le premier exprimait la réprobation de son père envers la cruauté de la guerre, soulignant l'importance de la retenue : « Un homme, ça s’empêche ». Le second était une critique de la peine de mort, illustrée par l'histoire du père malade après avoir assisté à une exécution.

Vidéo. - Albert Camus : des quartiers pauvres d'Alger au prix Nobel de littérature

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La mère d'Albert, était partiellement sourde, illettrée et ne maîtrisant que quelques gestes de communication. Elle vivait dans un isolement linguistique, incapable de lire ou d'écrire, utilisant un vocabulaire restreint et une gestuelle spécifique à sa famille. Cette expérience a profondément affecté Albert Camus, qui a exploré dans son œuvre le thème de l'indicible, du silence et de l'impossibilité à communiquer (représenté notamment dans des œuvres comme « Les Muets », « L’Étranger », « Le Malentendu » et « Le Renégat à qui on a coupé la langue »). Pour lui, le silence était souvent fatal, une privation qui condamnait les personnages, illustrant ainsi la détresse des individus privés de voix ou incapables de se faire entendre. La souffrance des personnes muettes, selon Camus, était un thème central, tout comme l'injustice liée à l'impossibilité de s'exprimer.

Les études de Camus

Albert Camus fréquente l'école de la rue d’Aumérat à Alger, où son instituteur, Louis Germain, joue un rôle crucial dans son éducation. Très tôt, Germain remarque les capacités prometteuses de Camus : il excelle dans le sport, est habile de ses mains et se distingue par son excellence académique. Pendant ses années d'études primaires, Louis Germain encourage activement Camus à approfondir ses connaissances. Malgré l'opposition de la grand-mère de Camus, qui préférerait qu'il commence à travailler plus tôt pour gagner sa vie, Germain, un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, offre des leçons gratuites à Camus pour le préparer au concours des bourses en 1924.

Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou

Durant cette période, Louis Germain lit à ses élèves des extraits des "Croix de bois" de Roland Dorgelès, un livre qui émeut profondément le jeune Albert. Cette lecture permet à Camus de prendre conscience de l'horreur de la guerre. En reconnaissance de l'impact déterminant de Germain dans sa vie et de son rôle dans son éducation, Camus lui dédie son discours lorsqu'il reçoit le prix Nobel.

Vidéo. - Albert Camus - Discours de réception du prix Nobel, 1957

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Ses racines pour l'écriture et influence de Jean Grenier

Albert Camus est encouragé dans sa vocation littéraire par Jean Grenier, son professeur de philosophie, dont l'influence marquera profondément le jeune étudiant. Grâce à ce dernier, Camus réalise que l'écriture ne se limite pas à divertir, mais constitue également un témoignage de la douleur, de la souffrance et de la condition de sa propre pauvreté.

Les doutes, c’est ce que nous avons de plus intime

Cette découverte s'exprime dans ses premiers essais, "L’Hôpital du quartier pauvre" et "Les Voix du quartier pauvre". Jean Grenier offre à Camus le livre "La Douleur" d’André de Richaud, qui aurait été un catalyseur pour son désir d'écrire. En retour, Camus partage ses premiers écrits avec son professeur et dédie son premier livre, "L’envers et l’endroit", à Grenier, et plus tard, son essai "L'homme révolté". Camus attribue à Grenier une influence majeure sur sa pensée et son style, affirmant que son recueil de nouvelles "L'Été descendait des Îles" trouve ses racines dans un ouvrage de Grenier publié en 1933. Cette amitié se manifeste aussi par une correspondance régulière à partir de 1932, finalement rendue publique en 1981.

Vidéo. - Pourquoi il faut relire Albert Camus aujourd'hui

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Durant cette période, entre 1932 et 1933, Camus écrit également un essai, "Beriha ou le rêveur", et devient secrétaire de la section algérienne du Mouvement Amsterdam-Pleyel. Restant attaché à ses racines modestes, il incarne la voix des exclus, des oubliés et des marginaux, décrivant les ténèbres que vivent au quotidien des millions d'anonymes.

La bêtise insiste toujours

Camus attribue à "L’Envers et l’Endroit", publié en 1937 mais préparé dès sa jeunesse, une source fondamentale qui alimente sa vie et sa création artistique, évoquant un monde de pauvreté et de lumière qu'il a longtemps connu. Il obtient son diplôme d'études supérieures en Lettres, option philosophie, en 1936, avec un mémoire sur les pensées de Plotin et Augustin d'Hippone.    

