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Le décès de la femme de lettres, actrice et journaliste française Colette à l'âge de 81 ans

Colette est populaire pour ses écrits innovants qui explorent la sensualité, la féminité et la liberté personnelle, et pour sa personnalité flamboyante qui a marqué les milieux littéraire et artistique du XXe siècle. Elle est morte le 3 août 1954, à l'âge de 81 ans. 

Henri Manuel, Public domain, via Wikimedia Commons

Henri Manuel, Public domain, via Wikimedia Commons

Mis à jour le 16 juil. 2025

Sidonie-Gabrielle Colette, connue sous le nom de Colette, est née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye dans l'Yonne. Elle est réputée comme étant l'une des grandes romancières françaises, célèbre tant en France qu'à l'international. Sa bisexualité, affirmée et revendiquée, marque sa vie et son œuvre. Élu membre de l'Académie Goncourt en 1945, elle en devient la présidente de 1949 à 1954. Colette est également la première femme en France à bénéficier de funérailles nationales.

Vidéo.- Colette (Sidonie-Gabrielle Colette) - Des Destins et des Lieux

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Sidonie Landoy, dite « Sido », issue d'une famille mulâtre de Martinique, épouse d'abord Jules Robineau Duclos avec qui elle a deux enfants, puis se remarie avec Jules-Joseph Colette, capitaine blessé lors de la bataille de Melegnano, et a deux autres enfants dont Sidonie Gabrielle Colette.

Son enfance

Gabrielle passe une enfance heureuse à Saint-Sauveur-en-Puisaye, où sa mère, Sido, lui transmet l'art de l'observation et une éducation laïque, bien que la famille soit ruinée par les goûts luxueux de Sido. En 1891, ils s'installent à Châtillon-sur-Loing. Adolescente, Gabrielle rencontre Henry Gauthier-Villars, surnommé « Willy », un critique musical influent et auteur prolifique. Ils se marient en 1893, et Willy introduit Gabrielle dans les cercles littéraires parisiens. Il utilise ses talents d'écriture en tant que prête-plume. Sous le nom de Colette Willy, elle commence sa carrière littéraire et publie des chroniques musicales sous le nom de Colette Gauthier-Villars.

En sa mémoire

Pour rendre hommage à Madame Sidonie-Gabrielle COLETTE, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.

Rendre hommage

Vidéo.- Colette, féministe par l'exemple, influenceuse des mouvements féministes aujourd'hui

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La carrière littéraire et personnelle de Colette

En 1895, Colette, alors sous le pseudonyme de Willy, commence à écrire ses premiers ouvrages, dont Claudine à l'école et ses suites, marquant le début de sa carrière littéraire. Après sa séparation avec Willy en 1906, elle continue la série des Claudine avec La Retraite sentimentale et se libère progressivement de sa tutelle. Entre 1906 et 1912, Colette se lance au music-hall, où elle se produit dans des spectacles de pantomime. Elle fréquente les milieux homosexuels et lesbiennes, entretenant des relations avec des femmes comme Mathilde de Morny (Missy) et Natalie Clifford Barney. Ses expériences inspirent ses œuvres telles que La Vagabonde et L'Envers du music-hall.

En 1912, elle épouse Henry de Jouvenel, homme politique et journaliste, et écrit pour Le Matin. Leur mariage donne naissance à leur fille, Colette Renée de Jouvenel, surnommée « Bel-Gazou ». Colette entretient une liaison avec Bertrand de Jouvenel, le fils de son mari, ce qui influence son livre Le Blé en herbe. Leur divorce est prononcé en 1923, et elle se venge de lui dans Julie de Carneilhan.

Vidéo.- COLETTE Bande Annonce VF (2018)

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Une carrière littéraire et artistique entre collaboration et résistance

En juin 1919, Colette, directrice littéraire du journal Le Matin, engage Léopold Marchand pour sa nouvelle rubrique et collabore avec lui à l’adaptation théâtrale de ses œuvres. Mélomane, elle travaille avec Maurice Ravel sur L'Enfant et les Sortilèges et fréquente de nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique. Présidente du jury du prix littéraire La Renaissance, elle est également impliquée dans diverses activités sociales et culturelles.

En 1925, elle rencontre son troisième mari, Maurice Goudeket. Colette passe beaucoup de temps sur la Côte d'Azur, résidant à Sainte-Maxime et Saint-Tropez, avant de revenir à Paris en 1938. Pendant l'Occupation, elle s'installe en Corrèze avec sa fille puis retourne à Paris, où Maurice est arrêté par la Gestapo mais relâché grâce à l'intervention de nombreuses personnalités. Malgré ses problèmes de santé, Colette continue à écrire et publie dans des journaux collaborationnistes, ce qui lui attire des critiques de la part des résistants.

Vidéo.- 1953 : Colette s'adresse aux téléspectateurs de la RTF | Archive INA

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Icône littéraire et première femme aux obsèques nationales

En 1945, Colette est élue à l'académie Goncourt et en devient présidente en 1949. Très médiatisée, elle est la plus photographiée des écrivaines du XXe siècle. Après la guerre, elle écrit pour Elle et Marie Claire, et devient présidente d'honneur du Conseil littéraire de la Fondation Prince Pierre de Monaco en 1951. En 1952, elle apparaît dans le documentaire Colette de Yannick Bellon, et en 1953, elle est nommée grand officier de la Légion d'honneur. Bien que l'Église refuse un enterrement religieux, elle reçoit des obsèques nationales en 1954, étant la première femme ainsi honorée. 

Il y a souvent plus d’angoisse à attendre un plaisir qu’à subir une peine.

Son lien avec la Belgique

Colette a des liens étroits avec la Belgique grâce à sa famille : son grand-père a combattu à Waterloo, sa mère, Sidonie Landoy, y a vécu de nombreuses années à Bruxelles, et elle-même a séjourné à Saint-Josse-ten-Noode. Colette a souvent évoqué la Belgique dans ses Lettres à Missy et s’est montrée séduite par Liège et Bruxelles lors de ses visites, notamment pour des spectacles comme La Chair en 1910.

En 1922, Colette rencontre Georges Simenon, lui donnant des conseils précieux qui influenceront sa carrière. En 1944, elle est élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, un honneur accepté malgré quelques critiques. Colette entretenait une amitié avec la reine Élisabeth de Belgique, rencontrée en 1931, et la reine a assisté à son hommage au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1954. Cette amitié était marquée par des visites, des lettres et des échanges de présents.

Où repose-t-elle ?

Colette est enterrée dans le cimetière parisien du Père-Lachaise, aux côtés de sa fille.

Hommages posthumes à Colette

En 1956, la Société des amis de Colette est fondée, et elle publie depuis 1977 les Cahiers Colette, offrant des inédits et des études sur l'autrice. Créé en 2015, le « Prix de la Société des amis de Colette » récompense chaque année un ouvrage original sur l'écrivaine.

Un musée Colette a été établi dans le château près de sa maison natale à Saint-Sauveur-en-Puisaye, récemment acquis et réhabilité pour obtenir le label des Maisons des Illustres. Ce musée est ouvert au public depuis mai 2016. Colette est également honorée sur une pièce de 10 € en argent de la Monnaie de Paris et par des établissements éducatifs à son nom à divers endroits, dont Besançon, où une statue géante en son honneur a été inaugurée le 8 mars 2023.