28/10/2010 11:09

Les Français vivent de plus en plus vieux

En France, la mortalité n'a cessé de baisser depuis les années 50. Progrès de la médecine et de la prévention, baisse de la mortalité cardio-vasculaire et meilleures conditions de vie sont autant de raisons qui expliquent pourquoi on vit de plus en plis vieux en France.

 Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’espérance de vie des Français a progressé sans interruption. De 1950 à 2005, elle est ainsi passée de 66,4 à 80,3 ans. Les principales raisons : la baisse de la mortalité infectieuse qui a permis un recul de la mortalité à tous les âges, mais aussi la baisse de la mortalité à des âges de plus en plus élevés, grâce à la baisse des décès dus aux maladies cardiovasculaires.

 
Dans le peloton de tête européen
Aujourd’hui, la population française continue d’augmenter. Autrement dit, on enregistre plus de naissances que de décès. Selon l’Institut national d’études démographiques (*), la population française était de 64,3 millions d’habitants en 2009 (dont 62,4 millions dans les  départements métropolitains). Notre taux d’accroissement naturel (différence entre les naissances et les décès, soit 4,2 ‰) se maintient parmi les plus élevés de l’Union européenne. La France fait en effet partie
des rares pays où ce solde naturel atteint ou dépasse le taux de 3 ‰, avec le Luxembourg (4,1 ‰), le
Royaume-Uni (3,5‰) et les Pays-Bas (3,0‰). Seuls l’Irlande (10,4‰) et Malte (5,2 ‰) nous devancent. L’Allemagne, au contraire, et c’est une exception en Europe, enregistre une baisse de sa natalité.
 
Une différence entre les hommes et les femmes
En France, les femmes continuent de vivre plus longtemps que les hommes, même si leur espérance
de vie a légèrement baissée entre 2008 et 2007 : 84,33 ans en 2008, soit 0,06 an de moins qu’en 2007
(84,39 ans). Les femmes françaises ont désormais la longévité la plus élevée du monde, après les Japonaises. Celle des hommes progresse certes légèrement (0,14%) mais ils meurent beaucoup plus tôt que les femmes : 77,52 ans en moyenne en 2008. Cet avantage féminin est essentiellement dû à la surmortalité masculine : elle se manifeste à tout âge, mais surtout entre 20 et 25 ans (âges auxquels les hommes ont une probabilité de décéder trois plus forte que les femmes) et entre 50 et 70 ans.
 
À chaque âge ses causes de décès
Tous âges confondus, le cancer reste la première cause de mortalité en France (soit environ un tiers des décès), devant les maladies cardiovasculaires (environ un quart). Viennent ensuite les « autres maladies », souvent liées au grand âge et les « morts violentes » (accidents, suicides, etc) : 9,3 % pour les hommes et 7,0 % pour les femmes. En examinant les causes de mortalité par tranche d’âge, l’INED s’est aperçu qu’entre 25 et 45 ans, ce sont encore les morts violentes qui sont au premier rang pour les hommes (48 %). Chez les femmes, le poids des morts violentes est moindre (27 %), mais dès cette tranche d’âge, les cancers sont la première cause de décès (40%). La prééminence des cancers
s’affirme encore plus chez les femmes entre 45 et 65 ans (57 %). Chez les hommes du même âge, le
cancer est aussi la première cause de décès (48 %), mais les décès par maladies cardiovasculaires ne
sont pas négligeables (18 %). Entre 65 et 80 ans, les cancers sont encore largement dominants (45 %
chez les femmes, 46 % chez les hommes) devant les maladies cardiovasculaires (respectivement 24%
et 25%). Ces dernières deviennent finalement la première cause de décès des personnes de 80 ans et plus (41 % des décès féminins, et 37 % des décès masculins), et les autres maladies (essentiellement des maladies du grand âge) supplantent les cancers chez les femmes.
 
F.R
(*) http://ined.fr

 

28/10/2010 11:09