Les débuts engagés d'Albert Camus

Dans juin 1934, Albert Camus se marie avec Simone Hié, une starlette d'Alger. Cependant, leur mariage est vite ébranlé par la toxicomanie de Simone et ses infidélités répétées avec Max-Pol Fouchet, un ami de Camus. En parallèle, en 1935, sur les conseils de Jean Grenier, Camus rejoint le Parti communiste algérien (PCA). Les convictions anticolonialistes et la défense des opprimés incarnées par ce parti correspondent à ses propres idées. Cette même année, il commence à écrire "L'Envers et l'Endroit", publié deux ans plus tard par Edmond Charlot, dont la librairie est un lieu de rassemblement pour les jeunes écrivains algérois, y compris Max-Pol Fouchet. Sous l'égide du PCA, Camus fonde et dirige le "Théâtre du Travail". Cependant, en 1936, la direction du parti change de cap, privilégiant la lutte antifasciste au détriment de l'anticolonialisme. Cette modification entraîne des poursuites et des emprisonnements pour les militants.

Créer, c’est vivre deux fois

Camus, en désaccord avec ce virage idéologique, exprime son mécontentement et est exclu du Parti en 1937. En réaction, il crée le "Théâtre de l'Équipe" avec ses amis, cherchant à promouvoir un théâtre populaire, loin des contraintes strictement politiques. Cette période le voit également nouer des amitiés avec des écrivains tels qu'Emmanuel Roblès grâce à des répétitions adaptées de la nouvelle d'André Malraux, "Le Temps du mépris". Engagé dans le journalisme, Camus devient rédacteur en chef pour le journal "Alger Républicain", puis pour "Le Soir Républicain", lancé en septembre 1939 lorsque la publication du premier est suspendue. Son enquête intitulée "Misère de la Kabylie" en juin 1939, dénonçant les conditions de vie extrêmement difficiles, lui vaut une grande notoriété.

Vidéo. - Albert Camus, entretien et lecture d'un fragment de L'Homme révolté

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Parallèlement à ses engagements, Camus nourrit une réflexion profonde sur la liberté de la presse et les principes journalistiques, en pratiquant quotidiennement le journalisme dans les journaux qu'il dirige. Sous divers pseudonymes, il contribue à des rubriques telles que "Sous les éclairages de la guerre", aux côtés de Pascal Pia et Robert-Édouard Charlier, cultivant ainsi une écriture en "communauté d'esprit".

Engagement et écriture entre guerre et résistance

En 1940, le gouvernement de l'Algérie interdit Le Soir républicain, alors qu'Albert Camus divorce de Simone Hié pour épouser Francine Faure. Ils s'installent à Paris, où Camus travaille comme secrétaire de rédaction à Paris-Soir sous Pascal Pia et fonde également la revue Rivage. Durant cette période, sa relation avec André Malraux prend de l'importance, et ce dernier recommande la publication de "L'Étranger", qui sort simultanément avec l'essai "Le Mythe de Sisyphe" en 1942. Pendant son séjour à Chambon-sur-Lignon (1942-1943) pour soigner sa tuberculose, Camus observe la résistance pacifique à l'Holocauste, ce qui l'inspire pour ses œuvres, notamment "Le Malentendu" et "La Peste", qu'il commence à écrire sur place.

Un homme est toujours la proie de ses vérités

En août 1945, après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima, Camus dénonce cet acte dans un éditorial publié par "Combat", mettant en garde contre les perspectives terrifiantes qui menacent l'humanité. À la Libération, il s'oppose activement à l'Épuration, dénonçant la haine persistante dans la société française. À la demande de François Mauriac, il signe une pétition demandant la grâce de Robert Brasillach, connu pour ses activités collaborationnistes pendant la guerre. En 1943, il devient lecteur chez Gallimard, entre dans la Résistance et prend la direction de "Combat". Bien qu'il ne veuille pas que le journal soit affilié à un parti politique, il s'affirme comme la "voix de la France nouvelle". Camus adopte le pseudonyme "Albert Mathé" et rejoint la Résistance sous le nom de code "Bauchard". Durant cette période, il rencontre André Gide et Jean-Paul Sartre, établissant une amitié avec ce dernier.

Créer, c'est aussi donner une forme à son destin

En 1946, Camus se lie d'amitié avec René Char et se rend aux États-Unis. À son retour en France, il publie des articles critiquant l'expansionnisme soviétique. En 1947, il rencontre un grand succès avec la parution du roman "La Peste", suivi deux ans plus tard par la pièce de théâtre "Les Justes". 

Sa vision sociale 

Albert Camus, dans un volet de sa vie intitulé "La plume et l'épée" selon Roger Quilliot, incarne un engagement constant, ancré dans ses convictions. Il exprime son refus du désespoir dans ses "Lettres à un ami allemand", soulignant son amour de la vie et son ardent désir de justice, impulsif et indomptable. Son engagement précoce émerge du prolétariat, s'affirmant dès ses débuts au Théâtre du Travail avec "Révolte dans les Asturies". Camus rejoint le Parti communiste algérien (PCA), dénonçant les inégalités dans son reportage "La misère en Kabylie" paru dans Alger républicain en 1938. Son passage dans la Résistance, son écriture pour "Combat" et ses luttes engendrent une lassitude face à des forces contraires à la justice et la vérité.

