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Pierre Schoendoerffer, mémoire de la guerre d’Indochine, est décédé
Pierre Schoendoerffer, mémoire de la guerre d’Indochine, est décédé
Le journaliste, cinéaste et romancier Pierre Schoendoerffer est décédé le 14 mars 2012, à l'hoputal de Clamart, à l'âge de 83 ans, des suites d'une opération. Il est l’auteur et réalisateur de La 317e section et du Crabe tambour , Grand Prix du roman de l'Académie française en 1977.
Pierre_Schoendoerffer_à_la_Cinémathèque_française, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Mis à jour le 26 févr. 2025
Né dans le Puy-de-Dôme le 5 mai 1928, cet Alsacien d’origine au physique de centurion se rêvait un destin d’aventures et de grand large, à la manière d’un Pierre Loti ou d’un Joseph Kessel, deux auteurs dont il a ensuite adapté plusieurs romans à l’écran ( Ramuntcho, Pêcheurs d’Islande, La Passe du Diable).
Les aventures de Pierre Schoendoerffer
Après avoir bourlingué dix-huit mois en cargo sur la Baltique, il s’engage en 1952 pour satisfaire cet appétit d’aventures, menant la vie des combattants, partageant leurs fatigues et souffrances.
Volontaire pour les grosses opérations, il saute sur Dien Bien Phu à 24 ans pour remplacer, au pied levé, un camarade tué. Prisonnier de guerre pendant quatre mois, il reste dans la région après sa libération et se lance dans le photojournalisme comme correspondant de guerre pour les magazines Life et Paris-Match.
Vidéo.- Pierre Schoendoerffer ★ là-haut, au-dessus des nuages
Débarqué à 19 ans à Saigon comme caméraman au Service cinématographique des Armées, en pleine guerre coloniale, Pierre Schoendoerffer allait en faire un roman puis un film, La 317 e Section, considéré comme l’un des films de guerre les plus justes et les plus humains. Cette marche meurtrière d’une colonne à contresens de l’histoire dans la jungle pour rejoindre Dien Bien Phu, avec ses acteurs fétiches Jacques Perrin et Bruno Cremer, lui valut en 1965 le Prix du meilleur scénario à Cannes.
En sa mémoire
1 hommage
Pour rendre hommage à Monsieur Pierre SCHOENDOERFFER, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir sur sa page commémorative.
Rendre hommageVidéo.- La 317ème section, Pierre Schoendoerffer (1965)
Un homme de guerre et de cinéma
En 1966, Pierre Lazareff le renvoie au Vietnam avec les troupes américaines pour l’ORTF. Courant sur tous les fronts, du Vietnam à l’Afghanistan ou l’Algérie, menant de pair l’écriture et le cinéma, il rencontre à Hong Kong Joseph Kessel, dont il adapte à l’écran le roman La Passe du diable, en 1958. Oscar et César
Après le succès de La 317 e section, puis de La Section Anderson (1967), qui lui vaut un Oscar à Hollywood, il reçoit deux ans plus tard le prix Interallié pour un roman, L’Adieu au Roi.
Dix ans plus tard, Le Crabe tambour décroche le Grand Prix du roman de l’Académie française (1976) avant de devenir un film aux trois César en 1977, dont deux pour ses acteurs Jacques Dufilho et Jean Rochefort, somptueux en officier austère et verrouillé, à la barre de son dernier commandement dans les hautes mers. Le film était librement inspiré de la vie du commandant Pierre Guillaume, qui prit part au putsch des généraux en 1961 en Algérie.
Vidéo.- Rencontre avec Pierre Schoendoerffer
En 1982, le cinéaste revient aux combats sans illusions avec L’Honneur d’un capitaine (Jacques Perrin), dix-neuf jours de commandement pendant la Guerre d’Algérie. En 1991, Dien Bien Phu revisite encore l’héroïsme militaire et les sacrifices inutiles.
À filmer guerres coloniales et illusions perdues, Pierre Schoendoerffer devint, comme Jacques Perrin après lui, un cinéaste adulé des armées, dont l’extrême-droite eût aimé faire son héraut.
Ils essaient de me mettre sur le dos un sac qui n’est pas le mien confiait-il à ce propos au quotidien Libération, à la sortie de son dernier film, en 2004, Là-haut.
Dans une thèse qu’elle lui a consacrée ( Pierre Schoendoerffer, CNRS Éditions), l’historienne Bénédicte Chéron insiste sur la contribution de l’écrivain-cinéaste à « l’édification d’un récit national » : par son travail, a-t-elle expliqué, le cinéaste a « comblé un vide de la mémoire nationale sur l’Indochine », conflit oublié et méconnu entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début de l’Algérie.
Serge Toubiana, le directeur de la Cinémathèque française, qui lui consacrait une rétrospective en 2007, écrit quant à lui sur son blog : « Pierre Schoendoerffer mérite tous les éloges, car il a fait une œuvre. »
Quelle est la cause du décès de Pierre Schoendoerffer ?
Pierre Schoendoerffer est décédé le 14 mars 2012 à l'âge de 83 ans, après avoir succombé à une intervention au sein de l’hôpital Percy à Clamart.
Où est-il inhumé ?
Il repose dans le caveau familial dans le cimetière parisien du Montparnasse.
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