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Jules Supervielle, poète des deux mondes, s’éteint à 76 ans dans son appartement parisien

Mort le 17 mai 1960 à l’âge de 76 ans, Jules Supervielle fut un poète et écrivain majeur du XXe siècle, reconnu pour ses fables, poèmes et contes fantastiques.

Jules SUPERVIELLE, via wikimedia commons

Jules SUPERVIELLE, via wikimedia commons

Mis à jour le 06 mai 2025

Né le 16 janvier 1884 à Montevideo, en Uruguay, Jules Supervielle est l’enfant d’une famille franco-basque profondément liée par les liens du sang et du commerce. Dès sa naissance, il est ballotté entre deux continents : l'Amérique du Sud, où son oncle a fondé une banque florissante, et le Béarn, terre de ses origines. Le drame familial qui frappe ses parents alors qu’il n’a que quelques mois probablement empoisonnés ou victimes du choléra  marque sa vie à jamais. Élevé par son oncle Bernard et sa tante Marie-Anne, il découvre tôt la poésie et le secret de ses origines.

L’éveil d’un poète

À Paris, où il suit ses études dès 1894, Supervielle découvre les grands poètes du XIXe siècle et commence à écrire en secret. Il publie à compte d’auteur son premier recueil, Brumes du passé, à seulement seize ans. Entre voyages en Uruguay et études littéraires, il forge sa sensibilité poétique, marquée par le sentiment d’exil et l’imaginaire transatlantique. Fragile de santé, il échappe à la rudesse militaire mais reste marqué par l'expérience.

Vidéo.- Supervielle Jules

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En sa mémoire

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Une œuvre en expansion

Son œuvre prend une ampleur nouvelle à partir des années 1920. Débarcadères (1922) révèle son style : limpide, dense, hanté par l’étrangeté du monde. Il se lie avec Henri Michaux, Rilke et Paulhan, qui deviendront des soutiens littéraires et humains. En 1923, il publie aussi son premier roman, L’Homme de la pampa, révélant sa double appartenance culturelle. À travers nouvelles, contes, pièces et traductions, il devient une figure incontournable des lettres françaises et hispano-américaines.

Jules Supervielle est-il mort dans des circonstances particulières ?

Non, sa mort survient paisiblement, à l’âge de 76 ans, dans son appartement parisien, des suites de problèmes cardiaques dont il souffrait depuis plusieurs années. Il est inhumé à Oloron-Sainte-Marie, dans cette terre béarnaise où le destin de sa famille s’était scellé bien avant sa naissance.

Exil, reconnaissance et transmission

Ruiné par la faillite de la banque familiale en 1940 et rattrapé par des problèmes de santé, il s’exile à nouveau en Uruguay pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce repli forcé n’entrave en rien son œuvre : il continue à écrire, traduire et donner des conférences. De retour en France en 1946, il devient un passeur entre les cultures, promouvant la poésie française à l’étranger. Il publie ses Contes mythologiques puis, en 1955, son émouvant Boire à la source, récit autobiographique et réflexion sur l’art poétique.

Vidéo.- Une Vie, une œuvre : Jules Supervielle, l'homme qui pensait à autre chose (1884-1960)

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Une fin couronnée d’honneurs

Malgré ses douleurs physiques arythmie et séquelles pulmonaires, il publie un ultime recueil, Le Corps tragique, en 1959. L’année suivante, il est élu prince des poètes, une reconnaissance suprême de ses pairs pour une œuvre humaniste, universelle et profondément innovante. Il meurt le 17 mai 1960 dans son appartement du boulevard Lannes, laissant une œuvre considérable, saluée aussitôt par un numéro hommage de la NRF.