Vidéo. - Camus, homme révolté

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Camus aspire à concilier justice et liberté, à dénoncer la violence, à défendre la paix et à combattre la peine de mort tout au long de sa vie. Plus tard, il soutient le droit à l'objection de conscience et refuse de s'associer à la demande de levée d'interdiction du livre "La Question" sur la torture en Algérie. Sa position face à "Le Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir révèle un sentiment de blessure pour l'homme français, déplorant une potentielle "ridiculisation" de la figure masculine. Dans son engagement, Camus affiche une conception de l'égalité entre les sexes où la femme reste souvent perçue comme un objet par rapport à la conscience masculine, une vision que Beauvoir critique, soulignant le côté "plus égalitaire" du point de vue masculin méditerranéen.

Un exemple n'est pas forcément un exemple à suivre

Le tragique accident d'Albert Camus

Le 2 janvier 1960, Albert Camus célèbre le Nouvel An à Lourmarin en compagnie de sa famille et de ses amis. Le lendemain, sa femme Francine et leurs deux enfants retournent à Paris en train, comme prévu. Camus, initialement prévu pour les accompagner, décide finalement de prolonger son séjour et de rentrer avec ses amis, voyageant dans une voiture luxueuse. Le 4 janvier, après une nuit passée à l'auberge Le Chapon Fin à Thoissey, ils reprennent la route. Michel Gallimard est au volant, Camus occupe le siège passager, tandis que Janine et Anne se trouvent à l'arrière du véhicule. Alors qu'ils roulent à grande vitesse près de Pont-sur-Yonne à Villeblevin, la voiture dérape sur une chaussée mouillée, quitte la route et heurte violemment deux platanes successivement, se désintégrant à l'impact. Les débris de la voiture sont dispersés sur une longue distance. L'horloge du tableau de bord reste figée à 13h55, et le compteur indique une vitesse de 145 km/h.

Vidéo. - Il y a 62 ans, Albert Camus mourrait dans un accident de voiture

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À cette époque, il n'y avait pas de limite de vitesse sur la route, mais les médias ont évoqué une vitesse excessive ainsi qu'une défaillance du pneu. Madame Gallimard subit des blessures graves aux jambes, tandis qu'Anne est éjectée de l'autre côté de la route, se raccrochant à un coussin, ce qui lui sauve la vie. Michel Gallimard, quant à lui, souffre de plusieurs fractures du crâne et est hospitalisé, mais décède six jours après l'accident.

 

Qui était Albert Camus ?

Albert Camus, est un écrivain pied noir, dramaturge, essayiste et philosophe français. Il a développé dans son œuvre très diverse un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurdité de la condition humaine.

A quel âge est mort Albert Camus ?

Albert Camus est né en 1913 à Mondovi en Algérie et est mort en 1960 à Villeblevin dans l'Yonne, à l'âge de 46 ans.

De quoi est mort Albert Camus ?

Albert Camus est décédé dans un accident de voiture sur une route nationale près de Champigny-sur-Yonne.

Où est enterré Albert Camus ?

Décédé le 4 janvier 1960 à l'âge de 46 ans, Albert Camus est enterré au cimetière du Lourmarin dans le Vaucluse, en France.

Comment se sont déroulées ses obsèques ?

Ses obsèques ont eu lieu le 4 janvier 1960 à Lourmarin, dans le sud de la France. Sa dépouille a été transportée à Lourmarin, où il avait une maison, et ses funérailles ont eu lieu dans l'intimité familiale et en présence de quelques proches et amis.

Des hommages pour le grand écrivain 

Après sa mort, de nombreux hommages lui ont été rendus :

Hommages littéraires

De nombreux écrivains, intellectuels et amis de Camus ont écrit des articles, des essais ou des livres pour rendre hommage à son travail littéraire et à son impact philosophique. Certains ont également partagé des souvenirs personnels de leur relation avec Camus.

Hommages académiques et universitaires

Des conférences, des colloques et des séminaires ont été organisés dans diverses universités et institutions académiques pour discuter de l'œuvre de Camus, de ses idées philosophiques et de son héritage littéraire.

Hommages artistiques

Des artistes de divers domaines tels que la peinture, la musique, le théâtre et le cinéma ont également rendu hommage à Camus à travers leurs œuvres, en s'inspirant de ses écrits ou de sa vie.

Mémoriaux et monuments

Des statues, des plaques commémoratives et d'autres formes de mémoriaux ont été érigés en l'honneur d'Albert Camus, notamment à Lourmarin où il est enterré, mais aussi dans d'autres villes françaises et à l'étranger.

Prix et récompenses

Certains prix littéraires ou distinctions honorifiques ont été créés ou décernés en mémoire de Camus pour reconnaître son héritage littéraire et philosophique.

Hommages publics

Des commémorations publiques ont eu lieu à travers des événements spéciaux, des lectures publiques de ses œuvres, des projections de films basés sur ses écrits.